Le panda, un enjeu diplomatique

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Re: Le panda, un enjeu diplomatique

Messagepar Bombyx » Vendredi 05 Avril 2013 15:46

Héhé, pas mal vos choix, même si je pense qu'il va falloir encore attendre un peu. :mrgreen:
Sinon, oui Antoine6259, je me suis planté sur l’orthographe de cette ville polonaise et tu as tout à fait raison. Au vu des derniers investissements pharaoniques du parc, il était pour part, un candidat bien crédible pour accueillir un couple de panda. M'enfin, je me suis encore trompé.
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Re: Le panda, un enjeu diplomatique

Messagepar Philippe » Lundi 16 Janvier 2017 18:27

Les pandas, des ambassadeurs de luxe

La “diplomatie du panda” est l’utilisation, par la Chine, de ces plantigrades comme cadeaux aux autres pays.

Les ursidés blancs et noirs sont offerts en cadeau aux puissances étrangères depuis la dynastie Tang (VIIe siècle après JC), mais ce n’est que depuis les années 1950 qu’ils sont devenus les diplomates officiels de la Chine.

Leur rareté fait leur valeur, mais aussi leur faiblesse. Déclarés “espèce en danger” en 1990, les pandas ont fait l’objet de mesures de protection qui se sont révélées payantes : ils ne seraient plus en danger en Chine, a déclaré en septembre l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Pour en savoir plus sur la diplomatie du panda, plongez-vous dans l’infographie conçue par Henry Wong et Joe Lo et publiée par le South China Morning Post le 27 juin 2016.

Ce quotidien de Hong Kong, plusieurs fois récompensé plusieurs fois, publie plusieurs fois par semaine de grandes infographies, notamment sur les relations de la Chine avec le reste du monde.
Source : Courrier international.
Et pour découvrir la fameuse infographie : http://www.courrierinternational.com/gr ... id=1&pid=1
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Re: Le panda, un enjeu diplomatique

Messagepar abel » Mardi 17 Janvier 2017 9:01

Oui, je l'ai lue il y a quelques jours, elle est bien faite et intéressante.
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Re: Le panda, un enjeu diplomatique

Messagepar Philippe » Vendredi 29 Décembre 2017 20:04

Margaret Thatcher, la Dame de fer qui craignait les pandas

Des documents déclassifiés datant de 1981 révèlent que la Première ministre a refusé d’embarquer dans l’avion qui transportait un panda du zoo de Londres, arguant que ces animaux portaient malheur aux chefs d’État. Derrière ce refus en apparence anecdotique se cache une réelle stratégie diplomatique, dont la presse britannique se fait l’écho et s’amuse, ce vendredi 29 décembre 2017.

Plutôt combattre l’IRA que voler avec un panda. Reconnue pour son intransigeance, notamment vis-à-vis du groupe paramilitaire irlandais, Margaret Thatcher avait une aversion quelque peu surprenante pour ce mammifère en apparence inoffensif, apprend-on dans des documents confidentiels déclassifiés vendredi 29 décembre 2017.

L’histoire remonte à 1981. En grande difficulté financière, le zoo de Londres sollicite l’aide de la Première ministre conservatrice. L’idée est de redorer l’image de l’institution grâce à un coup de communication bien huilé : envoyer Chia Chia, le panda mâle du zoo, se reproduire à Washington avec une femelle de l’institut de recherche Smithsonian. “ Lord Zuckerman, le président du zoo de Londres, a suggéré que la Première ministre fasse embarquer le panda à l’arrière de son Concorde lors de son déplacement à Washington le mois suivant ”, relate The Guardian. L’opération est alors également envisagée comme une manière de resserrer les liens entre les deux rives de l’Atlantique, explique le quotidien The Times.

Pas suffisamment convaincant pour Margaret Thatcher, qui exprime son sentiment sans détour dans la marge d’un mémo transmis par son cabinet. “ Horrifiée par cette idée, assure The Guardian, elle a griffonné une remarque avec son habituel feutre bleu : ‘Je n’emmènerai PAS de panda avec moi. Les pandas et les politiques ne font pas bon ménage !​

Plusieurs chefs d’État frappés par une malédiction

La “diplomatie par les pandas”, pratique initiée par le gouvernement chinois pour améliorer ses relations internationales, était pourtant en vogue dans les années 1970 – aujourd’hui encore, la France en accueille un au zoo de Beauval (Centre). Le Premier ministre japonais Kakuei Tanaka, en 1971, le président américain Richard Nixon, en 1972, puis Ted Heath, Premier ministre conservateur britannique, en 1974, reçurent tous les trois un couple de pandas.

Mais, par une étrange coïncidence ”, constate le Daily Mail, ces chefs d’État ont vu leur carrière politique s’arrêter brusquement quelques mois plus tard. Richard Nixon, emporté par le scandale du Watergate ; Ted Heath, pas reconduit à la tête du pays par les électeurs britanniques et Kakuei Tanaka, pour son implication dans une affaire de corruption. Ce phénomène et ses conséquences politiques ont même été popularisés en 1976 par un film de la BBC, VIP ou Very Important Pandas.

Une vieille rivalité politique avec son prédécesseur

Mme Thatcher était clairement réticente à l’idée de prendre ce risque ”, avance le quotidien de droite. Et ne souhaitait surtout pas être associée à son meilleur ennemi Ted Heath, à l’origine de l’arrivée du mâle panda en question au zoo de Londres. Bien lui en a pris, puisque la Dame de fer est restée neuf années de plus au pouvoir, remportant largement deux élections en 1983 et en 1987.

Reste que, ironise The Guardian, “ son hostilité à l’égard de ces animaux détonnait avec son empressement à rencontrer Richard Nixon, président tombé en disgrâce, alors même que plusieurs fonctionnaires le lui avaient déconseillé ”. Au cours de leur rencontre survenue en 1982 à Londres, il est fort à parier, conclut le journal, que “ le sujet des pandas n’a pas été évoqué ”.
Source : Courrier International.
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Re: Le panda, un enjeu diplomatique

Messagepar Philippe » Dimanche 06 Mai 2018 22:52

Voici le lien vers un article de Radio-Canada intitulé " Les pandas, poule aux oeufs d’or ou gouffre financier ? " difficile à partager dans son intégralité ici et certainement plus lisible directement sur le site du média canadien : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/10 ... t-retombee
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Re: Le panda, un enjeu diplomatique

Messagepar Philippe » Dimanche 22 Juillet 2018 17:31

L’incroyable voyage des pandas chinois offerts à Pompidou

En 1973, la Chine de Mao offre au président français Pompidou deux « trésors nationaux » de la République populaire, les pandas Yen Yen et Li Li. Pour rejoindre la France, ils ont voyagé à bord d’un avion de ligne. A leurs côtés, des passagers estomaqués !

C’est l’animal-star de l’été qui dope la fréquentation du zoo de Beauval (Loir-et-Cher). Yuan Meng, premier bébé panda né sur le sol hexagonal, soufflera le 4 août 2018 sa première bougie sous les projecteurs. Le fils de Huan Huan et Yuan Zi, couple loué à prix d’or à la Chine depuis son arrivée en France en 2012, aura droit pour l’occasion à un véritable gâteau d’anniversaire.

Quarante-cinq ans plus tôt, deux autres pandas font sensation en France, arrivés eux aussi de Chine... directement par avion. Posées à l’arrière de la cabine du Boeing 707 d’Air France, deux cages imposantes en fer attirent l’œil des passagers qui débarquent aux toilettes. Gare aux hallucinations ! Entre deux grognements, des pattes à six doigts surgissent entre les barreaux pour s’emparer du menu 100% végétarien du jour et boulotter des pousses de bambou.

Bienvenue, en ce jour de décembre 1973, à bord du vol régulier Pékin-Paris, qui transporte des dizaines de bipèdes médusés et deux quadrupèdes baptisés Li Li et Yen Yen. Des pandas géants âgés d’un an et demi offerts, trois mois plus tôt, par le Premier ministre chinois Zhou Enlai au président Georges Pompidou, à l’occasion de la première visite officielle d’un chef d’Etat français sur les terres de la Muraille.

En 1972, déjà au nom de cette « diplomatie du panda », c’est le président américain Richard Nixon qui avait reçu en cadeau de la part de son alter ego Mao Zedong un couple de « trésors nationaux ».

Deux vétérinaires français pour ramener les pandas


Capturés dans les montagnes du Sichuan, Lili et Yen Yen ont été transférés au zoo de Pékin. Jean Rinjard, 51 ans, sous-directeur du zoo de Vincennes, et Marie-Claude Bomsel, jeune vétérinaire de 27 ans en action à la ménagerie du Jardin des plantes à Paris, sont dépêchés, en plein hiver, en République populaire.

Leur mission ? Ramener dans l’Hexagone le duo de boules de poils blancs et noirs. Un avion de ligne fera l’affaire. Les deux Français prennent place à côté des cages, auxquelles on épargne l’odyssée en soute. Ils sont accompagnés par trois Chinois, deux soigneurs et un interprète. « Ils ont immédiatement enlevé leur traditionnel uniforme bleu et ont revêtu un costume occidental », se souvient Marie-Claude Bomsel, auteure du livre « Mon Histoire naturelle » (Editions Arthaud).

« C’est bizarre, on dirait un mâle »


Toute la petite bande veille sur les plantigrades d’une bonne trentaine de kilos, qui découvrent la vie dans les airs. « Ils n’étaient pas du tout agressifs. Yen Yen mangeait calmement son bambou. Li Li, lui, plus chétif, était patraque et n’avait guère d’appétit », décrit-elle.

Bien avant le décollage, les autorités de l’Empire du Milieu ont présenté Li Li comme un mâle et Yen Yen comme une femelle. « Mais on a tout de suite eu un doute sur Yen Yen. On s’est dit : C’est bizarre, on dirait un mâle. On ne l’a pas ausculté de plus près par crainte de vexer les Chinois », explique-t-elle.

La première impression était la bonne, comme le confirmera « l’examen clinique » sur le sol français : Yen Yen appartient effectivement à la gent masculine. « Mais alors, comment annoncer aux Chinois qu’ils s’étaient trompés de sexe ? En fait, on n’a jamais osé leur en parler », confesse la spécialiste.

A 10 km au-dessus du plancher des vaches, la température à l’intérieur du long-courrier est abaissée à 15 °C, les V.I.P (Very important panda) préférant la fraîcheur à la chaleur. « Les passagers grelottaient et se plaignaient », raconte-t-elle.

Lors de l’atterrissage à la nuit tombée à Orly, une meute de « pandarazzis » veut immortaliser l’incroyable cargaison. Mais pas de clichés en vue : les deux cages sont recouvertes d’une bâche pour ne pas effrayer les exilés, en route vers le zoo de Vincennes, où ils retrouvent leurs esprits chacun dans une loge.

Yen Yen se rue sur Valéry Giscard d’Estaing

Le lendemain, une réception est organisée pour accueillir solennellement les nouveaux pensionnaires. L’épouse du Premier ministre Pierre Messmer, Gilberte, fait partie des invités. Elle porte un manteau en... fourrure. « Il y a eu comme une petite gêne », sourit Marie-Claude Bomsel.

En 1981, Valéry Giscard d’Estaing, en visite au zoo de Vincennes alors que sa fille y effectue un stage vétérinaire, décide d’entrer dans la loge de Yen Yen pour une photo-souvenir. Mais, soudain, la bête se dresse sur ses pattes arrières toutes griffes dehors puis se rue sur l’intrus.

Le soigneur parvient à s’interposer et exfiltrer VGE. «Imaginez ce qu’eurent été les commentaires si j’avais été terrassé par l’animal », a raconté, plusieurs décennies après cet incident, l’ancien locataire de l’Elysée.

Quant à Li Li, qui ne semblait vraiment pas dans son assiette dans l’avion, il succombe d’une tumeur au pancréas quatre mois après son arrivée. Son compagnon, lui, dopé aux bambous de Charente et à la bouillie de lait, d’œufs, de pommes et de bananes, franchira le siècle, disparaissant en janvier 2000 à l’âge canonique de près de 28 ans.

Image
L’un des deux pandas avec un soigneur chinois, à son arrivée au Zoo de Vincennes en 1973.

Image
Au centre, Jean Rinjard et Marie-Claude Bomsel, sur la Muraille de Chine.
Source : Le Parisien.
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Re: Le panda, un enjeu diplomatique

Messagepar okapi » Dimanche 22 Juillet 2018 18:11

Merci Philippe!
Vous imaginez les pandas de Beauval transportés à l'arrière de la cabine d'un vol régulier?
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Re: Le panda, un enjeu diplomatique

Messagepar Philippe » Mardi 04 Juin 2019 10:58

Petite géopolitique de l’économie des pandas

Contrairement aux idées reçues, la diplomatie chinoise du panda protège cette espèce en voie de disparition...


Atlantico : Selon un article publié sur le site de la BBC, dans le cadre d'un programme d'élevage en captivité visant à sauver l'espèce de l'extinction, la Chine a actuellement prêté (ou loué) des pandas à 26 zoos dans 18 pays. Bien que leur état de conservation ne soit plus « menacé », il ne resterait que 500 à 1000 pandas adultes dans la nature, dans six chaînes de montagnes isolées du centre-sud de la Chine. Qu'en est-il réellement ?

Jérôme Pouille : Il y a deux inexactitudes dans l'article de vos confrères de la BBC. Tout d'abord, le nombre de pandas prêtés (loués) par la Chine aux Nations amies évolue plus ou moins régulièrement ; or récemment, il y a eu pas mal de changements : Copenhague a reçu sa paire de pandas le 4 avril dernier, San Diego a renvoyé ses pandas en Chine le 16 mai dernier et enfin Moscou a reçu une paire le 29 avril dernier.

Ainsi, à ce jour et sans compter le cas de Taïwan (dont la Chine revendique la souveraineté et dont les pays occidentaux restent très flous diplomatiquement sur l'indépendance ou non de Taïwan), il y a 61 pandas hébergés dans 20 pays et 24 zoos hors de Chine. Voici la carte à jour de ces zoos et des pandas sur cette page de mon site :
https://www.panda.fr/ou-voir-des-pandas.html

Concernant le nombre de pandas géants à l'état sauvage. Selon les données du quatrième recensement national des pandas géants et de leur habitat (le plus récent à ce jour) réalisé de 2011 à 2014 et dont les résultats ont été publiés fin février 2015, il y a 1.864 pandas géants à l'état sauvage (dans leur milieu naturel) âgés de plus d'un an et demi (les pandas âgés de moins d'un et demi ne sont pas comtés).
L'union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) qui évalue l'état de conservation des espèces considère qu'environ 1.040 de ces 1.864 pandas sauvages sont matures c'est-à-dire en âge de se reproduire. La tranche 500-1.000 citée par la BBC correspond à la tranche d'individus matures retenue pour la qualification du critère en question pour l'évaluation de la vulnérabilité et qui par prudence a classé le panda dans la tranche " 500-1000 individus matures " car avec l'incertitude et 1.040 n'étant pas très éloigné de 1000, ils considéraient ce classement comme plus prudent.
e souhaitais préciser ce point car il convient de bien faire la différence entre "nombre d'individus sauvages total : 1864", "nombre d'individus sauvages matures : environ 1040" et "classe UICN où est placé le panda sur le critère du nombre d'individus matures : classe 500-1000 par prudence".

Enfin, au sujet du statut de menace du panda géant. Certes le panda géant était précédemment classé « en danger » et ce depuis 1990, puis il a été reclassé dans la catégorie « vulnérable », celle juste au niveau inférieur, en septembre 2016 en prenant pour référence les données du quatrième recensement. Or le statut UICN "vulnérable" est toujours un des 3 statuts où l'UICN considère l'espèce comme menacée.
Le panda reste donc menacé même si sa situation dans le milieu naturel s'est améliorée et donc si son risque d'extinction est plus faible.

La reproduction en captivité prônée par la Chine se révélerait peu efficace car le nombre de naissances au zoo est assez faible. Le dilemme entre conservation et reproduction est-il insoluble ?

La reproduction en captivité est toujours délicate pour des espèces solitaires qui ne se rencontrent qu'à un moment précis dans l'année pour se reproduire. En effet, dans le cas du panda géant, mâles et femelles sont solitaires et ne se rencontrent que durant la saison des amours, de mi-mars à mi-mai.
Comme chez toute espèce solitaire, la communication chimique (marques odorantes déposées dans le territoire) et vocale (cris) est fondamentale pour que les individus puissent rentrer en contact et surtout s'approprier / s'accoutumer les uns les autres. C'est l'accomplissement de tout ce processus de communication en amont qui est la clef du succès lors de la rencontre entre mâles et femelles pour que la femelle accepte le mâle et pour que les mâles puissent évaluer le statut reproducteur de la femelle. L'accouplement peut alors avoir lieu.

La grosse difficulté en captivité est le propre de l'hébergement entre 4 murs qui compromet l'expression de ces comportements - et surtout leurs investigations par les congénères - indispensables pour la mise en contact. Ainsi, pendant longtemps, tant que ce processus complexe de communication chez une espèce solitaire n'était pas maîtrisé, les mises en contact (regrouper un mâle et une femelle dans un même enclos au moment de la saison des amours - pour mémoire le reste de l'année ils sont 1 par enclos comme pour toute espèce solitaire) étaient vouées à l'échec (la femelle n'acceptant pas le mâle car le processus d'habituation en amont n'ayant pu s'exercer librement).

Aujourd'hui les choses ont bien changé, même si la captivité limite ce processus, la meilleure compréhension de cette communication préalable a conduit les gestionnaires de zoos à régulièrement interchanger mâle et femelle de leurs enclos respectifs au printemps pour qu'ils puissent investiguer les marquages odorants notamment de leurs congénères potentiels. Ainsi, en Chine, depuis une dizaine d'années, de plus en plus de naissances en captivité sont issues d'accouplements naturels et le nombre de naissances n'a fait qu'augmenter (49 bébés pandas sont nés en 2018 dont 45 ont survécu !).

Là où cela reste encore compliqué est dans les zoos qui n'hébergent qu'une seule femelle et un seul mâle (= les zoos étrangers où sont prêtés des pandas!). En effet, dans la nature, la femelle "sélectionne" les mâles avec qui elle va s'accoupler, or dans les zoos qui n'ont qu'un seul mâle, la femelle n'a pas le choix et en cas de problème de compatibilité, il n'y a pas de reproduction... comme c'est le cas pour l'instant à Adélaïde, zoo auquel fait référence l'article de la BBC.
Ce qu'il faut retenir est que la captivité limite l'expression des comportements naturels et normaux de l'espèce et que c'est cette limite qui compromet les chances de reproduction et donc de naissance, et non pas la biologie intrinsèque de l'espèce.

Toujours au sujet de votre première question, il ne convient pas d'opposer conservation et reproduction. En effet, le terme de conservation est davantage tourné vers les efforts engagés pour la sauvegarde de l'espèce dans son milieu naturel. Or en ce qui concerne le panda géant, il n'a aucune difficulté à se reproduire à l'état sauvage et les politiques de conservation portent davantage sur la protection de son habitat et la reconnexion de poches d'habitats fragmentées. Pour rappel, les menaces persistantes pour le panda sont la fragmentation et la disparition de son habitat naturel. Tous les autres maux sont des conséquences de ces 2 menaces.

La reproduction concerne plutôt les pandas captifs, et comme je l'ai décrit plus haut, aujourd'hui il n'y a pas de réelle difficulté si ce n'est la captivité qui entrave la pleine expression des comportements naturels.

Ainsi, la problématique de la reproduction en captivité n'a rien à voir avec la problématique plus large de la conservation de l'espèce à l'état sauvage.

À plusieurs reprises, le gouvernement chinois a utilisé des pandas afin de renforcer des relations internationales ou de tisser des accords commerciaux (en 2012, par exemple, la Chine a envoyé quatre pandas dans des zoos canadiens à la conclusion d'un accord sur la protection des investissements étrangers). La "diplomatie des pandas" met-elle en valeur ou en danger les pandas ?

Le panda géant est considéré comme un trésor national en Chine. Le prêt d'un couple de pandas par la Chine n'est consenti qu'aux Nations amies, qui par conséquent ont déjà des liens étroits avec la Chine sur les terrains culturels, commerciaux, diplomatiques et plus globalement en termes d'entente bilatérale. Ainsi, le prêt de pandas ne vient que renforcer / concrétiser un contexte global diplomatique et commercial plutôt positif. D'ailleurs, la Chine a des relations commerciales avec bien davantage de Nations que les seules à héberger des pandas. Il convient donc d'être prudent et de ne pas conclure trop vite que c'est en signant de gros contrats commerciaux qu'un pays obtient des pandas. Ce n'est pas aussi direct que cela.

Encore une fois, c'est un contexte global, en plus d'une volonté du pays demandeur d'avoir des pandas, qui va permettre un aval de la Chine pour un prêt. Inversement, quand les relations diplomatiques et commerciales se tendent, là cela devient très compliqué pour le pays demandeur d'avoir des pandas.

La clef pour recevoir des pandas est des relations diplomatiques au beau fixe (et c'est aussi lorsqu'elles sont au beau fixe que les relations commerciales sont importantes et toutes sortes d'autres échanges, culturels,...).

Pour répondre à votre dernière question, la diplomatie du panda met plutôt en valeur l'animal, en ce qu'elle le fait connaître et attire les projecteurs sur lui (permet de lever des fonds, de faire émerger des programmes de recherche scientifique, de faire de l'éducation à la conservation et plus globalement de sensibiliser). On ne protège que ce que l'on connaît et c'est en créant un sentiment, une émotion que l'on déclenche un besoin de protection de ce qui nous entoure. Enfin, accessoirement, le prêt de pandas aux Nations étrangères s'accompagne du versement d'un loyer annuel par le zoo receveur, et cet argent est réinvesti en partie en Chine pour la conservation des individus sauvages.

Parmi les arguments contre la conservation de pandas dans des zoos, la question de la rentabilité économique revient souvent, garder un panda coûtant généralement cinq fois plus cher que garder un éléphant. Comment continuer à protéger les pandas tout en répondant aux exigences économiques, politiques et environnementales de leur conservation ?

Le premier objectif de la conservation d'une espèce animale quelle qu’elle soit ne devrait pas être la question de la rentabilité économique, mais plutôt de la faire connaître, de sensibiliser autour des menaces qui pèsent sur elle et son habitat, bref de faire de l'éducation à la conservation.
Le panda géant ne déroge pas à cette règle et tout zoo qui se respecte qui héberge cette espèce a pour premier objectif de conserver l'espèce, de la faire connaître, de sensibiliser, de participer à des programmes de conservation in situ, et non de "faire de l'argent".
Ainsi toutes les espèces ne représentent pas le même coût d'hébergement pour un zoo et il est vrai que le panda géant est plutôt coûteux pour une institution zoologique (le loyer, les frais de recherche scientifique, les frais pour l'approvisionnement en bambous, les coûts de formation...) tout comme les koalas par exemple. Mais un zoo qui héberge de nombreuses espèces va trouver un certain équilibre entre les espèces "peu coûteuses" en termes d'hébergement par rapport aux "plus coûteuses".
Mais encore une fois, il serait très limitant de se borner au seul critère coût, il convient plutôt de voir tout cela dans un ensemble selon les objectifs de conservation qu'un zoo donné va vouloir porter. Ainsi, héberger un couple de pandas géants relève plus du prestige et la popularité de cette espèce va permettre d'attirer des visiteurs qui en profiteront pour visiter le zoo dans sa globalité et découvrir des espèces moins connues qu'ils n'auraient peut-être jamais découvert sans l'attrait initial du panda.

La Chine a pris la mesure de l'importance de la protection du panda géant dans son habitat naturel, une protection qui ne doit pas s'inscrire en opposition avec l'hébergement de pandas géants en captivité. De très nombreuses avancées scientifiques et connaissances découlent de recherches qui ont été menées à partir des individus captifs et n'auraient pas été possibles avec des pandas sauvages très élusifs. Ces connaissances par contre trouvent des prolongements pour les pandas sauvages en ce qu'elles permettent de mieux protéger son habitat et de mieux comprendre quels sont les facteurs déterminants chez cette espèce sur lesquels influer prioritairement pour axer les fonds de la conservation.
Si le panda géant n'était pas si populaire en captivité, nul doute aujourd’hui que son statut à l'état sauvage serait pire. Et protéger le panda géant dans son milieu naturel, c'est protéger un écosystème entier, parmi les plus riches du monde en termes de biodiversité spécifique, et c'est donc protéger des centaines d'autres espèces animales ou végétales, moins connues ou moins emblématiques, qui bénéficient alors du "parapluie" du panda.
Source : Atlantico.
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Re: Le panda, un enjeu diplomatique

Messagepar Philippe » Dimanche 28 Juillet 2019 7:52

La diplomatie du panda profite-t-elle vraiment à sa protection ?

Depuis plus de soixante ans, la Chine donne et prête de nombreux pandas à des pays étrangers. Cet animal menacé est devenu un instrument des relations diplomatique du pays.

Au mois d’avril 2019, le zoo de Moscou recevait un couple de pandas de la part de la Chine. En 1957, la Russie avait été le premier pays à bénéficier du don d’un panda par la République populaire de Chine.

Pourquoi le panda, espèce menacée, est-il si prisé depuis soixante-deux ans ? Et quel impact cette pratique a-t-elle sur sa conservation ? Presque inconnu il y a encore un siècle, le panda est aujourd’hui devenu pour la Chine, un instrument de projection de son soft power à l’étranger, un visage plus avenant de sa politique étrangère.

Première rencontre

Adorable et maladroit, le panda est aujourd’hui universellement apprécié : emblème du Fonds mondial pour la nature (WWF), héros du film d’animation Kung Fu Panda, véritables stars des parcs zoologiques, le panda nous est désormais familier. Mais au XIXe siècle, le panda est plutôt une bizarrerie scientifique que la vedette des zoos.

Nous avons profité de l’installation de deux spécimens historiques de pandas au Muséum d’histoire naturelle, pour rencontrer Cécile Callou, conservatrice au Muséum, qui nous en a dit un peu plus sur l’histoire du panda. Dans le cadre du parcours Chine, présentant dix espèces végétales et animales chinoises au Jardin des Plantes, ces pandas sont visibles par le public aux côtés des 250 autres espèces de la salle des espèces menacées et disparues.

Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle que l’Occident découvre le panda, grâce aux travaux d’un missionnaire lazariste, qui en fait une première description lors d’un voyage en Chine en 1869. Le père David arrive en Chine en qualité d’évangélisateur, mais aussi de zoologiste et naturaliste pour le compte du Muséum.

S’il décrit le panda scientifiquement pour la première fois, « cette espèce est déjà connue des populations locales depuis longtemps », nous rappelle Cécile Callou, en nous décrivant les voyages du missionnaire : ce sont des chasseurs locaux qui amènent au père David l’ourson et la femelle qui serviront à la première description de cette nouvelle espèce, lors d’une expédition dans le Sichuan. Le père David s’empresse de faire parvenir leurs peaux au Muséum, qui les naturalise.

Ils sont exposés depuis peu dans la salle des espèces menacées et disparues : en parfait état de conservation, ils témoignent de la première rencontre entre l’étranger et le panda. Pourtant, ce dernier intéresse à l’époque beaucoup moins la communauté scientifique que d’autres spécimens observés par le père David, tel qu’Elaphurus davidianus, auquel il donne son nom.

Peu à peu, néanmoins, le panda s’est affirmé comme animal à part, d’abord en tant que curiosité biologique, puis comme véritable trésor national pour la Chine, et égérie des zoos étrangers qui l’accueillent. Les ours du père David sont désormais bien plus que des curiosités aux airs de peluche : la République Populaire de Chine en a fait d’influents émissaires, qu’elle envoie aux quatre coins du monde.

Le panda diplomate


Ces pacifiques pensionnaires des zoos du monde entier sont en effet les protagonistes de ce qu’on appelle généralement la « diplomatie du panda ». Cette stratégie diplomatique chinoise consiste à louer des pandas à des pays étrangers pour des périodes de dix à quinze ans, en échange de sommes importantes d’argent (la France loue par exemple ses pandas 750.000 euros par an).

Ces prêts sont censés symboliser la bonne entente des deux nations, et sont toujours des évènements d’importance. Au début du mois de juin, Vladimir Poutine inaugure avec Xi Jinping la maison des pandas du zoo de Moscou, où sont arrivés fin avril un couple de pandas. Il considère que ce geste est « un signe de respect particulier pour la Russie ».

Cette dernière n’est d’ailleurs que le dernier pays en date à recevoir un couple de panda. La Chine pratique la diplomatie du panda depuis les années 1950, et l’extension progressive de ses relations diplomatiques dans les décennies suivantes est ponctuée de dons de pandas. Ainsi, en 1972, un couple de pandas est offert aux États-Unis, signe de réchauffement des relations entre les deux pays.

Bien que les modalités de prêt aient changé, passant du don à la location à court terme, puis à long terme aujourd’hui, le principe de la diplomatie du panda reste à peu près le même. Le panda présente au monde un visage avenant de la Chine, et favorise les rapprochements diplomatiques, et plus récemment, les partenariats commerciaux.

Une étude de l’université d’Oxford, publiée en 2013 dans la revue Environmental Practice souligne la coïncidence entre l’arrivée de pandas et la signature de contrats commerciaux importants entre la Chine et le Canada, la France, l’Écosse ou encore l’Australie, ainsi que d’accords de libre-échange avec des pays asiatiques voisins.

La prépondérance des considérations politiques dans le prêt de ces oursons se confirme quand on regarde d’un peu plus près les polémiques suscitées par la diplomatie du panda. En 2005, la Chine offre à Taiwan un couple de pandas. Ce don avait suscité la méfiance de nombreux Taïwanais, voyant ce don comme une menace vis-à-vis de la souveraineté de l’île. En 2010, la Chine avait aussi demandé le rapatriement des pandas du zoo de Washington, à la suite de la rencontre entre Barack Obama et le Dalaï Lama.

Dans son ouvrage Panda Nation : The Construction and Conservation of China’s Modern Icon paru en 2018, E. Elena Songster, chercheuse au St. Mary’s College of California, décrit le panda comme un véritable « instrument de la diplomatie » et un symbole de la République Populaire de Chine.

Captivité et réintroduction

La Chine cherche depuis des années à améliorer son image sur le plan environnemental. Si elle utilise la diplomatie du panda pour appuyer ses intérêts, cette dernière a néanmoins un impact positif au niveau de la protection de cette espèce.

La Chine a fourni de véritables efforts dans la conservation de cette espèce, encouragée par la popularité du panda à l’étranger. Les sommes issues de la location des pandas à l’étranger sont destinées à la conservation, mais l’on ne sait pas avec certitude comment elles sont dépensées.

Avec la création de nouvelles réserves naturelles, des programmes de reforestation et une lutte contre le braconnage, les efforts entrepris depuis les années 1980 par la Chine pour protéger sa biodiversité ont démontré leur efficacité. En 2016, l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) a fait passer le panda du statut « en danger » à celui de « vulnérable ». Mais ces efforts ont toutefois des limites, l’habitat naturel des pandas reste menacé.

Cécile Callou nous explique que le panda « n’est pas très friand de la proximité de l’homme », et que « du point de vue de son environnement, il a besoin de forêts anciennes », et d’énormément de bambou, sa principale source d’alimentation. Or, malgré les efforts de reboisement « la zone naturelle du panda a tendance à se restreindre », du fait de la lenteur du processus de reforestation, de l’urbanisation, de l’activité humaine et de la fragmentation de ses zones d’habitat.

D’autre part, ces menaces sur l’habitat s’accompagnent de difficultés à réintroduire le panda dans la nature. En effet, sa conservation passe en grande partie par les naissances et l’élevage en captivité, ce qui a permis à la population de pandas d’augmenter. Il entraine néanmoins une certaine dépendance de l’animal vis-à-vis de l’humain, ce qui complique la réintroduction.

Selon Cécile Callou il est « dommage d’avoir des animaux qui sont exclusivement ou très majoritairement dans des zones sous contrôle ». Ainsi, si les centres de protection continuent d’encourager les naissances, les petits pandas ne sont pas immédiatement destinés à la réintroduction. En revanche, ils pourront être envoyés auprès de zoos étrangers dans le cadre de la diplomatie du panda, ou alors satisfaire les touristes venus passer la journée avec les oursons dans les centres de protection.

Nous avons interrogé la présidente de l’association Code Animal, spécialisée dans la lutte contre la captivité de la faune sauvage, qui confirme qu’il faudrait « privilégier la protection in situ », plutôt que d’élever des pandas qui auraient du mal à survivre par eux-mêmes. Mais la dégradation de leur habitat naturel rend la chose difficile.

Une marchandise


Notre conversation avec Alexandra Morette a en outre soulevé au sujet de la diplomatie du panda des interrogations moins souvent abordées. À ses yeux, cette pratique « transforme le panda en objet, en marchandise qu’on loue ». Elle proteste contre cet usage, soulignant qu’en 2019, « il y a d’autres moyens de mettre en place des partenariats diplomatiques que de louer des animaux, même si c’est une espèce emblématique de la Chine ».

Alors que la popularité du panda est pour beaucoup une manne, Alexandra Morette critique les zoos qui « capitalisent sur son potentiel mignon pour booster des ventes », en montrant au public « ce qu’il veut voir ou croit vouloir voir » et perpétuant la demande de pandas en captivité, plutôt que de promouvoir la conservation des individus en milieu naturel.
Source : RFI.
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Re: Le panda, un enjeu diplomatique

Messagepar Philippe » Dimanche 28 Juillet 2019 15:01

L'enjeu est certes " commercial " mais aussi éminemment politique :
Tchéquie : l'ambassade de Chine appelle la mairie de Prague à respecter la politique de la « Chine unique »

L'ambassade de Chine en République tchèque a appelé la mairie de Prague à ne pas porter atteinte aux intérêts de la Chine en lien avec Taïwan et le Tibet. D'après un communiqué de l'ambassade, Prague devrait agir selon les intérêts commun des deux pays. Le ministère chinois des Affaires étrangères s'était déjà exprimé de manière similaire il y a quelques temps. Les représentants de la coalition municipale actuellement en place à la mairie de Prague ont en effet récemment décidé de supprimer la mention relative à la reconnaissance par Prague d'une « Chine unique » dans l'accord de partenariat existant avec Pékin. Samedi, le mairie de Prague Zdeněk Hřib a réagi, estimant que l'ambassade mêlait la haute politique aux relations entre les deux villes.

Cet accord de partenariat entre Prague et Pékin a été signé en 2016 par l'ancienne marie, Adriana Krnacova. La mention d'une « Chine unique » avait alors suscité une vague de protestations. L'équipe en place à l'époque s'était justifié en révélant que Pékin avait conditionné la mention en question au prêt d'un panda au zoo de Prague. A ce jour, celui-ci n'a toujours pas fait l'objet d'un quelconque prêt.
Source : Radio Praha.
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Re: Le panda, un enjeu diplomatique

Messagepar Philippe » Vendredi 23 Août 2019 9:42

L'ambassadeur de Chine en visite au zoo de Beauval et à Chambord les 26 et 27 août 2019

Lu Shaye, ambassadeur de la République populaire de Chine en France, sera les 26 et 27 août 2019 en déplacement en région Centre-Val de Loire. Une visite du zoo de Beauval et du château de Chambord sont notamment au programme.

Un tour au zoo de Beauval lundi 26 août 2019 pour s’enquérir de la bonne santé du couple de pandas et de leur rejeton, tous citoyens de la République populaire de Chine, et une visite express mardi 27 août des châteaux d’Amboise, du Clos Lucé et de Chambord dans le cadre des 500 ans de Renaissance en Centre-Val de Loire : voilà ce qui figure au programme de Lu Shaye, ambassadeur de Chine en France.

La visite du ZooParc de Beauval sera guidée par Delphine et Rodolphe Delord. Le précédent déplacement d'un ambassadeur de la République populaire de Chine au zoo avait eu lieu en novembre 2012, pour l'inauguration officielle de l'arrivée du couple de pandas, Huan Huan et Yuan Zi, à Beauval.

Cette visite lundi sera suivie d’un dîner officiel, en présence de François Bonneau, président du conseil régional. L’occasion de rappeler que le Centre-Val de Loire entretient des liens étroits avec la Chine à travers un accord de coopération avec la province du Hunan, conclu depuis 1991 et réactivé en 2006.

Image
La précédente visite d'un ambassadeur de Chine au zoo de Beauval remonte à 2012.
Source : La Nouvelle République du Centre-Ouest.
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Re: Le panda, un enjeu diplomatique

Messagepar Philippe » Jeudi 29 Août 2019 5:43

L'avenir des pandas de Beauval au cœur de la visite de l'ambassadeur de Chine

L’ambassadeur de Chine en France était en Val de Loire. Il s’est rendu lundi 26 mars 2019 au ZooParc de Beauval. L’occasion d’évoquer l’avenir des pandas.

Les pandas de Beauval sont sans doute les plus célèbres des Chinois installés en France. Il est donc assez logique que Son Excellence Lu Shaye ait choisi de leur rendre visite pour son premier voyage officiel, hors de Paris, depuis sa nomination en France fin juillet. Ce lundi, l’ambassadeur a pu arpenter les allées du ZooParc de Saint-Aignan, guidé par Rodolphe et Delphine Delord. « C’était une première visite, pour moi, a confié le diplomate. J’ai vu que les animaux avaient beaucoup d’espace et qu’ils pouvaient vivre heureux ici. »

Se disant très favorable à ce que l’on l’appelle « la diplomatie du panda », Lu Shaye a pu assister au dîner de Yuan Meng et sa mère, Huan Huan. Il a émis le souhait que « d’autres bébés pandas naissent » à Beauval.

Un souhait partagé par le directeur du parc, Rodolphe Delord. Il espère bien assister à la naissance de « jumeaux l’an prochain ». Sa sœur, en charge de la communication du ZooParc précise : « Huan Huan n’a pas eu de chaleurs cette année : il n’y a pas pu avoir de mise en relation avec Yuan Zi. Ce qui n’est pas étonnant car elle était toujours avec Yuan Meng, mais dès 2020, il faudra qu’elle soit séparée de son petit, comme cela est le cas dans la nature… »

Le petit panda devient grand, il a fêté ses 2 ans le 4 août. Il devrait rejoindre la Chine d’ici un à deux ans. Il contribuera à la sauvegarde de son espèce (*). « Nos chercheurs travaillent depuis une dizaine d’années pour favoriser le retour des pandas dans la nature : il y a actuellement des essais en Chine, mais c’est un processus compliqué », a expliqué l’ambassadeur.
Objectif : que Yuan Meng devienne père L’avenir de Yuan Meng est plutôt au centre de reproduction de Chengdu. « Il ne pourra certainement pas être réintroduit en milieu naturel car les bébés y sont habitués dès tout petits. Mais Yuan Meng a un bon patrimoine génétique et l’objectif est qu’il puisse devenir le père de nombreux petits pandas », précise Delphine Delord.

L’avenir de Huan Huan et Yuan Zi est lui aussi en suspens. Le couple de pandas est arrivé en Loir-et-Cher en janvier 2012 pour une durée de dix ans. Les « discussions » ont déjà commencé entre les deux pays pour le renouvellement de leur bail. « La décision finale revient aux présidents des deux pays », rappelle Delphine Delord. La visite de « tous les présidents de la République française » et celle, donc, de l’ambassadeur de Chine sont déjà des signaux positifs.

(*) En 2016, le panda géant a été déclassé en tant qu’espèce « en danger » pour rejoindre les espèces dites « vulnérables » sur la liste mondiale des espèces menacées d’extinction de l’Union internationale pour la conservation de la nature.
Source : La Nouvelle République du Centre-Ouest.
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Re: Le panda, un enjeu diplomatique

Messagepar Philippe » Samedi 31 Août 2019 18:10

Les pandas géants de Washington pourraient être renvoyés en Chine dans le cadre de la dernière guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine

M. Trump a maintes fois reproché au pays de traiter " injustement " l'Amérique et son gouvernement est sur le point d'imposer des droits de douane de 15% sur des importations chinoises totalisant 112 milliards de dollars aujourd'hui .

Beijing a averti qu'elle disposait de moyens " suffisants " pour exercer des représailles, mais a également indiqué sa volonté de poursuivre les négociations.

Le zoo a indiqué qu'il n'avait pas encore entamé de discussions avec les Chinois sur le bail de Mei Xiang et de Tian Tian, ​​mais qu'il espérait que les pandas seraient en mesure de rester. Cependant, il semble que le gouvernement chinois souhaite suspendre les négociations jusqu'à l'élection présidentielle américaine de novembre 2020, lorsque le paysage politique deviendra plus clair.

« Nos accords sont basés sur la science entourant les pandas géants », a déclaré Pamela Baker-Masson, porte-parole du zoo, au Washington Post. « Nous avons beaucoup accompli au cours des 40 dernières années. Les deux parties doivent maintenant se pencher sur les objectifs scientifiques à venir et partir de là. "

La Chine a envoyé à Mei Xiang et Tian Tian en 2000 un bail de 10 millions de dollars au zoo pour une durée de 10 ans. Le bail a été renégocié en 2011 pour une durée de cinq ans et coûtait 500.000 dollars par an. Un autre accord a été conclu en 2015 pour prolonger le bail jusqu'à la fin de 2020.
Source : https://news-24.fr
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Re: Le panda, un enjeu diplomatique

Messagepar Philippe » Mardi 10 Septembre 2019 16:40

Le Zoo de Berlin rejette l’idée de nommer des bébés pandas « Hong » et « Kong »

Le zoo de Berlin a déclaré qu'il souhaitait « se démarquer complètement » des informations concernant le fait de nommer deux bébés pandas « Hong » et « Kong », alors que des internautes chinois en colère ont demandé à la base chinoise de recherche sur les pandas de mettre fin à sa coopération avec l'Allemagne.

Le journal berlinois Tagesspiegel a récemment effectué un sondage demandant à ses lecteurs de suggérer des noms pour les jumeaux pandas nés au Zoo de Berlin le 31 août. Les noms « Hong » et « Kong » étaient arrivés en tête de ce sondage. Parmi les autres choix, on trouvait aussi les noms de « Joshua Wong Chi-Fung » et de « Agnes Chow Ting », deux dirigeants sécessionnistes.

Bild, un autre média allemand, a également appelé les Berlinois à choisir « Hong » et « Kong », une initiative visant apparemment à soutenir les manifestants radicaux de Hong Kong.

Le sondage a provoqué la colère de nombreux internautes chinois sur les plateformes de réseaux sociaux depuis la semaine dernière, avec des messages comme « Nous n'acceptons pas de tels noms » ou « S’il-vous-plaît, ramenez nos pandas », sur Sina Weibo, le Twitter chinois. « Les pandas géants appartiennent à la Chine, ne les politisez pas en ayant des arrière-pensées », a commenté un internaute.

Certains internautes ont également reproché aux médias allemands d'induire en erreur les lecteurs dans leurs reportages sur les événements de Hong Kong.

« Nous voulons complètement nous démarquer de ces reportages sur la nomination des jumeaux pandas », lit-on dans un courriel envoyé lundi par le zoo de Berlin au Global Times. Le zoo de Berlin choisira des noms appropriés pour les bébés pandas avec les partenaires chinois de la Base de recherche sur la reproduction du panda géant de Chengdu, a fait savoir le zoo, notant que même s’il n'avait pas communiqué pour suggérer un nom particulier, chaque décision sera prise après une discussion approfondie avec les collègues chinois.
« Nous sommes très fiers d'avoir Meng Meng et Jiao Qing [les parents des bébés pandas] comme envoyés spéciaux de la Chine, et nous sommes très heureux de la naissance des bébés pandas », a souligné le zoo, ajoutant que les petits pandas se développaient bien et faisaient preuve d’agilité. La Base de recherche sur la reproduction du panda géant de Chengdu a d’ailleurs déclaré lundi au Global Times qu’elle était responsable en dernier ressort de la nomination des pandas nés à l'étranger, sans fournir de détails supplémentaires.

Diao Kunpeng, un expert en pandas du Centre de conservation Shan Shui, une ONG basée à Beijing, a remarqué que la nomination des pandas nés à l'étranger est généralement basée sur un consensus entre le zoo et la base de Chengdu, mais que cette dernière avait le dernier mot. « Politiser le nom des pandas est hautement inapproprié, et je pense que la base de Chengdu ne sera pas d'accord », a déclaré M. Diao.

Les experts ont également critiqué les médias allemands pour avoir tenu des propos irresponsables relatifs aux affaires de Hong Kong et pour s'immiscer dans les affaires intérieures de la Chine. « Leur stratagème est voué à l’échec », a commenté M. Diao.

Adorés dans le monde entier, les pandas géants sont souvent utilisés comme ambassadeurs de bonne volonté pour promouvoir l’amitié entre la Chine et d’autres pays. La base de Chengdu mène des programmes de recherche scientifique avec sept pays, dont le Japon, les Etats-Unis, l’Allemagne et le Danemark, selon la base.

« La Chine, forte de son expérience en matière d'élevage de pandas, et les pays occidentaux, tels que les Etats-Unis, avec leurs technologies avancées, pourraient mener conjointement des recherches génétiques ou comportementales sur les pandas », a remarqué M. Diao.

La suggestion des médias allemands concernant les pandas a été faite avant la visite en Allemagne du militant hongkongais Joshua Wong Chi-fung, qui était prévue pour cette semaine. Il devait selon les médias participer notamment à des événements organisés par Bild. M. Wong, qui a été moqué par les internautes chinois le traitant de « clown politique » qui cherchait à gagner les faveurs des forces étrangères, a été arrêté dimanche à l’Aéroport international de Hong Kong pour avoir enfreint les restrictions sur les voyages qui faisaient partie des conditions de sa mise en liberté sous caution. Il a été libéré sous caution lundi matin.
Source : http://french.china.org.cn/
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Re: Le panda, un enjeu diplomatique

Messagepar Vinch » Mardi 10 Septembre 2019 17:36

Pourquoi pas Mao Zedong et Tenzin Gyatso ? :roll:
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