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Les zoos dans le monde

 

Les okapis et le Parc Zoologique de Paris

 

 


okapi au Zoo de Wuppertal (Allemagne) - septembre 2002

 

 

Biologie et données de terrain pour l'okapi (Okapia johnstoni).

Classification : L'okapi est un ruminant de la famille des giraffidés. Les giraffidés se sont différenciés des autres ruminants il y a 25 millions d'années.

Découverte : Du fait de son habitat inaccessible et de sa méfiance naturelle, l'okapi n'a été découvert que récemment, en 1901, par H. Johnston qui recherchait l'animal à l'allure de cheval dont parlaient les pygmées.

 

Distribution : Nord et Nord-Est de la République Démocratique du Congo (ex-Zaïre)

Habitat : forêts tropicales humides, forêts secondaires où les jeunes arbres procurent une nourriture variée et abondante, abords de cours d'eau, entre 500 et 1000 mètres d'altitude

 

 

 

Caractères distinctifs :
Comme la girafe, l'okapi a des pattes arrières plus courtes que les antérieures (d'où une croupe basse) et marche l'amble.
Sa couleur brune et les rayures blanches qu'il porte sur le haut des membres et sur l'arrière-train lui permettent de se camoufler dans les fourrés de la forêt dense.
Ses oreilles sont très mobiles et sa longue langue (qui dépasse 30 cm) est utilisée non seulement pour saisir feuilles et rameaux mais aussi pour nettoyer toutes les parties de son corps, même les plus inaccessibles.
Seul le mâle porte une paire de cornes osseuses recouvertes de peau.

 

Quelques chiffres :
   Poids : entre 200 et 300 kg
   Poids à la naissance : entre 14 et 30 kg
   Longueur : 2,10 m
   Hauteur au garrot : 1,70 m
   Hauteur au garrot à la naissance : entre 72 et 83 cm
   Longévité : 30 ans en captivité
   Gestation : 15 mois
   Portée : 1 petit
   Sevrage : entre 6 et 10 mois
   Longueur des cornes : 15 cm
   Longueur de la langue : jusqu'à 35 cm

 


okapi au Zoo de Bâle (Suisse) - mars 2002

 

Alimentation : Strictement herbivore, l'okapi se nourrit d'une centaine de végétaux différents (dont certains toxiques pour l'homme), principalement des feuilles, des branches tendres, des pousses, mais également des fougères, des champignons et des fruits. Ses besoins en sels minéraux sont apportés par les argiles qu'il trouve près des rivières.

Comportement : L'okapi  est un solitaire, plutôt sédentaire, qui utilise toujours les mêmes pistes de passage ; il marque son territoire par des dépôts d'urine et par la sécrétion de glandes situées entre les doigts.
Les couples ne se forment que brièvement, à l'époque de la reproduction. La femelle urine à différents endroits et pousse des cris et des grognements pour attirer un mâle. A cette époque, des affrontements peuvent avoir lieu entre mâles rivaux.
Après l'accouplement, la femelle va retrouver sa solitude et, quand la mise bas approche, elle s'isole dans la forêt dense. Le nouveau-né va suivre sa mère un ou deux jours le temps de trouver les fourrés idéaux pour rester camouflé, à l'abri des panthères. Pendant deux mois, il passera les trois quarts de son temps dans ce "nid" et restera en contact avec sa mère par des cris et des appels.
Les données in situ sur cet animal sont cependant peu nombreuses. Dans la forêt pluviale tropicale, contrairement à la savane, il est impossible d'observer continuellement les animaux. Le caractère fermé de sa région d'origine rend toute observation très difficile d'autant que cet animal est timide et solitaire.

Statut et protection : Protégé dans l'ex-Congo belge depuis 1933, l'okapi souffre néanmoins de la déforestation et du braconnage.
Créé en 1952, Epulu est un centre d'élevage consacré à l'okapi. Il se situe dans la "Réserve de Faune à Okapis" d'une superficie de 13 000 km2, créée en 1992 et dans laquelle sont protégés entre 4 000 et 6 000 okapis.
Il reste entre 5 000 et 10 000 individus dans le Parc National de Maiko et dans les secteurs de Wamba et d'Epulu dans la forêt d'Ituri.
Un plan international d'élevage gère les quelques 150 okapis captifs et permet d'échanger des individus sans avoir à en prélever dans la nature.
Entre 1957 et 1995, trente-six naissances d'okapis ont eu lieu au Parc Zoologique de Paris (France).

 

 


okapi au Zoo de Bâle (Suisse) - juillet 2001

 

Historique de la découverte, de l'acclimatation et de la reproduction de l'okapi (Okapia johnstoni).

L'okapi est l'un des derniers grands mammifères découverts en Afrique.

Vers 1890, le journaliste et explorateur Stanley s'aventura dans les forêts vierges inexplorées du Congo et y rencontra pour la première fois des pygmées. Ces derniers lui décrivirent un animal mystérieux qu'ils appellaient atti.

Dans son ouvrage In darkest Africa (1890), Stanley écrivit alors "Les Wambuttis connaissent un âne qu'ils appellent atti. Ils prétendent en prendre quelquefois au piège dans des trous camouflés. Et ce que ces attis mangent est quelque chose d’extraordinaire : ils broutent des feuilles".

Poussé par la curiosité, Sir Harry Johnston, futur gouverneur de l'Ouganda, s'entretint avec Stanley sur ce fameux atti des Wambuttis (Pygmées Bambutis de l'Ituri) et se fit confirmer l'existence de cet animal mystérieux.

 

Fort des informations transmises par Stanley, Sir Harry Johnston décida de partir en 1899 à la recherche de ce mammifère inconnu. Les pygmées et l'archidiacre de la mission Boga, premier européen à avoir vu l'animal, lui confirmèrent le récit de Stanley. Cet animal que les Wambuttis appellaient O'api (que Stanley avait transcrit par atti) lui fit tout d'abord penser qu'il s'agissait d'une sorte de zèbre avec le corps uniformément brun foncé.

Sir Harry Johnston chercha tout d'abord à se procurer un individu complet mais ne réussit qu'à obtenir deux lambeaux de peaux que des pygmées portaient en ceinture ou bandoulière. Il envoya ces morceaux à la Société Zoologique Royale de Londres.

 


jeune okapi au Zoo de Francfort (Allemagne) - mars 2002

 

Après avoir scrupuleusement étudié les peaux, les zoologistes se rendirent compte qu'elles ne pouvaient appartenir à aucune des espèces de zèbres connues. C'est ainsi que le Docteur P. L. Sclater, secrétaire de la Société Zoologique de Londres, révéla l'existence d'une nouvelle espèce Equus Johnstoni dans un rapport du 5 février 1901.

En juin 1901, la société zoologique reçut enfin une peau complète ainsi que deux crânes. Les os du crâne montraient que ce nouvel animal appartenait à la famille de la girafe. Les zoologistes créèrent alors un genre à part pour l'okapi et Equus johnstoni devint Okapia johnstoni. Cette incroyable découverte fut relatée, à l'aube de ce nouveau siècle, par la presse du monde entier.

Après de nombreuses tentatives infructueuses, le premier okapi destiné au Zoo d'Anvers (Belgique) fut capturé en décembre 1918. Il ne survécut malheureusement pas plus de cinquante jours.
Jusqu'en 1940, toutes les tentatives d'acclimatation des okapis se soldèrent par des échecs, hormis Tele, qui arriva à Anvers en 1928 et y vécut 15 ans.
Dès 1933, les okapis furent strictement protégés par la loi. L'administration belge ne les cèda alors plus qu'à des zoos d'une certaine renommée. En 1948, la Société Zoologique d’Anvers organisa la capture d'okapis destinés aux zoos et créa un centre d'élevage à Epulu.
A cette étape d'acclimatation en zoo succèda une nouvelle étape : la reproduction . Dans ce domaine, le Parc Zoologique de Paris démontra rapidement ses compétences zootechniques.
Si la première naissance d'okapi eut lieu à Anvers en septembre 1954, le petit ne vécut qu'une journée. D'autres naissances eurent lieu, dans différents parcs zoologiques, mais les petits ne survécurent jamais très longtemps.
Enfin, le 6 juin 1957, Ebola (du nom de la rivière qui traverse la forêt d'Ituri) vit le jour au Parc Zoologique de Paris où elle vécut jusqu’en 1979. Cette première naissance viable représenta alors un grand succès pour le Muséum National d'Histoire Naturelle et la communauté scientifique internationale.
Au début de l'année 1969, la population captive, riche de 29 naissances, s'élèvait à 51 individus.

Les deux premiers okapis reçus par le Parc Zoologique de Paris lui furent offerts par le Gouvernement de Belgique. Dolo, le mâle, arriva le 2 juin 1948 et la femelle, Irumu le rejoignit le 11 Août 1955. Ces derniers vécurent à Vincennes respectivement 33 et 13 ans et donnèrentt naissance, en 1957, à la petite femelle Ebola.
Il y eut 36 naissances d'okapis entre 1957 et 1995 au Parc Zoologique de Paris. Dans les années 1980, on pouvait admirer entre 5 et 6 okapis sur les plateaux du zoo. La dernière femelle qui vécut au Parc Zoologique de Paris, Astrida, est décédée le 27 novembre 1996.
Cela fait donc 7 ans que le Parc Zoologique de Paris ainsi que Günther, mâle okapi arrivé du Zoo de Francfort (Allemagne) le 27 juin 1995, attendent avec impatience l'arrivée de Lodja. On peut espérer que ce nouveau couple, unique en France, suivra les traces des mythiques fondateurs et engendreront une belle descendance.

 

Cette page a été réalisée en collaboration avec le Parc Zoologique de Paris.

 

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