Bretagne : le dernier refuge des loups se visite désormais

Bretagne : le dernier refuge des loups se visite désormais

Messagepar Philippe » Vendredi 21 Juin 2019 18:32

Depuis plus de dix ans, le site de Coat-Fur (Côtes-d’Armor), seul refuge associatif entièrement dédié au loup, accueille des animaux rescapés de trafics ou du monde du spectacle. Il se visite désormais.

Dans le petit bois du site de Coat-Fur, à Lescouët-Gouarec (Côtes-d'Armor), on apprend à observer et à respecter le silence. C'est ici, au cœur de ce refuge unique en France, havre de paix de 36 ha ancré dans un secteur particulièrement isolé du centre de la Bretagne, que résident actuellement 16 loups, âgés de 4 à 14 ans.
Loups européens, arctiques, canadiens, hybrides… Ces animaux sauvages, aux comportements très complexes, sont ici préservés, soignés, et laissés libres de leurs mouvements — bien que, pour des raisons de sécurité, ils soient contenus dans neuf vastes zones clôturées.

« Ce sont souvent des individus très marqués par leur vie passée », souffle Willy, le créateur et gérant du refuge. Accroupi à l'entrée d'un enclos, il vient de déposer un poulet pour Blizzard, un loup arctique qui fait les cent pas, au fond du terrain, derrière un massif de fougères. « Lui, par exemple, est stressé. Notre présence le gêne vraiment. On ne pourra pas facilement l'observer… C'est comme ça, ici, il faut savoir écouter, regarder et prendre son temps. »

Le projet de Coat-Fur est né à l'aube des années 2000, après l'annonce de l'abattage d'une meute de loups élevés dans le cadre du monde du spectacle, dans les Côtes-d'Armor. « Nous avons, avec d'autres militants, empêché cela. Puis, on s'est interrogés sur la condition du loup en France aujourd'hui. » Notamment sur les cas qui peuplent désormais le bois de Coat-Fur. Des bêtes saisies par la justice, issues de trafics (« tristement lucratifs »), ou qui ont été élevées en captivité pour les spectacles (cirque, ­cinéma, etc.).

Dormir en yourte près des loups

Willy et sa compagne, Géraldine, désormais seule salariée à plein temps de l'association, ont reçu, en 2005, le soutien de la Fondation Brigitte Bardot (qui est encore aujourd'hui leur principal soutien financier) pour mener à bien ce beau projet. Ils ont ainsi acquis 36 ha, et en consacrent deux uniquement à Canis lupus. « C'est en 2006 qu'on a commencé à ­recevoir les premiers loups », poursuit Willy, en déposant des carcasses de lapins sur le sol.

Depuis deux ans, le refuge, pour assurer sa pérennité, ouvre officiellement ses portes au public. « On reçoit entre 3.500 et 4.000 personnes par an. Souvent des scolaires… On leur apprend l'observation, le respect de l'animal — car, ici, nous sommes sur du sauvetage, ce n'est pas un zoo. »

L'objectif : démystifier cet animal méconnu, souvent incompris. Le petit plus que Willy et Géraldine ont mis en place : des nuitées en yourte, entre les terrains des loups et ceux des cervidés. « Pour info, ils peuvent très bien ne pas du tout hurler certains soirs, ou carrément attendre que les dernières voitures soient reparties pour le faire ! Ils ont leur caractère », glisse Willy avec un sourire. Un petit nouveau devrait rejoindre la meute de Coat-Fur d'ici la fin du mois…

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Source : Le Parisien.
Philippe
 
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