Créations

Observations, interrogations, raretés... De multiples échanges peuvent y être abordés !

Re: Créations

Messagepar Therabu » Samedi 30 Novembre 2019 11:22

Groenland

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Notre odyssée nordique s’achève à proximité du pôle Nord, sur les rivages du Groenland. Les structures des anciennes volières des singes ont été conservées mais sont désormais dédiées aux oiseaux. Les volières qui abritaient capucins et singes hurleurs, puis plus récemment genettes et civettes palmistes, sont désormais le lieu de vie de grands-ducs subarctiques et de faucons gerfaut, deux rapaces nordiques au plumage clair. L’ancienne installation du groupe de macaques à queue de cochon est quant à elle devenue une volière pénétrante. Le sentier des visiteurs traverse une reconstitution de toundra arctique, peuplée de colonies de limicoles nicheurs, notamment des combattants variés (Philomachus pugnax), pluviers grand gravelot (Charadrius hiaticula), de sternes arctiques (Sterna paradisea) et des bernaches de Hutchins (Branta hutchinsii). Après la taïga, nous nous rapprochons de la côte avec le dôme des goélands qui a été conservé. La falaise qui orne son centre accueille désormais le groupe de fous de Bassan (Morus bassanus), une espèce impressionnante en cohabitation avec de rares tournepierres à collier (Arenaria interpres), des huîtriers-pie (Haematopus ostragelus) et des eiders à lunettes (Somateria spectabilis).
La véritable nouveauté de cette zone concerne l’installation des grands animaux arctiques sur les fondations du secteur des animaux domestiques. Cette zone dégagée était en effet une suite d’enclos terreux ou herbeux pour diverses espèces domestiques, parfois rares. Le visiteur continue d’occuper l’espace centrale mais ne peut plus atteindre la fauverie (Alfred Brehm Haus) car l’emprise des enclos s’est étendue sur l’allée.
A proximité du dôme, une installation naturelle accueille des phoques veaux-marins. Les pinnipèdes bénéficient d’une plage en sable et de rochers naturels. Les visiteurs peuvent les observer d’abord depuis la terre ferme avant que le sentier de visite ne s’enfonce sous terre. Le visiteur évolue désormais dans un tunnel vitré situé sous le bassin des phoques qui, naturellement curieux, interagissent avec les gens. L’accueil des phoques vient combler l’absence de pinnipèdes dans la collection du Tierpark. Le tunnel se poursuit quelques mètres sous terre et débouche après un coude sur une salle d’aqua-vision. Elle permet d’observer la baignade d’un ours polaire qui occupe cet enclos recréant une côte rocheuse. Seule une petite partie du bassin est ainsi visible et le visiteur remonte rapidement à la surface pour bénéficier d’un point de vue impressionnant derrière de hautes vitres. De grands murs de faux-rochers séparent les différents points de vision. Cette même structure de faux-rocher camoufle la façade du bâtiment des ours sur deux de ses quatre cotés. A vrai dire, il est difficile de se rendre compte qu’il s’agit vraiment de la maison des ours car un enclos de repli, construit à l’arrière du complexe, couvre son sommet. La plupart de cet espace n’est pas visible car situé derrière le bâtiment des ours, mais il est possible, lorsque l’ours rôde au sommet de son territoire de voir émerger l’animal en surplomb des deux autres enclos, créant une vision magistrale du roi de l’Arctique. Cet enclos d’isolement, situé à proximité des coulisses, du bâtiment, et isolé du bruit est parfait pour servir de maternité et favoriser la reproduction compliquée des ours blancs.
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Le troisième et dernier enclos de ce complexe permet de présenter un autre ours blanc dans un enclos cette fois très naturel, visant à évoquer une toundra, simplement séparé par de vastes fossés secs. Les ursidés évoluent peuvent évoluer ici sur une prairie fleurie entrecoupée de substrats sableux et terreux, ainsi que d’un grand bassin naturel. Ce complexe de trois enclos permet au Tierpark d’héberger au moins un couple d’ours polaire et d’isoler les animaux en cas de reproduction, sans devoir anesthésier et déplacer les animaux comme cela est actuellement fait entre le zoo et le Tierpark.
Le retour du cul-de sac est surélevé par rapport au sentier emprunté à la sortie du tunnel sous-marin. De la sorte, on peut avoir une vue d’ensemble du complexe arctique, avec à gauche et à droite, les grands enclos des ours blancs. Éventuellement, un petit enclos pour renards polaires pourrait être planifié à proximité de ces géants afin d’illustrer le comportement rusé des canidés qui suivent les ours en hiver pour se nourrir des restes de leurs repas. Dans la continuité de l’enclos des ours polaires, se trouve le plateau des bœufs musqués, conçu afin de donner une impression de cohabitation avec les carnivores en arrière-plan grâce aux jeux du relief. Les impressionnants ovins évoluent dans un bel enclos au sol rocailleux et exposé aux vents. Le petit bassin les séparant du public est plus ou moins monopolisé par une colonie d’oies naines à front blanc, un anatidé menacé nichant dans l’Arctique. L’étable, est dissimulée en arrière-plan derrière une barre rocheuse naturelle.
Nous repassons alors devant les volières des hiboux mais prenons sur la droite pour sortir du monde nordique. En nous dirigeant vers la zone des animaux domestiques, nous passons devant le vieil enclos des zébus du Caucase. Il est laissé quasiment intact mais présente désormais des rennes, de préférence une sous espèce sauvage menacée. Le renne constitue un parfait trait d’union entre le Groenland et la ferme qui occupe désormais toute la zone des enfants.

Zone domestique

Je n’ai pas planché sur les espèces domestiques prévues dans ce qui doit constituer la principale zone consacrée aux enfants. Le Tierpark a une forte tradition avec les espèces domestiques et paraît intéressant d’orienter les choix vers des races anciennes et locales.

Cambodge


La zone « verte » sur le plan correspond plus ou moins au Dschungelwelt (monde de la jungle) imaginé pour la réfection de l’Alfred Brehm Haus (ABH). Néanmoins son emprise est étendue dans ce projet afin d’offrir de larges territoires extérieurs et sa thématique centrée sur une zone très riche en espèces mais peu évoquée en parcs zoologiques.
Après avoir donc flâné dans la ferme traditionnelle puis contourner l’aire de spectacle de fauconnerie, le visiteur pénètre dans une zone forestière. Sur la droite, un vaste territoire forestier a simplement été entouré de grillages à larges mailles sur trois côtés. Le dernier coté, qui fait office de séparation avec le chemin de visite puis l’ABH est un fossé rempli d’eau doublé d’un parapet à mi-hauteur. Le vaste enclos est le théâtre d’une cohabitation entre deux larges groupes d’ongulés reproducteurs et menacés dans leur milieu naturel : les gaurs et les cerfs d’Eld. Les ongulés bénéficient d’une étable partagée avec les bœufs musqués et d’un grand pré-parc afin de gérer les individus. Les gaurs sont une tradition d’élevage du zoo qui présente un grand troupeau sur une faible superficie. Selon que l’élevage de l’espèce continue en Europe ou non, cet espace pourrait aussi servir à accueillir des bantengs, dont la sous espèce continentale survit difficilement dans les forêts sèches et clairières du centre du Cambodge.
De l’autre coté du chemin, deux enclos en longueur sont visibles par intermittence, à travers des observatoires vitrés. Ces enclos fortement plantés de bambous et en autres végétaux font partie du complexe des tigres de Malaisie. Trois enclos extérieurs sont en fait prévus en tout, dont l’un non visible du public et un enclos intérieur. L’un d’entre eux est loti entre les deux ailes de l’ABH, à l’emplacement des deux vieilles fosses à tigres et lions. Ces enclos peuvent être interconnectés entre eux et facilitent les difficiles mises en contact entre individus afin de maximiser les possibilités d’accouplement et d’élevage des jeunes. Entre les tigres et l’enclos asiatique inspiré de Rimba à Arnhem, il est envisageable d’installer un espace de restauration à thématique thaïe/vietnamienne.
Le sentier se poursuit en arc-de-cercle pour longer l’ABH sur sa face sud et ses cages extérieures rénovées. Elles ont été fusionnées et ne sont plus qu’au nombre de trois. La première est dédiée au couple de gibbons à bonnet, une espèce endémique de la zone et élevée au zoo de Berlin depuis de nombreuses années. Les hylobatidés ont donc une cage extérieure connectée à leur loge chauffée au sein de l’ABH qui permet aux singes de sortir en hiver. Néanmoins la hauteur des installations n’est pas suffisante pour faire justice aux talents d’acrobates de ces animaux. Ainsi, un passage grillagé au-dessus des visiteurs conduit les gibbons sur une île avec de grands arbres, délimitée par le canal du territoire des gaurs, donnant l’illusion d’une cohabitation pacifique entre primates et ongulés au sol.
Les deux cages extérieures qui viennent sont semblables à celle des gibbons, c'est-à-dire hautes de plafond et aménagées de nombreuses branches, troncs morts et de végétation. Elles sont connectées à une nouvelle volière créée ex-nihilo, à proximité du territoire des cerfs. Les panthères longibandes sont élevées dans cette installation tournante. Encore une fois, l’adaptabilité et la variabilité des espaces est privilégiée. Avec trois installations il est possible d’intervenir au cours de la journée pour ajouter des éléments d’enrichissements qui s’ajoutent à l’observation des herbivores. Les visiteurs auront eux le loisir de voir passer les félins agiles au-dessus de leur tête. Enfin, il est prévu que les gibbons explorent ponctuellement les lieux afin de varier l’environnement des deux espèces.
Le visiteur atteint désormais une petite place donnant sur l’arrière de l’enclos des ours polaires, non visibles, et sur l’entrée de l’ABH. Accolées aux hauts murs de l’enclos des ours, de hautes volières complétées d’abris chauffés hébergent deux couples de calaos festonnés, l’un en cohabitation avec des argus géants et l’autre avec des éperonniers de Germain et des petites phodiles calong. Dans la volière du milieu, ce sont des chouettes leptogrammes.
L’ABH a donc été reconvertie en grande maison tropicale, conformément au masterplan initial. Les idées centrales restent les mêmes, à savoir que la plupart des loges des félins deviennent cachées du public, hormis quelques loges « de présentation » aménagées pour les plus petites espèces. Les diverses vitrines dont la structure est protégée sont aménagées et accueillent de nombreuses espèces de reptiles et amphibiens typiques du sud-est asiatique. Les habitants de la ferme des serpents, tel que crotales des bambous, cobra royal ou serpents ratiers peuvent ainsi être relogés tout comme des lézards et amphibiens. Dans le bassin se situant au milieu de la maison, de nombreuses tortues d’eau douce, fortement menacées dans cette région, sont élevées en compagnie de crocodiles du Siam, une espèce classée en danger critique d’extinction à l’état naturel :
- Orlitia borneensis
- Cuora amboinensis
- Cyclemys tcheponensis
- Heosemys grandis
- Mauremys annamensis
- Siebenrockiella crassicollis
Le grand espace central n’est guère modifié même si un seul des grands terrariums est retenu (pour les crocodiles qui remplacent les faux-gavials, et les varans de Komodo sont abandonnés). Cet espace qui ressemble à une serre tropicale à l’intérieur même de la fauverie abrite en liberté au milieu de visiteurs des renards-volants (Pteropus lylei) ainsi que quelques espèces d’oiseaux qui se répartissent les différentes strates de végétation :
- Canard à ailes blanches
- Faisan prélat
- Shama à croupion blanc
- Arrenga siffleur
- Garrulax à huppe blanche
- Garrulax à collier
- Etourneau des pagodes
- Irène vierge
A l’extrémité des ailes du bâtiment, les espaces intérieurs monumentaux des grands félins ont été conservés dans leur structure. Au lieu d’un bassin, des vitres ont été installées permettant de doubler l’espace des enclos intérieurs et de protéger du bruit des visiteurs. Evidemment, un sol plus naturel et des structures ont été apportés. Sur la gauche, il s’agit donc d’un enclos de présentation des tigres de Malaisie tandis que sur la droite, l’espace est dévolu à des ours malais. Entre les deux ailes, de vastes baies vitrées donnent sur l’une des volières du complexe des tigres. Selon les besoins, cet espace couvert peut aussi être dévolu aux ursidés. J’aborderais plus tard leur présentation extérieure.
Toujours le long du flanc de l’immense ABH, un couloir plonge sur quelques mètres les visiteurs dans l’obscurité. Plusieurs vastes terrariums sont aménagés pour des loris pygmées tandis qu’un spécimen impressionnant de python complète cette brève expérience nocturne.
Le dernier flanc de l’ABH est identique à celui situé du côté des nébuleuses et gibbons. Le projet d’accueillir dans cette serre des espèces océaniennes de marsupiaux comme les couscous des Célèbes ou les dendrolagues de Goodfellow est abandonnée. Ces espaces sont délaissés pour donner plus d’espace à l’élevage des chats dorés de Temminck et des binturong.
L’ancien bâtiment des petits carnivores qui donnait sur une série de trois petites cages n’a pas été démoli. Par contre, de plus grandes volières sont venues le compléter sur l’autre face. Ce bâtiment connecté à divers espaces extérieurs a été pensé pour abriter d’une part une colonie de macaques-ours (l’espèce semble être toutefois abandonnée et pourrait être remplacée par des macaques à queue de cochon) mais surtout afin de détenir divers individus de civettes d’Owston, une espèce endémique de la région des monts annamitiques et qui semble payer un lourd tribut à la crise des pièges métalliques.
La fin de la zone cambodgienne est marquée par le double enclos pour ours malais. Autrefois hébergé dans une vraie prison près de l’entrée secondaire, les ours occupent désormais deux enclos connectés par des tunnels en hauteur qui peuvent être fermés selon la période (notamment pour distribuer de la nourriture durant la journée). L’aspect de ces enclos n’est pas différent de celui que les premières photos laissent apercevoir mais son emprise est deux fois plus grande en recouvrant les fosses des manchots. Il est également envisagé de faire cohabiter les ursidés avec la petite troupe de macaques. Au final, jusqu’à 4 espaces séparés peuvent être proposés aux ours en incluant l’enclos situé entre les « bras » de l’ABH et l’espace de présentation intérieur.
Therabu
 
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Re: Créations

Messagepar Therabu » Samedi 30 Novembre 2019 12:46

Le lien vers le masterplan présenté quelques années plus tôt par le nouveau directeur Knierem et que j'avais oublié de partager :

https://www.fichier-pdf.fr/2019/11/30/pdf/
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Re: Créations

Messagepar animozoo » Samedi 30 Novembre 2019 18:52

Le truc qui est énervant avec toi, Therabu, c'est que tes créations sont tellement complètes et réalistes qu'on a réellement envie que le zoo existe...
Bref, ta nouvelle création est géniale (comme d'habitude), continue comme ça, tu fais un super boulot. :wink:
animozoo
 
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Re: Créations

Messagepar Therabu » Lundi 02 Décembre 2019 16:47

Tsavo

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La zone Tsavo, du nom d’un des plus grands parcs nationaux d’Afrique de l’Est, commence dans le coude du sentier principal de visite. A ce niveau, une grande volière a été dressée pour un couple de bucorves du Sud, menacés mais difficile à faire cohabiter. Du même côté du chemin, un enclos simple, entouré de fossés et agrémenté de tertres accueille un guépard. De l’espace est disponible en arrière-plan pour reproduire l’espèce en construisant divers enclos mais je n’ai envisagé qu’un seul enclos de présentation. L’effet d’optique joue là encore à plein afin de laisser penser qu’aucune séparation n’existe entre les félins aux aguets et la grande plaine des éléphants et antilopes.
L’autre côté du sentier est occupé par la grande volière magistrale des rapaces. La seule modification apportée est l’intégration d’un sentier pénétrant au sein de cette volière. Afin de conserver l’intimité nécessaire au bien-être des rapaces et à leur reproduction, le chemin reste sur les bords de l’installation qui abrite une colonie de vautours de Rüppell, à tête blanche et à capuchon (tous fortement menacés), des bateleurs des savanes et des serpentaires au sol. Je ne me rends pas compte si intégrer des grands-duc du Cap, dont les périodes d’activités sont naturellement différentes, est envisageable.
Toujours accolée à l’immense falaise de faux-rochers de l’ABH, l’ancienne volière sombre des panthères des neiges a été réaménagée et en partie ensablée pour accueillir le couple de ratels du parc. Les épais grillages devraient permettre d’éviter les évasions de ces malins mustélidés. En face d’eux, se trouve l’enclos le plus vaste du parc, naturellement dédié au plus gros de ses pensionnaires. Un groupe matriarcal d’éléphants d’Afrique évolue sur une immense plaine délimitée par des fossés en pente douce doublés d’un parapet imitant le faux rocher. Les éléphants évoluent ici comme dans d’autres parcs d’Europe du Nord, au milieu d’autres ongulés, comme les zèbres de Grévy, les impalas ou une nouvelle espèce d’antilope pour le parc : l’oryx beisa, récemment reclassée « en danger » par l’UICN. Le groupe reproducteur peut évoluer sur une superficie d’environ 2,7 hectares (auparavant les enclos des 3 espèces de zèbres) auquel s’ajoute un enclos secondaire d’environ 2000 mètres carrés (l’actuel plateau des éléphants asiatiques).
L’ancienne installation des éléphants africains a été légèrement étendue sur une zone de coulisses. Ce troisième plateau, d’une superficie d’environ 4500 mètres carrés est prévu pour constituer l’enclos d’isolement des mâles. Comme dans d’autres zoos, des phacochères évoluent au milieu des géants et permettent de stimuler les mâles isolés. Il est en effet prévu d’accueillir deux groupes de mâles, soit deux individus mâtures mais d’âge différents, soit un seul reproducteur et deux ou trois jeunes mâles immatures qui pourrait apprendre auprès de leur aîné comment se comporter. Avec l’enclos intérieur prévu et les pré-parcs devançant l’installation des femelles, il est toujours possible de séparer des individus et leur laisser un accès à l’extérieur. De grandes portes métalliques permettent aux soigneurs de laisser passer les pachydermes d’un enclos à l’autre lorsque aucune séparation n’est nécessaire ou que l’on souhaite les mettre en contact.
Les herbivores de la plaine ont accès à un territoire réservé, l’ancien enclos des ânes de Somalie, qui sert de zone de tranquillité et où se trouve leurs étables.
Nous continuons de contourner la maison des pachydermes rénovée. L’extérieur a été recouvert de revêtements modernes en bois et en faux-rocher tandis que le sommet a été couvert d’un vaste toit de verre au-dessus de l’enclos intérieur des éléphants. Mais nous verrons l’intérieur du gigantesque bâtiment plus tard. Les plateaux des rhinocéros indiens et une partie de l’enclos des éléphants africains de l’époque ont été remaniés pour constituer trois enclos d’élevage des rhinocéros noirs orientaux, dont le zoo de Berlin a produit beaucoup de jeunes. Ces trois enclos sont semblables, séparés par des fossés secs et des enrochements ; à la fois naturels et artificiels. Ces barrières naturelles séparent les imposants mammifères mais permettent aux phacochères et reduncas de montagne d’évoluer sur toute la zone. Ils bénéficient également de quelques zones de repli, en cas de tensions. Une dernière espèce intégrée à cette communauté animale est la mangouste rayée. Une impressionnante bande bénéficie d’un grand enclos au substrat naturel intégré à la bordure extérieure de l’installation des rhinocéros.
L’autre côté de l’allée constituait il y a encore peu de temps le seul endroit au monde où l’on pouvait observer les quatre hyénidés dans un si petit périmètre. Une partie des petites installations a été détruite pour agrandir ce qui était l’enclos des loups. Le vaste espace de 3000 mètres carré partiellement situé en sous-bois permet de présenter dans de bonnes conditions une meute de lycaons. Les otocyons récupèrent l’installation des hyènes rayées d’Arabie qui profitent-elles du départ des hyènes tachetés. Au départ des dhôles, un second enclos, non ouvert au public pourra leur être proposé.
Nous arrivons désormais devant l’entrée de l’impressionnante maison des pachydermes (plus de 6000 mètres carré), enserrée par deux volières accolées à un fond de faux rocher. Elles accueillent des proies, les damans des steppes vivants en cohabitation avec des dik-diks de Kirk et leur prédateur, un couple de rares aigles martiaux. En pénétrant dans le bâtiment, on perçoit immédiatement les efforts d’immersion du « nouveau Tierpark ». L’ambiance est fortement semblable à celle recréée dans la salle africaine de la maison des oiseaux du zoo de Berlin. Immédiatement sur notre droite, damans et dik-dik sont également visibles dans leur espace intérieur. Un couple de calaos de Decken évolue avec eux.

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La première partie du bâtiment est séparée d’un discret filet permettant de séparer les espèces d’oiseaux vivants en liberté au sein de cet espace qui sont les suivantes : francolin à cou jaune (Francolinus leucoscepus), caille arlequin (Coturnix delegorguei), spréo royal (Lamprotornis regius), coliou huppé (Urocolius macrorous), cichladuse tachetée (Cichladusa guttata), traquet du Cap (Oenanthe pileata), rufipenne morio (Onychognathus morio), alecto à tête blanche (Dinemellia dinemelli), républicain d’Arnaud (Pseudonigrita arnaudi), sporopipe quadrillé (Sporopipes frontalis), veuve de paradis (Vidua paradisaea), amadine fasciée (Amadina fasciata), astrild ondulé (Estrilda astrild), capucin bec d’argent (Euodice cantans), astrild-caille à lunettes (Ortygospiza atricollis), cordon-bleu cyanocéphale (Uraeginthus cyanocephalus).
Après avoir plus ou moins prêter attention à la gente ailée de la savane, les visiteurs traversent un sas de sécurité pour pénétrer dans l’espace principal, éclairé naturellement par l’immense toit vitré, changeant complétement l’ambiance sombre de ce bâtiment hérité de l’ère soviétique. Là où d’immenses rangées de loges séparées de fossés s’alignaient sur les côtés du bâtiment, de nouvelles loges, cette fois cachées du public sont laissées à disposition des rhinocéros (sur un coté de l’installation) et au groupe d’éléphants. Mais la véritable différence est que l’immense espace central dédié aux visiteurs est désormais libéré pour constituer un vaste enclos intérieur d’environ 1500 mètre carré. Cet enclos a l’avantage de pouvoir donner un espace raisonnable au groupe d’éléphants pendant la nuit où l’on sait que ces animaux restent actifs et durant le rude hiver berlinois même si les animaux sont habitués et vont régulièrement passer quelques heures se dégourdir dehors. Doté d’un large bassin et d’une cascade, cet enclos peut aussi être mis à disposition des mâles durant la journée.
Une seule loge des rhinocéros est visible du public, le reste des loges pouvant accueillir quatre spécimens adultes se situe en coulisses. Il semblerait que le projet de cette maison africaine ait évolué pour n’inclure que les éléphants et leur dédier encore plus d’espace. Je ne présente pas de solutions alternatives mais il pourrait en effet être intéressant d’édifier un bâtiment d’élevage pour les rhinocéros ailleurs et de dédier l’ensemble de l’espace intérieur et des plateaux extérieurs au management des éléphants.
En reprenant donc notre visite, nous voyons d’abord la loge visible pour rhinocéros noir avec bauge à disposition (comme à Magdebourg). Après quoi le sentier s’enroule autour d’un gros faux rocher imitant un kopje. Un tunnel plongé dans la pénombre le traverse et permet d’une part d’observer sur notre gauche des loirs africians (Graphiurus kelleni), des hérissons à ventre blanc (Atelerix albiventris). De l’autre coté, une vaste pièce au sol ensablé et agrémenté d’arbres morts accueille le couple d’oryctéropes du Cap vivant auparavant dans un espace plus étriqué du nocturama du zoo. Les galagos du Sénégal et rats sauteurs du cap qui vivent avec eux font également le voyage. Des macroscélides roux étaient envisagés également dans cette maison afin de présenter la diversité des afrothériens (rats à trompe, éléphants, damans et oryctéropes partagent des ancêtres communs) mais la population s’est malheureusement effondrée. Enfin, le tunnel ressort au niveau du bassin des éléphants et de la cascade.
Quelques vivariums sont intégrés dans les faux rochers pour présenter des criquets, des Agama lionotus, des agames à queue de castor (Xenagama batillifera), des geckos de Turner (Chondrodactylus turneri) ou des tortues pancake de Tornier (Malacochersus tornieri). Le dernier enclos de l’espace central est recouvert d’un mince filet afin d’éviter les prédations d’oiseaux. Ce sont en effet de redoutables mangoustes naines qui animent ce petit enclos en compagnie de tortues-léopard.
Le grand volume de la maison des pachydermes est occupé par d’autres colonies d’oiseaux évoluant en liberté. Les espèces prévues sont là encore toutes présentes en Afrique de l’Est : pintades vulturines, oedicnème du Cap, touraco à ventre blanc, rollier varié, guépier écarlate, barbican d’Arnaud, choucador à oreillons bleus et une colonie de tisserins de Taveta.
Pour regagner la sortie, les visiteurs retraversent de nouveau l’espace occupé par les nombreux passereaux et peuvent découvrir le long du mur deux espèces intéressantes. La première installation, peu éclairée permet de présenter l’étonnante colonie de rats taupe-nus dans une imitation de leurs réseaux de tunnels tandis qu’à proximité, ce sont les curieux serpents mangeurs d’œufs (Dasypeltis scabra) qui sont présentés à proximité de nids collectifs fabriqués par les tisserins et républicains.
Nous ressortons alors du bâtiment et nous dirigeons vers un cul de sac. Tout au bout, se situe le grand restaurant africain construit sur pilotis. Il permet de prendre un repas sur la terrasse en regardant évoluer tout autour de soi antilopes, zèbres, girafes, autruches et éléphants. L’enclos des girafes n’a pratiquement pas été modifié mais les séparations ont dues être revues pour éviter les évasions des antilopes. Cette vaste plaine qui accueille désormais des girafes réticulées est aussi le lieu de vie d’impalas et deux espèces d’antilopes discrètes privilégiant les bosquets où elles trouvent leur nourriture. Un groupe de petits koudous est accueilli pour faire grossir la population européenne de cette espèce en déclin tandis que les derniers représentants de gerenuks importés des USA occupent l’installation. Peut-être qu’une installation dédiée serait nécessaire pour cette espèce délicate mais en l’état, je pense qu’il est tout simplement plus simple de délaisser cette espèce en Europe. Il est également tentant de vouloir connecter l’ensemble de l’espace pour les espèces d’antilopes mais pour les espèces les plus fragiles, je pense qu’il est déconseillé de les présenter aux cotés d’oryxs et zèbres de Grévy, et encore moins d’éléphants.
Après sa collation, le visiteur est invité à revenir sur ses pas pour continuer sa visite et découvrir de nouvelles zones. Il est peut-être envisageable de développer à ce niveau une « expérience » de safari privatif à bord de jeep électriques qui parcourraient les enclos africains et qui pourraient même inclure la découverte d’autres enclos d’élevage non visibles du public et situés derrière la savane africaine sur des terrains encore non exploités. Je n’ai pas poussé la description mais on pourrait imaginer de vastes enclos abritant des troupeaux d’ânes de Somalie et de gazelles dorcas, des enclos de séparation pour les mâles en surplus ou agressifs et le potentiel centre de reproduction des guépards évoqué plus tôt.

Ankarafantsika


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La rénovation de cette zone est assez facile à mettre en œuvre et peut être entreprise en plusieurs temps. Elle repose au centre du zoo, dans une zone densément végétalisée et servant de transition entre différentes grosses attractions du Tierpark. Actuellement, un petit bâtiment donnant d’un coté sur une petite île végétalisée et sur un territoire grillagé pénétrant, sert de territoire aux lémuriens. Sur l’île vit une famille de lémurs à ventre roux et des makis varis évoluent sur le territoire. Considérant que ces installations sont satisfaisantes, elles n’évoluent pas mais accueillent désormais deux familles de lémurs mongoz. Elles complètent un des rares pavillons à être érigé. Prenant la forme d’un arc de cercle, ce pavillon est pensé pour offrir de vastes volumes intérieurs et extérieurs pour l’élevage de mammifères malgaches, dont les propithèques de Coquerel qui sont attendus au Tierpark Berlin en provenance des zoos américains. Plusieurs grandes volières, la plupart, non visibles du public, accueillent divers fossas tandis qu’une de ces volières accueille un couple de galidies élégantes. Mais le clou de la zone se situe à l’intérieur du bâtiment avec la loge en cycle inversé de l’étrange aye-aye. Le zoo de Berlin parvient toujours à obtenir quelques naissances de ce primate improbable dont la plupart des individus vivent dans des installations non visibles du public afin de favoriser les résultats de reproduction et relancer une population captive vieillissante. Parmi les autres espèces vivant dans ce bâtiment on peut compter des tenrecs, des microcébes murins, des boas de Madagascar et les rares tortues à soc, endémique de cette partie de l’île.
Les enclos de diverses espèces de bovins domestiques sont fusionnés et remaniés en une ferme malgache avec ses zébus et chèvres. En dehors de la tradition du Tierpark de présenter nombre de d’animaux domestiques exotiques, il est ici souhaité d’exposer le lien direct entre l’élevage, la déforestation et les dégradations du sol qui menacent tous les écosystèmes de Madagascar. Enfin, une petite volière à hérons doublée d’un bâtiment perpétue le thème avec des perdrix malgaches, sarcelles de Bernier, anserelles naines et ibis huppé.


Atlas

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Nous continuons notre voyage sur le continent africain mais découvrons cette fois un environnement montagneux. Cette zone a été construite sur la base des enclos des ongulés africains, soit partis dans d’autres zones du parc, au jardin zoologique ou d’autres parcs européens.
Un des gros éléments de travaux est la construction d’un vaste enclos d’immersion. Là où addaxs et gazelles de Mhorr vivaient, les visiteurs peuvent désormais déambuler dans un environnement rocailleux au milieu d’une colonie de magots. Les primates peuvent accéder sans soucis de l’autre côté d’un parapet rocheux à une falaise rocheuse dénudée où les mouflons à manchettes peuvent exercer leurs talents d’escalade. De l’autre côté de cette falaise de faux rocher, l’ancienne île des magots décorée de sculptures antiques a été légèrement remaniée et recouverte d’un filet pour présenter des ibis chauves et des percnoptères qui peuvent nicher dans les anfractuosités.
L’enclos forestier des reduncas accueille à présent les cerfs de Barbarie, toujours uniques en Europe. On peut aussi envisager y voir des gazelles de Cuvier, menacées dans les montagnes d’Afrique du Nord. Au bout de cet enclos, un point de vue s’offre sur la grande plaine des girafes et antilopes. Il est toujours possible de visiter la maison des grands herbivores qui a été doublée d’un second pavillon plus récent. Dans ce bâtiment, on peut voir une grande loge intérieure ainsi que des baies vitrées donnant sur l’enclos pentu du groupe de lions de l’Atlas. La conception de l’enclos joue beaucoup sur la modélisation du terrain. La première partie de l’enclos recréé une forêt de conifères et de feuillus ressemblant à l’habitat de cette sous-espèce disparue puis se prolonge en hauteur vers un vaste promontoire rocheux surplombant la zone africaine. Cette conception vise à autoriser les lions à surveiller les déplacements de divers herbivores en contrebas de leur point d’observation et aux visiteurs de détecter le roi de la savane dominer le panorama de la zone Tsavo.

Dans le listing d’espèces, diverses espèces de rongeurs, de reptiles et amphibiens endémiques du Maghreb sont prévues ainsi que des espèces plus largement méditerranéennes comme les genettes ou des rolliers d’Europe, en fonction de l’espace et des finances.
Cette zone de l’Atlas présente une zone géographique peu traitée mais intéressante d’un point de vue des espèces y vivant et des enjeux de conservation. Elle constitue également une introduction au secteur montagnard que nous allons entamer. Toute la partie située au-delà des hachures surplombe le terrain du Tierpark. Cette zone avait été utilisée pour construire de vastes enclos pour l’immense collection d’ongulés montagnards du Tierpark. Néanmoins, en raison du relief et de la situation éloignée dans le parcours de visite, peu de visiteurs prenaient la peine de grimper jusqu’à cette partie du parc.
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Messagepar Therabu » Lundi 02 Décembre 2019 17:07

Pamir


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Pour développer l’attractivité, de nouvelles espèces animales ont été ajoutées et présentées dans des enclos plus spectaculaires, utilisant le relief, des roches naturelles et du faux rocher pour recréer les habitats montagnards d’Asie centrale. Surtout l’accès a été facilité par la création d’un téléphérique comprenant deux gares principales et un arrêt intermédiaire. Pour visiter cette zone, je vais décrire le trajet effectué par le transport aérien, modélisé en trait noir épais sur le plan.
La gare basse a été construite à proximité immédiate de l’enclos des lions. Les cabines s’élèvent au-dessus de la pente arborée pour parvenir au niveau d’un premier plateau. Un vaste espace actuellement inutilisé a été aménagé de fossés secs pour délimiter les territoires respectifs des animaux domestiques, représentés par des yacks, chèvres du Cachemire et moutons à queue grasse en cohabitation et d’un troupeau de kiangs du Tibet. La gare intermédiaire, baptisée « Plateau du Tibet » permet de descendre et de pénétrer au sein d’un campement de nomades et de découvrir leur culture avant de repartir sur les hauteurs. Au cas où l’élevage en coulisses des pikas du Tierpark Berlin serait un succès, on peut aussi imaginer présenter l’espèce à ce niveau-là du parc.
Les visiteurs courageux pourront continuer leur ascension vers le sommet à l’aide des sentiers pour s’approcher au plus près des grands enclos herbeux des caprins. Mais la grande majorité des visiteurs empruntera certainement le téléphérique jusqu’au sommet de la colline. Ce qui fût l’enclos des chamois abrite désormais le groupe de bouquetins de Sibérie en provenance du zoo. Les mâles de l’espèce arborent des cornes impressionnantes. Il est envisageable que l’élevage de l’espèce soit délaissé à l’avenir car l’espèce n’est pas menacée mais en attendant, les individus du zoo peuvent vivre dans ce bel enclos herbeux.
Sur la gauche des télécabines, la grande prairie où vivaient le groupe d’élans d’Eurasie accueille le troupeau de cerfs à museau blanc qui vivaient à proximité dans cette zone. Le troupeau reproducteur évolue en cohabitation avec une autre espèce menacée, en l’occurrence un immense troupeau de markhors turkmènes. Des amoncellements de rochers naturels ont été déversés du haut de la pente pour recréer des pierriers sur une partie de l'enclos mais autrement l’aménagement est minimal. La télécabine poursuit lentement son rythme jusqu’à la gare située au sommet. Elle longe sur la gauche une volière construite à flanc de pente pour des vautours moins et des vautours de l’Himalaya puis permet au visiteur de descendre et de sortir du bâtiment à l’armature extérieure de faux rocher. Depuis cette position, le regard domine non seulement toute la zone mais aussi d’autres parties du zoo.

Le sentier va désormais redescendre doucement en s’enroulant autour de cette petite montagne himalayenne recréée au cœur de Berlin.
Directement sur la droite, des baies vitrées encastrées dans le faux rocher qui prolonge le bâtiment permettent des points de vue sur l’enclos principal des panthères des neiges. Les onces, dont les loges se situent en dessous de la gare de téléphérique bénéficient d’un nouvel espace considérablement arrondi. En plus de l’aspect paysager, avec l’ajout de plantations, d’enrochements et d’un ruisseau dévalant l’enclos, les félins ont là aussi le loisir d’observer divers groupes d’ongulés.
Le sentier continue sur pente douce et surplombe divers enclos. Le premier a été construit récemment. De haut grillages délimitent le territoire du couple de lynxs de l'Altaï (ou lynx de Sibérie) qui peut enfin sortir de sa petite cage. A l'image de Nuremberg ou de Dortmund, les lynxs évoluent sur une pente arborée et sont difficilement visibles durant la journée. Un point de vue sous la forme d'un mirador est aménagé en hauteur tandis qu'un second, légérement en retrait du sentier principal se situe en contrebas.
Les fameux argalis de Marco-Polo, uniques en Europe ont déjà été déplacés dans l’ex-enclos des mouflons. De nouvelles femelles sont arrivées de Moscou pour développer le cheptel du plus grand ovin du monde, menacé dans le milieu naturel par la chasse aux trophées incontrôlée. Le sentier se poursuit en « balcon » au-dessus des divers enclos des caprins. On dépasse successivement l’enclos des markhors et cerfs de Thorold, la volière des vautours sur notre gauche puis l’installation des bouquetins. Une cage de superficie modeste, où vivaient les gloutons, héritée de l’ancien zoo a été maintenue et connectée au nouveau bâtiment. Elle permet de bénéficier d’une installation secondaire à destination des onces, en cas de reproduction notamment.

La cage des harfangs des neiges a aussi été conservée et permet la présentation de perdrix batarvelles, plus adaptées à l’espace. Enfin les bharals qui vivaient dans un enclos arboré situé dans la pente sont partis remplacer les bouquetins de Sibérie au zoo et ont laissé leur place aux cerfs marals de l’Altaï qui occupaient quant à eux un des enclos traditionnels des cervidés dans le secteur du château. Un nouveau sentier est créé le long de l'enclos des cervidés pour arriver jusqu'à l'ancienne cage des lynxs où vivent désormais des manuls dans un pierrier rocheux. Nous sommes alors à mi-chemin de la descente de la montagne. Une zone entière, située en contrbas des marals est volontairement délaissée dans ce masterplan. Il s’agit des divers enclos à ongulés (cerfs de Thorold, markhors, argalis, gorals et takins) qui dans le projet du zoo devait être transformés en parking si j’ai bien compris. L’idée étant surtout de créer à ce niveau une troisième entrée permettant de répartir le flux de visiteurs jusqu’au fond du parc. En attendant, la zone peut toujours continuer de présenter d’autres ongulés montagnards en dehors de toute thématique.

Les grandes volières à rapaces restent inchangés. Les gypaétes ont cependant vu leurs voisins changer avec le départ des pygargues de Steller pour des aigles royaux. C'est à ce niveau également que les visiteurs peuvent tenter d'observer discrètement les lynxs au milieu des broussailles.
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Messagepar AnimauxEtZoos » Lundi 02 Décembre 2019 18:25

Ce qui est fascinant avec tes créations, Therabu, c'est qu'on est plongé dans l'ambiance du parc sans même le connaître. Comme toujours, tes créations sont très bien pensées et réalisées et c'est un plaisir de les lire. Un grand bravo!
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Messagepar david » Lundi 02 Décembre 2019 20:27

Merci Therabu pour ce nouveau projet de réaménagement toujours aussi passionnant. J'attends la suite avec impatience :D
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Messagepar Therabu » Mardi 31 Décembre 2019 14:33

El Choco

La troisième entrée du parc, nouvellement créée au fond du parc a l'avantage de faciliter l'accès à l'ancienne singerie et à la colline himalayenne. Alors que les visiteurs observent sur leur gauche, les rapaces et les lynxs, représentants de la zone paléarctiques, la première zone néotropicale du parc se profile. Sur la droite du sentier, un mirador en hauteur, protégé par des bardages de bambous permet d'offrir entre les quelques ouvertures une vue plongeante sur un grand territoire en pente. De grands arbres existants à la création constituent une autre caractéristique de l'enclos dont le sol est occupé par des broussailles et des rochers ajoutés pour recréer un environnement complexe accueillant une cohabitation entre un ours à lunettes et un grand groupe d'atèles robustes de Colombie.
La famille de primates du zoo a pu s'agrandir jusqu'à une vingtaine d'individus qui se balancent dans les arbres plutôt que dans les sinistres loges carrelées de la vieille singerie. Les primates, endémiques du Choco et en danger critique d'extinction, bénéficient également d'une volière reliée à la maison des singes qui sert de zone de repli et de tranquillité. Les ours bénéficient quant à eux d'un bâtiment récent et discret. Dans leur redescente vers le parc, les visiteurs passent sur le sommet de ce bâtiment, offrant un point de vue sur les deux enclos des ours.

En effet, de l'autre coté, un enclos plus conventionnel (Vienne, Duisbourg ou Francfort font figure d'exemple) avec quelques parois de faux rochers sert d'espace de séparation pour les ours. Une cohabitation avec des coatis à nez blanc peut aussi être envisagé pour faire vivre l'espace et enrichir la vie des ursidés, prompts aux stéréotypies si non stimulés.

Le Choco est une zone où la biodiversité est très importante, notamment de par son rôle de pont terrestre entre la faune d’Amérique centrale et l'Amazonie, mais aussi par la concentration de milieux dus à une variation d'altitude très forte (mangrove, forêt tropicale de plaine, forêt d'altitude, forêt séches et paramo). Enfin, la zone est encore relativement préservée, c'est le seul endroit le long de la côte Pacifique qui ne soit pas traversé par une route. Toutefois, cette forte zone d'endémisme et ce bastion de nombreuses espèces menacées est progressivement attaqué par les maux de la civilisation moderne.

Nous arrivons alors en contrebas de la pente forestière. Cette fois, il est possible d'apprécier l'espace de cohabitation entre ours et primates dans son entièreté grâce à une séparation aquatique, creusée en partie sur l'ancien pré des buffles nains. La vision que les concepteurs de l'enclos ont voulu offrir aux visiteurs est alors flagrante : une femelle ours explore son territoire, aménagé d'une cascade plongeant dans le bassin, ses jeunes chahutant dans les premières fourches des arbres ou tandis que le groupe d'atèles se déplace bruyamment à plus de vingt mètres en hauteur.

L'autre coté du point de vue est occupé par une mare naturelle déjà existante que nous aborderons dans un second temps. Désormais, la maison des singes du zoo et les volières qui l'entourent se dresse face au visiteur. Rénovée en 2018, le rafraîchissement inclus la couverture de la structure extérieure de faux-rochers et la réfection des volières pour offrir de plus gros volumes. Deux de ces volières ont été fusionnées pour accueillir une large communauté animale. Les rares hurleurs roux vivent ici aux cotés d'agoutis ponctués, de coendous à queue préhensile, de douroucoulis à pattes grises, d'un tamandua et d'amazones farineuses qui animent l'enclos. Les animaux ont accès aux larges loges vitrées visibles des visiteurs depuis l'intérieur du bâtiment. Les visiteurs peuvent également observer les atèles dans leur volière de séparation avant de pénétrer dans le bâtiment puis dans leur loge.
Une cage extérieure de superficie plus modeste a été végétalisée et permet de présenter d'autres tamanduas en cohabitation avec une famille de pinchés, fortement menacés.

La singerie a été transformée en centre d'éducation du public, notamment concernant les problématiques de conservation de la faune et du rôle joué par les parcs zoologiques. En plus des panneaux, les quelques terrariums placés dans la maison ont été dédiés à des amphibiens endémiques du Choco, (phillobate terrible, atelopus, Agalychnis lemur...) zone où le champignon parasite Batrachochytrium dendrobatidis fait d'importants dégats et où de nombreuses espèces sont déjà au bord de l'extinction quand elles ne sont pas uniquement conservées en captivité. Les autres reptiles présentés dans le bâtiment sont des boas arc-en-ciel de Colombie en cohabitation avec des basilics bruns, des tortues funèbres (Rhinoclemmys funerea) et ornée (Rhinoclemmys pulcherrima) en cohabitation avec des vipères de Schlegel (Bothriechis schlegelii).
Une des volières et la loge correspondnate (actuellement cercopithèques dianes) a été convertie quant à elle pour la présentation d'oiseaux fragiles et de petite taille. La star des lieux est évidemment le coq de roche péruvien même si le manakin à tête dorée prendra peut être le dessus chez les connaisseurs. Les autres oiseaux envisagés sont des sporophiles noir et blanc, des callistes rouverdins, calliste à cou bleu, tangaras de Darwin et tangaras évêque.

La dernière présentation de cette maison sud-américaine riche en espèce se situe dans l'ancienne loge des géladas. Selon la longévité des animaux elle accueillera dans un premier temps le vieux groupe de capucins olive du zoo qui seront par la suite remplacés par des capucins à tête blanche conformément à la volonté du TAG des cébidés. En sortant du bâtiment, les visiteurs pourront observer le dernier singe de la zone évoluer sur le vaste territoire des géladas. Les deux îles qui le compose ont été remodelées de sorte à former des tertres renforcés de poteaux en bois ou de faux rocher à leur base. Le sommet de ces espaces protégés ont été végétalisés et complétés d’impressionnants troncs d'arbres morts ou coupés dans le parc suite aux travaux. Les primates partagent cet espace avec l'imposant groupe de pécaris à lèvres blanches du zoo. Toujours accueillis dans l'antique maison des suidés du zoo, ce vaste groupe reproducteur trouvera ici un large territoire où ils pourront se baigner et fouiller le sol tandis que les capucins évoluent au dessus de leurs têtes. Un bâtiment discret a été dressé spécialement pour eux à l'arrière de la singerie pour accueillir un groupe pouvant monter jusqu'à trente pécaris adultes.
Là encore, il est possible de voir l'évolution du zoo avec la volonté de mixer des espèces entre elles pour leur offrir des territoires plus vastes et naturels et de respecter les structures sociales naturelles en séparant les animaux solitaires (ursidés, félins...) et en présentant de grands groupes pour les animaux sociaux (canidés, éléphants, primates, équidés...).

Nous longeons par la suite le plan d'eau mentionné plus tôt qui nous sépare du point de vue sur les ours à lunettes. Cette mare naturelle fait office de respiration après ce passage chargé en espèces et permet d'offrir un habitat aux espèces locales, notamment les amphibiens dont le déclin est mis en lumière à quelques mètres de là. Sur le plan j'ai marqué l'espace potentiellement prévu pour présenter des tapirs absents du Tierpark avec un accès à la amre. Toutefois, cela ne me parait pas immédiatement indispensable surtout qu'il probable que l'espèce présente dans le Choco, à savoir le tapir de Baird aura probablement disparu des collections berlinoises et européennes d'ici quelques années. Cela pourra constituer une nouveauté mineure motivant le retours des abonnés. Une autre possibilité concerne l'accueil d'une famille de chiens des buissons ou bien un espace de restauration thématisé, à l'image de l'Hacienda, à Cologne.

Un peu plus loin, nous pénétrons dans l'actuel secteur des rapaces. La première partie est constituée d'une place circulaire bordée de larges volières abritant nombre de grands rapaces et quelques petites chouettes. Seuls des chouettes à lunettes représentent les oiseaux de proie désormais, dans une volière densément végétalisée. Le même traitement a été appliqué aux autres enclos mais leur principale caractéristique est d'avoir été complétée de réseaux de tunnels grillagés. Ces tunnels, équipés de trappes connectent l'ensemble des volières entre elles ainsi qu'un petit bâtiment. Ce système permet de s'adapter en fonction du nombre d'individus et de l'époque de l'année pour la présentation de margays d'Amérique centrale et de tayras. Les deux petits carnivores peuvent également surveiller une partie de la forêt à travers des tunnels s'enroulant autour d'arbres à proximité, fournissant aux petits prédateurs des parcours en trois dimensions riches et stimulant l'exploration du territoire.

Le dernier bloc de volière est oragnisé autour d'un bâtiment non visible du public. Actuellement, ce bloc est partagé entre de nombreuses espèces de hiboux, des harpies féroces, des aigles martiaux et quelques perroquets. Seules les harpies et les aras de Buffon restent et sont rejoints par des grands hoccos, représentés par plusieurs couples, des amazones à lores rouges et farineuses, des touis catherine, des geais incas, des toucanets émeuraude et des toucans vitellins ou bien encore des écureuils panachés.

Cette zone nécessite peu de travaux en dehors de l'impressionnant complexe des ours à lunettes et des travaux de remblais et de clôtures pour accueillir les pécaris. Elle permet de reloger de nombreuses espèces mal logées (tayras, ours, atèles et capucins, pécaris) et libérer de l'espace pour les travaux à d'autres endroits.
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Messagepar Therabu » Jeudi 02 Janvier 2020 20:17

Dzangha Sanga

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A l'inverse de cette zone sud-américaine érigée plus ou moins sur l'empreinte d'enclos et de bâtiments déjà existants, la zone à suivre est peut être l'une des plus ambitieuse du projet. Il s'agit toutefois d'accueillir des anthropoïdes, une classe d’animaux charismatiques jusqu'ici non présente au Tierpark et dont l'absence avait été identifié comme une des faiblesses du parc actuel.
L'empreinte de la parc recouvre tout un secteur dédié autrefois à des ongulés du paléarctiques. Equidés, chèvres des rocheuses, takins, buffles, boeufs musqués, élaphodes et cerfs du Père David évoluent sur de vastes plateaux délimités par des fossés secs et entourés de grands arbres camouflant les étables.
C'est sur la base de cette alternance d'espaces découverts et de bosquets forestiers qu'a été pensée la zone. Elle recréée les fameux "bai", ces clairières riches en graminées et en minéraux parsemées au milieu des forêts denses d'Afrique centrale où viennent se concentrer les grands mammifères. Nous entrons également dans la zone de l'eau et où l’élément aquatique devient particulièrement présent, constituant souvent une séparation peu invasive entre les animaux et les visiteurs.

Le premier territoire de la zone est aussi le plus vaste. Il couvre près de deux hectares plus ou moins boisés, où vit une grande communauté de primates, comme à Apenheul ou Dublin. Le groupe reproducteur de gorilles de plaines de l'Ouest y cohabite avec une grande famille de mangabeys à toque rousse, quelques colobes guereza et une espèce de cercopithèque qui pourrait être le moustac ou le cercopithéque de Brazza. La surface permet de s'assurer que les dégats occasionnés par les singes sont suffisamment diffus pour permettre une régénération suffisante de la végétation. Sur près des trois quarts de son pourtour, l'enclos est délimité par des douves végétalisées mais ce sont des murs métalliques qui séparent les gorilles du coté de l'enceinte extérieure et en bordure du bâtiment. Cela permet également d'éviter le contact visuel avec d'autres grands singes.

Les visiteurs pénètrent donc au cœur de la zone en évoluant sur une longue et large passerelle en bois construite au dessus de la douve de séparation. Sous cette passerelle, un grillage métallique prévient également aux animaux situés de l'autre coté de s'échapper. En vis à vis des gorilles, l'immense plaine des kulans a été fusionnée avec l'enclos des buffles d'Asie pour accueillir une autre cohabitation ambitieuse entre un troupeau de buffles nains, des potamochères à pinceaux et la famille de mandrills du zoo de Berlin. A Valence, ce type de cohabitation semble fonctionner avec des drills et d'autres primates. J'ai quelques doutes sur la possibilité d'avoir des sitatungas avec les primates, notamment en cas de reproduction. Éventuellement, un petit enclos désaffecté où vivaient quelques chèvres pourrait les accueillir mais ce n'est pas essentiel. Les singes bénéficient de zones de repli en cas d’échauffourées avec les buffles matérialisées soient par des élévations du sol ou d'imposants troncs d'arbres couchés ou plantés. Si les ongulés bénéficient de leur propres étables, les plus discrètes possibles et adjointes d'un pré-parc, les mandrills sont quant à eux logés de l'autre coté de la plaine, au sein d'une vaste serre pénétrable.

Le bâtiment en arc-de-cercle propose aux visiteurs de déambuler entre les divers enclos intérieurs des singes. L'aspect du Darwineum de Rostock a été recherché avec des plantations nombreuses et un sol naturel pour les longs mois d'hiver. Chaque groupe d'anthropoïdes bénéficie de plusieurs loges connectées entre elles afin de faciliter l'isolement visuel. Entre les loges et les cheminements des visiteurs, des zones ont été plantées de hauts palmiers et de végétation grimpante envahissant les filets. Une colonie de roussettes paillées africianes et de roussettes d'Egypte anime l'espace lorsque la lumière décline, promptement remplacés par quelques touracos de Ross, perroquets gris du Gabon et passereaux (Dos-vert à joues blanches, beaumarquet aurore, sénégalis sanguins) le matin venu. Un petit bassin vitré présente des crocodiles nains et des Pelusios niger.

Le second groupe d'anthropoïdes est constitué des quelques chimpanzés vivant actuellement dans la maison des anthropoïdes accompagnés de quelques individus plus jeunes, de la sous espèce d'Afrique centrale. La petite dizaine de chimpanzés évolue sur le plus forestier des territoires (environ 8 000 mètres carré) de la zone permettant aux plus jeunes d'exhiber leurs talents d'acrobates. Tout comme chez les gorilles, la séparation avec le public prend la forme d'un cours d'eau tandis que de hauts murs recouverts de métal (à l'image de ceux séparant le territoire des bonobos de la VDS) bordent l'enceinte extérieure pour prévenir les évasions. Une grande volière adossée à la serre pourrait être envisagée et présenter une cohabitation entre vautours palmistes et hérons goliath, deux espèces rares et intéressantes qui apprécient cet environnement. Toutefois, je me dis que cela ne constitue pas une priorité, c'est donc une option négociable.
Relativement proche en termes de surface, d'aménagement et de moyens de contention, le troisième espace de la zone permet d'accueillir des mâles gorilles dont le coordinateur n'a pas besoin pour la reproduction. On peut envisager de faire cohabiter les gorilles mâles avec encore un autre primate africain, comme des cercopithèques mones, talapoins ou mangabeys noirs, illustrant l'incroyable diversité des forêts africaines.

En dehors du sentier de visite, une ancienne cage où vivait les macaques du Japon a été conservée pour l'élevage et l'isolement d'individus des divers groupes de primates.

La découverte des zones tropicales et marécageuses du visiteur ne s'arrête pas là puisque après être sorti de l'ambiance moite de la serre pour observer gorilles et chimpanzés en extérieur, les visiteurs continuent leur périple en intérieur.

Cienega de Zapata

La zone suivante se situe en fait dans la continuité de la maison des anthropoïdes. Si la forme des bâtiments permet de clairement distinguer la différence d'ambiance, les deux maisons sont accolées et bénéficient d'infrastructures énergétiques et de traitement des eaux partagées.
Cette seconde serre comprend peu de séparations, tout du moins visibles du public. L'espace central est occupé par un immense bassin au rendu naturel et pour lequel les ingénieurs se sont inspirés d'Arnhem. La végétation alterne entre la mangrove aux abords du bassin et des zones pierreuses plus séches bordées de buissons et de cactées. Le plus grand bassin a été construit pour accueillir une espèce emblématique du Tierpark mais qui avait du partir du parc suite à la réfection de la maison des éléphants. Les lamantins étaient initialement prévus dans un projet amazonien gigantesque bâti sur l'emprise des plateaux des camélidés. Retoqués par la protection des monuments historiques, le projet a été déplacé et modifié pour faire honneur à la faune de la plus grande des îles antillaises : Cuba.
La Cienaga de Zapata est certainement l'endroit le plus important du pays pour la conservation de nombreuses espèces emblématiques, au premier rang desquels figure le fameux crocodile de Cuba. Les installations visent à favoriser la reproduction avec des berges sableuses et la possibilité de séparer les individus adultes. Leur bassin semble ne faire qu'un avec celui des lamantins, simplement séparé par une vitre peut décelable pour les visiteurs. Diverses espèces de tortues cubaines vivent aussi avec les gros herbivores (Trachemys decussata et Trachemys terrapen). Une zone tidale est créée à proximité des visiteurs pour présenter de curieux poissons quatre-yeux à grandes écailles (Anableps anableps) et des crabes. Sur le coté de la serre, un enclos sec aménagé de nombreux troncs d'arbres morts fait cohabiter iguanes rhinocéros et hutias de Cuba. Des anolis bruns et deux espèces de grenouilles (Eleutherodactylus planirostris et Eleutherodactylus ricordii) sont lachés en liberté au milieu de la végétation, des enclos et des bassins.
Comme dans les autres espaces intérieurs du Tierpark, le volume est occupé par diverses espèces d'oiseaux avec la contrainte de ne pas présenter des oiseaux piscivores pouvant dévorer les poissons, grenouilles, lézards et crabes. Figurent donc dans cet espace quelques couples d'amazones de Cuba, des dendrocygnes des Antilles, sarcelles à ailes bleues, colombes bleutées, colombes versicolores, chardonnerets des Antilles, Pèrenoir petit-coq, guiraca bleu, cici petit-chanteur et/ou cici grand-chanteur. Enfin dans quelques terrariums, il est possible d'observer des boas de Cuba, des anolis chevalier, des igaunes à queue carénée (Leiocephalus carinatus) et des rainettes de Cuba (Osteopilus septentrionalis).

Après cette immersion totale, les visiteurs peuvent ressortir du bâtiment à travers deux chemins. Le plus petit d'entre eux débouche directement sur l'extérieur mais le second débouche à l'air libre dans une vaste volière lacustre tendue entre le bâtiment et les canaux de séparation des buffles.
Les grands échassiers du zoo peuvent utiliser leurs ailes pour s'ébattre dans ce vaste volume sans obstacles, uniquement délimité par les filets à larges mailles. C'est aussi un festival de couleurs pour les visiteurs avec la grande colonie de flamants rouges de Cuba, les ibis blancs, sarcelles des Bahamas, érismatures de la Jamaïque, échasses mexicaines, hérons à dos vert, grues du Canada et surtout les derniers pélicans bruns et pélicans blancs d'Amérique de Berlin.

A la sortie de la zone cubaine, nous arrivons au niveau d'un carrefour circulaire, au cœur de la zone de l'eau. C'est au niveau de ce carrefour que se trouve le restaurant principal du zoo qui a été rénové et "ensauvagé" avec le remplacement du mobilier extérieur par des meubles en bois et l'extension des terrasses pour offrir des perspectives sur les animaux, l'enclos de cohabitation des buffles et mandrills d'un coté et les rhinocéros indiens de l'autre.

Le Teraï

Après avoir découvert le marécage forestier et la mangrove, les visiteurs vont cette fois visiter un écosystème de plaine inondable, en l’occurrence, la plaine du Teraï, en contrebas de l'Himalaya. Ce milieu de vie abrite des espèces uniques au premier rang desquels figure le rhinocéros indien mais aussi l'outarde du Bengale, le buffle asiatique, le sanglier nain ou le gavial du Gange. Extrêmement fertile et situé dans une zone à très forte densité humaine, la pression de la perte et des dégradations de l'habitat menacent fortement ces espèces présentes uniquement dans la région.
Un peu à l'écart du sentier principal de visite, l'île des gibbons accueille désormais un petite famille d'entelles qui viennent de la singerie du zoo mais peu de visiteurs effectueront le détour. A proximité du restaurant, un nouveau pavillon a été construit. Largement inspiré du pavillon Chambal de Prague, le bâtiment a été créé principalement pour exhiber les gavials à l'étrait dans l'aqua-vivarium. La reproduction est aussi une priorité avec de nouveaux aménagements devant faciliter les naissances de cette espèce fortement menacée et dont le salut repose peut être par la reproduction d'individus captifs. En plus des impressionnants crocodiliens, diverses espèces de tortues d'eau douce (Hardella thurjii, Geoclemys hamiltonii ou l'impressionnante Batagur baska) partagent l'installation et malheureusement, les forts degrés de menace.
L'autre point fort de ce pavillon est la possibilité d'observer la loge d'une des femelles rhinocéros unicorne.
Pendant les longs mois d'hiver, les rhinocéros préfèrent rester en intérieur et une vaste loge paysagée doublée d'un bassin chauffé est proposée afin de voir ces animaux impressionnants même à la dure saison. Une seconde loge non visible existe en arrière-plan et débouche sur le préparc. Surtout, à l'autre extrémité de la plaine, un second bâtiment plus discret héberge les autres individus du parc dans des loges tout aussi confortables mais sans nécessité de "décoration".

En ressortant de la maison des gavials et rhinocéros, le visiteur peut alors admirer l'immense panorama qui se forme sous ses yeux. "Kamelwiese", l'immense prairie dédiée aux 6 espèces de camélidés actuellement présente sur terre a été remanié en respectant les exigences de la protection des monuments historiques. Ainsi, la perspective longue de plus de 500 mètres n'est entravée par aucun bâtiment ou même clôture visible. Les Trois plateaux principaux délimités par des cours d'eau sont conservés en l'état et simplement séparés entre eux et avec le public par une solide barrière métallique immergée dans l'eau. De nombreuses plantations de roseaux sont effectuées pour rapidement recouvrir la partie dépassant et visible du public.
Sur ces deux hectares d'herbe, vivent donc au moins trois rhinocéros indiens et de grands groupes de barasinghas et de cerfs-cochon déjà présentés au zoo, mais aussi les paons indiens du zoo, plus ou moins en liberté et des oies à tête barrée. Ne présentant aucun intérêt conservatoire, le zoo s'est débarrassé des nilgauts qui cohabitaient auparavant avec les petits cervidés. J'ai envisagé de dédier un enclos pour héberger le troupeau de buffles arnee du zoo. Visuellement plus proches du phénotype sauvage que les autres buffles d'eau présentés en Europe, cela aurait pu être intéressant d'un point de vue pédagogique et visuel mais il semble que l'élevage tourne un peu en rond avec tous les individus originaires du Tierpark Berlin.
En dehors des bâtiments, peu d’aménagements semblent nécessaires pour les placides herbivores qui peuvent ici paître et se baigner dans les canaux de l'installation aux beaux jours.

Auparavant, sur un enclos déjà dédié à des grues et recouvert d'un filet, un couple de grues antigone représente la faune ailée du Teraï en compagnie de pirolles à bec rouge, crabier de Gray, canard à bec tacheté, tourterelles de Chine, garrulax à plastron et de discrètes bambusicoles de Fytch.
Les visiteurs longent la grande plaine des rhinocéros pour continuer la visite de l'ancien plateau des camélidés. Pour cela, ils tournent sur leur gauche afin de repiquer vers le cœur du zoo. Sur leur droite s'étend l'une des dernières zones de leur visite : la grande steppe d'Asie Centrale.
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Re: Créations

Messagepar zoobeauval25 » Vendredi 03 Janvier 2020 23:45

Bravo pour ton impressionnant travail Therabu ! Je ferais un grand avis à la fin de la visite, mais je voulais faire part de mon émerveillement par rapport à la zone antillaise : une merveille absolue ! En ce qui concerne l'inspiration d'Arnhem, j'imagine qu'elle provient de la "Mangrove" ?
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Re: Créations

Messagepar Molinae » Samedi 04 Janvier 2020 15:48

Therabu, super boulot. Certains parcs feraient bien de te lire... :wink: :wink:
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Re: Créations

Messagepar Therabu » Vendredi 10 Janvier 2020 19:10

La Grande Steppe

Traditionnellement porté vers la faune paléarctique, notamment en raison des liaisons politiques avec les pays soviétiques, la collection du Tierpark Berlin inclus de nombreuses espèces venant de ce milieu peu souvent recréé en parc zoologique. Ce sont ici les vastes collines herbeuses du Kazakhstan émaillée de pièces d'eau temporaires qui est ici présentés, à proximité de la mer d'Aral. Cette zone est d'importance capitale pour les oiseaux migrateurs effectuant leur traversé de l'Asie où il s'arrêtent pour reprendre des forces soit même hiverner.

Directement sur notre droite, un enclos est aux hautes herbes est délimité par du grillage. Il abrite des grandes outardes et des gazelles à goître, je doute que les fossés soient suffisant pour retenir les animaux. En arrière-plan, le premier grand plateau abritant des cerfs de Bactriane et des arkals sert de toile de fond. Pendant que les cervidés évoluent de préférence près des lits de roseaux, les mouflons asiatiques que l'on rencontre sur les collines herbeuses peuvent se réfugier sur deux buttes rocheuses où ils peuvent se reposer sans être embêtés par les cerfs.
Les chameaux qui vivaient sur ce plateau ont déménagé à proximité, sur une plaine encore plus vaste où vivaient simplement des dromadaires. Ils sont accompagnés d'une belle harde de les kulans turkmènes. Pour héberger ces animaux, il n'y a donc qu'à construire des écuries et une petite étable pour les arkals et gazelles. Ces dernières sont aussi trop fragiles pour être mixées avec les kulans qui peuvent être agressifs, notamment en période de reproduction.

Séparant la zone de la grande steppe du Teraï, se trouve une île assez grande entourée de petits canaux. Actuellement, une colonie de flamants vit ici, entre les camélidés de l'Ancien et du Nouveau Monde. Mais la réglementation et les standards évoluant, le nouveau Tierparl souhaite éviter autant que possible le rémigeage des oiseaux. La zone humide, végétalisée de joncs et de roseaux est couverte d'un filet bas. En plus de permettre aux oiseaux de ne pas être rémigés une fois par an ou plus, les filets protégent les nombreux oiseaux aquatiques des attaques répétées des renards qui sont un soucis pour la collection d'oiseaux du Tierpark.
Sous cette volière, les stars sont bien sûr quelques pélicans frisés qui affectionnent ces lacs d'Asie centrale et qui bénéficient d'efforts de conservation couronnés de succès. En plus, d'autres anatidés d'Asie centrale comme les érismatures à tête blanche (en danger) bernaches à cou roux , les oies naines à front blanc, fuligule milouin, sarcelle marbrée (Vulnérable), harles bièvres, nettes rousses, souchet, tadornes roux ou canard siffleur (non menacés pour ces derniers). C'est aussi l'opportunité d'illustrer l'étonnante diversité de modes d'alimentation chez les anatidés. Les bassins de la volière accueillent également des avocettes élégantes et des grues demoiselles alors que les berges herbeuses sont le territoire d'outardes canepetières, d’œdicnèmes criards, de perdrix grises et de grues demoiselles. Avec les grandes outardes, plusieurs de ces espèces sont aussi présentes en Europe de l'Ouest, souvent avec des effectifs faibles qui pourraient être renforcés par des élevages conservatoires.
Au lieu de continuer en ligne droite sur l'ancienne allée, le nouveau sentier opère un coude sur la droite, en suivant la clôture des gazelles, pour s'aventurer plus près de l'enclos des cerfs. C'est à cet endroit que le grand mirador d'observation des oiseaux, semi-enterré pour affleurer le plan d'eau se trouve. Le toit de l'affût est recouvert d'herbe si bien que sa présence dans la perspective des plateaux des camélidés est imperceptible.
Nous longeons alors les grandes plaines des ongulés de la steppe sur notre droite. Quelques anciennes présentations ont été remaniées sur la gauche du chemin pour casser le rythme de cette grande allée. Ainsi, des volières à perroquets ont été fusionnées et élevées pour accueillir un couple d'aigle des steppes.

Plus loin, une longue bande de hautes herbes est entourée d'un petit fossé doublé d'une palplanche enterré dans le sol. Une famille de renards corsac, autrefois hébergés dans une cage de la fauverie vit ici, face aux herbivores. Toutefois, la justification de la présentation des petits canidés ne serait pas complète sans la présentation suivante abritant l'une de leur proie favorite. Des sousliks, ici représentés par l'espèce européenne, vivent en une grande colonie passionnante à observer aux cotés de marmottes bobaks et de tortues de Horsfield. Des galeries de plexiglas sous-terraines sortent par endroits de l'enclos pour montrer la complexité du réseau des petits rongeurs qui sont la proie de nombreux carnivores ailés ou terrestres. A cet endroit, le visiteur est donc entouré par la faune de ce milieu ouvert avec quatre espèces de grands herbivores d'un coté et les petits mammifères de l'autre. Enfin la présentation de cette faune d'Asie centrale s'achève avec une dernière volière à rapaces qui pourrait accueillir des grands-turkmènes, des faucons sacre par exemple ou bien des hiboux des marais tandis que la fosse des petits pandas pourrait accueillir des porc-épic à queue blanche.

Nous avons à ce point de la visite déjà couvert la majeure partie du parc. Les enfants seront certainement ravis de revenir au niveau de la zone des animaux domestiques où se trouve aussi nombre de jeux. A ce point là on peut revenir également vers la zone africaine/cambodgienne et la majeure partie des visiteurs pourront choisir de finir la visite à ce niveau.

Gran Chaco

Mais, je sais que vous n'êtes pas fatigués !
La zone sur le Gran Chaco est vraiment vu comme un "bonus", une option possible mais loin d'être nécessaire, largement envisagée pour mettre en valeur le superbe enclos déjà rénové des pécaris du Chaco, représentés par une grande colonie ayant fondé l'ensemble de la population européenne.
Là aussi, il s'agit d'une zone d'endémisme assez marquée et fortement menacée mais presque jamais présentée en parc zoologique.

En plus de l'enclos existant des pécaris, il est facile de présenter les chouettes du Chaco dans une volière figurant déjà en face des porcins menacés, tandis que le vaste enclos rappelant une clairière dans cette partie boisée du Tierpark pourrait accueillir soit de bizarres tamanoirs avec des cariamas huppés, soit des loups à crinières.
Pour la suite, j'envisageais une sorte de mini-serre désertique, qui pourrait maintenir des cactées et autres plantes adaptées à cette région de forêt aride et broussailleuse.
A l'intérieur, une grande cohabitation intéressante pourrait être envisagée entre des maras du Chaco, tatous à six bandes, douroucoulis d'Azara et ouïstitis à queue noire, présents à Magdebourg, pour les mammifères mais aussi des chouettes des terriers et des guiras cantaras pour les oiseaux et des tortues d'Argentine. En plus de cet enclos séparés du public, divers passereaux des plaines d'Amérique du Sud pourraient être présentés.
Les passereaux de cette région sont également victimes du trafic animalier même si dans une moindre mesure que les oiseaux chanteurs d'Asie du Sud Est. En plus de la conversion de leur habitat pour l’agriculture, plusieurs espèces sont menacées. Des espèces représentatives de la région et déjà présentes à Berlin pourraient animer l'espace comme des orioles troupiales, des gros bec ultramarins, des araguiras rougeâtres,le rare commandeur huppé et les paroares huppés ainsi que des ortalides du Chaco ou plus intéressant, le hocco fascié. Des terrariums sont envisageables pour présenter des crapauds "pacman" du Chaco, des tégus, serpent-rhinocéros de Baron ou la tout aussi improbable grenouille de Budgett.

Je trouve cette dernière zone intéressante car elle permet de dresser en quelques présentations le portrait d'un écosystème complet, menacé et méconnu.
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Re: Créations

Messagepar Therabu » Vendredi 10 Janvier 2020 19:13

zoobeauval25 a écrit:Bravo pour ton impressionnant travail Therabu ! Je ferais un grand avis à la fin de la visite, mais je voulais faire part de mon émerveillement par rapport à la zone antillaise : une merveille absolue ! En ce qui concerne l'inspiration d'Arnhem, j'imagine qu'elle provient de la "Mangrove" ?


Merci à toi et autres membres !
Et évidemment la mangrove d'Arnhem, bien que je ne l'ai jamais visité, a lourdement influencé la zone cubaine tout comme le Desert m'a amené à imaginer la zone du Chaco.
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Re: Créations

Messagepar zoobeauval25 » Dimanche 12 Janvier 2020 11:13

Ah, la belle mangrove d'Arnhem ! Je te souhaite de bientôt pouvoir la visiter !

Bravo pour ton travail ! J'apprécie particulièrement le thème des steppes du Kazakhstan, pays souvent oublié au profit de la Mongolie.
Mais pardonne-moi : la visite du Tierpark est terminée ?
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Re: Créations

Messagepar Therabu » Dimanche 12 Janvier 2020 14:05

Je pense finir les deux dernières zones, assez courtes, lundi.
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