Pâques 2018 : Trio de la Rhur

Postez-ici vos comptes-rendus de visites dans les espaces zoologiques français et étrangers...

Pâques 2018 : Trio de la Rhur

Messagepar Therabu » Jeudi 05 Avril 2018 22:29

J'ai décidé quelques semaines avant le week-end de Pâques de me rendre à Cologne pour inaugurer cette année de visites zoologiques et essayer du nouveau matériel photographique. Je suis arrivé tôt le matin avec un bus de nuit, séjourné à proximité de la gare centrale avant de revenir lundi soir en Thalys. Il est encore tôt dans la saison et le printemps n'est cette année pas très avancé. A vrai dire, ce week-end a même été glacial et a vu le nord de l'Allemagne subir d'importantes chutes de neige qui ont d'ailleurs terrassé l'ensemble des installations du Vogelpark Marlow, à proximité de Rostock.
La météo était donc assez capricieuse avec selon les jours plus ou moins de pluie et des températures fraîches, ne dépassant pas les 10°et empêchant par conséquent la sortie de nombreuses bestioles rares et frileuses.

Comme pour Wroclaw, je vais prendre l'initiative d'émettre mon opinion sur ces parcs que je revisitais à chaud car les délais de traitement photo sont trop longs.

Wuppertal
Le principal centre d'intérêt pour moi à Wuppertal constituait la maison des oiseaux et notamment la serre de vol-libre qui rassemble de nombreuses espèces sud-américaines dont certaines très rares. Cette installation est un petit bijou, tout simple. Les visiteurs évoluent uniquement sur un coté de l'installation depuis une passerelle qui donne sur les frondaisons des arbres par le jeu du relief. Ainsi, la serre procure l'impression d'observer les oiseaux amazoniens depuis une tour d'observation. Comme dans la jungle, on entend plus les oiseaux qu'on ne les voit car ils ont à leur disposition de nombreux endroits où se planquer. Toutefois certaines espèces aiment venir se mettre en évidence quant les nombreux tangaras assurent l'animation de par leur activité.
La série "d'aquariums" qui constituent l'autre partie de la maison des oiseaux est moins intéressante et immersive, d'autant plus que de nombreuses espèces hébergées évoluent également dans la serre de vol libre.

Pas très loin, une autre installation plutôt récente et fort sympathique est la manchotière, un grand bâtiment abritant des manchots royaux et papous et où la vue sous-marine sur les animaux s'effectue depuis un tunnel en acrylique. La colonie de manchots royaux était impressionnante. Cela est notamment dû au fait que les 17 animaux de Bâle ont été envoyés à Wuppertal, le temps que leur installation soit refaite.

Wuppertal est aussi reconnu en raison de son installation pour les grands fauves qui m'avait particulièrement scotché la première fois. Les lions évoluent sur une immense prairie pentue, parsemée de différents observatoires. Leur installation est vraiment impressionnante de par sa superficie même si l'on peut regretter que tout l'espace ne soit pas occupé par les animaux et qu'un individu soit enfermé toute la journée dans l'enclos intérieur sans qu'un enclos secondaire ait été prévu.
Pour les tigres, l'absence de feuillage m'a permis de réaliser que la taille des enclos n'était pas immense et j'ai trouvé dommage que davantage d'espace n'ait pas été prévu ou un troisième enclos en coulisses. Cela reste tout de même un très bon enclos, qui à la belle saison permet d'observer les tigres dans des conditions très sympathiques.

Toujours chez les félins, Wuppertal a inauguré une nouvelle installation pour les onces qui crépissaient dans une petite volière auparavant. Il faut savoir que le zoo est construit sur une colline avec des reliefs prononcés. Les onces ont bénéficié du réaménagement de grandes volières à rapaces, partis du parc. Connectées, ces volières offrent un espace convenable aux félins, parsemés d'éboulis de rochers naturels et de plateformes pour se reposer et observer aux alentours. Surtout, elles permettent de diviser l'installation en trois enclos différents ce qui introduit de la souplesse dans la gestion des animaux. On peut par contre reprocher la faible profondeur des volières et le fait que l'installation reste finalement peu ambitieuse en terme d'espace. Il faut juste espérer que cela n'ait pas coûté trop cher. Le déplacement des petits pandas dans une volière contiguë est par contre loin de constituer une réussite.

Le reste des présentations des félins incluent la fauverie, un bâtiment avec des cages grillagées de faible superficie, consacré aux panthères nébuleuses, chat de Temminck, chacun représenté par de nombreux individus (6 tout de même chez les rares chats dorés) ainsi que les deux seules panthères de l'Inde, des orphelins arrivés en 2004 du Népal. La maison des petits chats, une tradition d'élevage a Wuppertal est complétée de 8 cages extérieures partagées uniquement entre chats des sables et chats d'Oman. L'intérieur était fermé et de par les températures, les animaux préféraient rester au chaud. Auparavant au moins 4 espèces vivaient à l'intérieur, dont des chats de Geoffroy et des chats à pieds noirs. On peut donc saluer ce recentrement favorable à l'élevage.

Au rang des autres verrues, on pourra mentionner le panorama arctique, un complexe bétonné présentant une piscine à otaries de Californie surmonté d'un minuscule plateau bétonné pour ours blancs. Je suis étonné que les animaux n'aient pas été déplacé même si lors de ma première visite, un petit était né dans cette affreuse installation.
A proximité, la maison sud-américaine où vit notamment un tapir de Baird était peu animée tout comme les okapis et céphalophes à dos jaune qui sont restés à l'intérieur de leurs quartiers respectifs.
La maison des grands singes a lors de la dernière décennie était supplémentée de trois enclos extérieurs que se partagent les quatre espèces d'anthropoïdes. Comme toujours il est dommageable de voir que tant d'animaux soient gardés alors qu'on sait à quel point la captivité des grands singes est difficile. Le petit groupe de bonobos, les plus frileux de tous, laissent leur volière extérieure à un duo de vieux chimpanzés qui seront, je l'espère pas remplacés à la fin de leur vie. L'addition de ces enclos extérieurs, à des loges intérieures plutôt bonnes, malgré un aspect un peu carcéral est en soit une bonne chose mais voir ces grands hêtres à proximité des enclos encerclés par de larges bras d'eau suscitent quelques frustrations (et idées de réaménagements futurs).

Juste à proximité, la maison des singes a vu plusieurs espèces partir (langurs obscurs, managabeys à ventre doré) pour faire de la place aux espèces restantes (atèles de Colombie, drills, macaques ouandérous et varis). De petits enclos extérieurs ont été coincés le long du bâtiment, bien sûr insuffisants mais mieux qu'une présentation uniquement intérieure comme auparavant.

Le groupe d'éléphants était très agréable à voir observer malgré là encore une installation plus très récente et de taille bien trop petite. Le bâtiment, qui a désormais 25 ans est encore très bien à mon avis et fut parmi les premiers à inaugurer des espaces intérieurs pour le troupeau. La famille d'éléphants africains est l'une des plus prolifiques d'Allemagne. Trois jeunes animaux étaient partis en 2015 pour Beekse Bergen et il reste cependant toujours 3 adolescents et un jeune individu en plus des trois femelles adultes et du mâle reproducteur. Il est à noter que ce dernier n'était pas séparé du groupe et grâce à la conception en deux enclos, il pouvait choisir entre l'isolement ou rejoindre l'agitation du troupeau. En effet, même si l'installation extérieure est loin d'être optimale, j'ai pris beaucoup de plaisir à voir évoluer ce groupe dynamique avec des individus d'âges différents.

Un autre plaisir de cette visite fût le centre de reproduction des babiroussas, situé entre les deux enclos des éléphants, sous le couvert forestier. Deux grands enclos, certainement séparables et un bâtiment doublé de paddocks permettent d'héberger pas moins de 6 babiroussas. D'après ce que j'ai pu juger de l'activité de monsieur babiroussa, des petits de cette espèce rare pourraient bientôt voir le jour à Wuppertal, récompensant l'effort du parc de rassembler de nombreux individus pour favoriser la reproduction.

Voici pour ce compte-rendu non exhaustif du zoo de Wuppertal que je compléterais plus tard avec des photos. C'était une visite agréable dans son ensemble même si je regrette que une ou deux grosses espèces du parc ne partent pas en attente d'une meilleure installation (ours polaire et anthropoïdes en particulier). Je suis aussi un peu déçu par les nombreuses présentations peu intéressantes d'ongulés. Le nouvel enclos des milus, dans une forêt ne reconstitue pas l'habitat marécageux de ces animaux et ne comprend pas de bassin. Evidemment la nouvelle étable doit être confortable pour gérer le groupe mais le parc avait pourtant des terrains sous-exploités qui me paraissaient bien plus pertinents pour cette espèce. J'attends avec impatience la livraison d'Aralandia, le projet de volière pour perroquets et flamants (avec notamment des aras de Lear) semble intéressant et les travaux ont commencé.
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Re: Pâques 2018 : Trio de la Rhur

Messagepar guirosama » Vendredi 06 Avril 2018 8:10

Therabu a écrit:J'ai décidé quelques semaines avant le week-end de Pâques de me rendre à Cologne (...) essayer du nouveau matériel photographique. Je suis arrivé tôt le matin avec un bus de nuit, séjourné à proximité de la gare centrale avant de revenir lundi soir en Thalys.


Un vrai marathonien ! Le bus de nuit, j'ai jamais essayé, c'est bien ?
En tout cas, vivement les photos !
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Re: Pâques 2018 : Trio de la Rhur

Messagepar Therabu » Samedi 07 Avril 2018 11:03

Je recommande les bus de nuit aux jeunes qui désirent voyager à petit budget. Non seulement c'est moins cher que le train mais en plus cela permet d'économiser une nuit. Après, niveau confort, c'est tout de même très rudimentaire. Il vaut mieux avoir le sommeil facile et lourd et je le déconseille à ceux qui ont des problèmes de dos. Et de toute manière, on termine la journée assez fatigué mais cela revient vite après une bonne nuit de sommeil !

Zoo de Cologne
Le clou du voyage était bien sûr le zoo de Cologne qui est pour moi le grand zoo allemand qui présente le mieux son impressionnante collection. Il est également très investi dans la conservation et la recherche de certaines espèces, notamment chez les reptiles et amphibiens.
Ma visite s'est donc déroulé le dimanche, sous des pluies fréquentes mais courtes. Une grande partie de la collection était donc non visible ou uniquement en intérieur. Par conséquent, j'ai décidé que je ne resterais qu'une seule journée, en espérant pouvoir revenir vite lors d'une meilleure saison.

J'ai entamé ma visite dans le sens inverse avec l'Hippodom qui m'a permis de m'abriter. A l'intérieur, ce fût l'occasion d'observer bien sur hippopotames et crocodiles mais également le nouvel enclos de l'oryctérope. Une partie de la plage sableuse des crocodiles a été fermée par des palissades pour accueillir cette nouvelle espèce qui colle pas mal à mon avis à la thématique du bâtiment. Un terrier de faux-rocher est collé à la vitre de l'enclos ce qui permet aux visiteurs de voir l'animal dormir pendant le gros de la journée. Outre cette nouvelle présentation plutôt sympathique, c'est un plaisir de voir évoluer les différentes espèces d'oiseaux dans ce large volume même si l'observation des différentes espèces est très difficile. Enfin j'ai passé du temps à essayer de capturer les rares macroscélides roux et le dernier hélosciure roux dans un terrarium situé à la fin du bâtiment. Mon opinion sur cette installation s'est amélioré par rapport à ma visite de 2012 et j'ai trouvé qu'il était plus riche avec l'ajout de nombreuses petites espèces.

Je ne me suis guère attardé dans la maison de Madagascar même si la collection de lémuriens du parc est une force de Cologne. Le parc est d'ailleurs investi particulièrement dans l'aire de répartition du lémur aux yeux turquoises. En ressortant, je ne m'attarde guère sur les installations des ongulés : girafes, rhinocéros noirs, boeufs musqués et bisons afin de tout de suite découvrir la faisanderie.

Le secteur des oiseaux est toujours très intéressant et riche même si la saison a des impacts sur le nombre d'espèces visibles et la végétalisation des installations. Je jette un coup d'oeil à l'enclos des chevaux de Przewalski puis j'assiste à la sortie des éléphants dans leur enclos extérieur. Malgré la pluie et le froid, les nombreux jeunes individus déboulent à fond dans les grands tas de sable. Ils jouent aussi entre eux ou avec des bouts de bois, entre les unités familiales qui composent le troupeau. En fin de journée, je repasserais voir les animaux dans leur grand enclos intérieur. Cette installation a désormais presque 15 ans et continue d'être une des références européennes. Ce n'est pas tant l'espace alloué ou l'esthétique de l'installation qui rendent cette installation exceptionnelle mais son large dimensionnement permettant d'héberger actuellement 16 éléphants avec les jeunes dont deux mâles adultes. Je n'ai pourtant pas passé beaucoup de temps à observer le troupeau en raison de la richesse du zoo et je n'ai même pas pu voir les mâles adultes.

Avant d'entrer dans la serre des grands singes, je découvre le nouvel enclos des bantengs, plutôt décevant et pas très beau avec ce fond de l'enclos couvert de bâches afin de masquer les coulisses. Bien sur, la maison des grands singes est un autre bon moment de la visite avec trois espèces de grands singes plutôt bien logés bien que cela ne soit pas optimale. Et évidemment, c'est toujours un plaisir d'observer l'unique douc à pattes rouges restant à Cologne. Il cohabite avec un langur de Java. Deux volières ont été ajoutées afin de présenter d'une part une famille de ouistitis pygmées qui venaient d'avoir un petit et un couple, unique en Europe de tamarin à manteau de Weddel.

La serre tropicale continue de détenir quelques autres joyaux en provenance de l'archipel indonésien comme les calaos de Sulawesi, les coucous présageurs ou un dendrolague de Matschie. Les gibbons également sont aussi malheureusement toujours dans l'enclos intérieur rocheux sans accès à l'extérieur. Le reste de la visite fût plus discret avec les félins et les ratels qui n'ont guère montrer le bout de leur nez tout comme les ours, les okapis et céphalophes en intérieur et de nombreux oiseaux en hivernage.
A ce sujet, l'ancien bassin des hippopotames a été recouvert d'un filet afin de servir de volière d'hivernage à l'impressionnante collection d'anatidés du zoo. La concentration d'individus provenant du monde entier est spectaculaire pour un observateur averti.

Enfin je me dois de signaler le magnifique vivarium qui présentent de nombreuses espèces peu communes, certaines uniques en Europe issues des missions scientifiques du curateur des reptiles en Asie du Sud-Est. J'ai adoré les belles présentations des reptiles même si je me suis moins attardé sur les poissons et insectes.

Au final je recommande à tous les amateurs de zoos de découvrir le zoo de Cologne, pas trop difficile à visiter depuis Paris et qui mélange à la fois des présentations globalement de qualité avec une collection à tomber par terre. Comme souvent, les mouvements d'espèces entre les installations sont courants et justifient d'y retourner assez souvent.
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Messagepar Antoine6259 » Samedi 07 Avril 2018 17:03

Merci pour ces compte-rendus qui, même sans photos, sont plutôt bien détaillés !

Juste une question, tu parles de l'enclos des milus ? C'est une faute ?
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Re: Pâques 2018 : Trio de la Rhur

Messagepar Therabu » Samedi 07 Avril 2018 18:44

Non c'est l'autre nom des cerfs du Pére David !
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Messagepar Antoine6259 » Samedi 07 Avril 2018 20:38

Ah d'accord ! Jamais entendu ce nom, alors que c'est une espèce que j'aime beaucoup. J'avais cherché mais je n'avais rien trouvé, et je me disais que sans majuscule ce n'était pas un nom scientifique, donc j'ai cru à une faute de frappe. Désolé !
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Re: Pâques 2018 : Trio de la Rhur

Messagepar Djeiran » Samedi 07 Avril 2018 21:23

Merci pour ces comptes rendus therabu, je n'ai pas encore visité Wuppertal mais ça a l'air d'être un parc intéressant . Je le note pour mes prochaines visites .
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Re: Pâques 2018 : Trio de la Rhur

Messagepar aurelselon » Lundi 09 Avril 2018 10:56

Bonjour,
Etant un grand passionné de zoo et ayant la possibilité de visiter le zoo de Cologne d'ici la fin de l'été je voulais quelques renseignements. Je ne parle pas du tout allemand mais je parle anglais. Ma question est la suivante: les affiches devant les enclos sont-elles aussi en anglais ou uniquement en allemand comme dans de nombreux zoo allemand (Stuttgart par exemple)?

Merci pour la réponse
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Re: Pâques 2018 : Trio de la Rhur

Messagepar Djeiran » Mardi 10 Avril 2018 19:46

À propos de Cologne je viens d'apprendre que le dernier ratel est mort à l'âge de 20 ans , il ne reste que 2 parcs possédant des ratels en Europe selon zootierlist : Belgrade (Serbie) et Howletts (Royaume-Uni)
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Re: Pâques 2018 : Trio de la Rhur

Messagepar Therabu » Mardi 10 Avril 2018 20:37

Dvur Kralove, Prague et le Tuerpark Berlin en ont toujours mais de la sous espèce d'Afrique centrale.
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Re: Pâques 2018 : Trio de la Rhur

Messagepar Therabu » Vendredi 13 Avril 2018 9:55

aurelselon a écrit:Bonjour,
Etant un grand passionné de zoo et ayant la possibilité de visiter le zoo de Cologne d'ici la fin de l'été je voulais quelques renseignements. Je ne parle pas du tout allemand mais je parle anglais. Ma question est la suivante: les affiches devant les enclos sont-elles aussi en anglais ou uniquement en allemand comme dans de nombreux zoo allemand (Stuttgart par exemple)?

Merci pour la réponse


Le nom anglais tout comme le nom scientifique sont systématiquement précisés. Par contre cela s’arrête là, les panneaux plus fournis en informations ne sont qu'en allemand.
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Re: Pâques 2018 : Trio de la Rhur

Messagepar Therabu » Vendredi 13 Avril 2018 14:56

J'ai mon train pour retourner à Paris le lundi soir à 18h43. Le plan était de visiter Cologne un second jour ce qui me permettait quand même de faire la fermeture du parc, de récupérer mes affaires à l'auberge et de sauter dans le train. J'opte pourtant pour Duisbourg que je décide de privilégier en raison du nombre d'espèces visibles un peu réduit en cette saison à Cologne. Et puis je me dis que Baby, le dernier dauphin de l'Amazone ne vivra peut être plus encore très longtemps, qu'il y a récemment eu une naissance de wombat, un nouvel enclos à tigres de Sibérie et l'arrivée de carpophages à tête rose et de diables de Tasmanie.

Zoo de Duisbourg

Je commence tôt ma journée, comme les allemands qui doivent aller travailler, pour rejoindre Duisbourg et l'entrée du zoo avant 9h00 pour l'ouverture. Je sais que je dois partir vers 16h et je décide dès le début que je ne consacrerais pas de temps aux girafes, et éléphants à proximité de l'entrée. Malgré des installations récentes, l'espace alloué aux gros animaux est plutôt déprimant. Le groupe d'éléphants d'Afrique était constitué de trois femelles et de Shaka, un mâle qui a été envoyé à Vienne en 2016 pour se reproduire. En effet, les trois femelles de Duisbourg ne sont encore jamais reproduites à ma connaissance et vivent désormais sans mâles. Il est curieux d'une part de voir que ce potentiel reproducteur n'est pas exploité, à moins que des tentatives d'insémination aient été mises en place, d'autre part que l'enclos vide du mâle ne leur soit même pas attribué en complément de leur joli mais étroit plateau.

Dès le matin je fonce vers la zone australienne observer wombats et koalas. Ces derniers sont encore assoupis mais la femelle wombat est bien active. J'ai d'abord la chance de voir la tête de son rejeton dépasser lorsqu'elle me tourne le dos. Très vite il retourne à la chaleur de la poche marsupiale. Un soigneur "joue" avec la mère qui semble apprécier sa présence et j'assiste à des scènes improbables comme la porte laissée grande ouverte et cette femelle wombat déambulant tranquillement dans les couloirs de service qui relient les installations. Vers 11h00, le soigneur installe un plaid douillet sur le sol de la loge et invite la femelle wombat à venir s'y allonger. Le marsupial ne se laisse pas prier et vient chercher chaleur et caresses. Une fois complémentent relaxée, le soigneur soulève une des jambes, entraînant l'ouverture de la poche marsupiale et la sortie progressive de la petite merveille. Le soigneur, équipé d'un micro, effectue une présentation au public, qui je pense traite de la biologie des wombats et du mode de reproduction particulier des marsupiaux. Les koalas, d'habitude stars des lieux, semblent un peu interloqués de cette agitation qui n'est plus dirigée sur eux.

En ressortant, je découvre les wallaroos qui viennent juste d'arriver d'élevages de particuliers. Duisbourg, qui est réputé pour sa collection de mammifères autraliens ne présentaient curieusement que des wallabys de Bennet avant cette arrivée. Je signale également que les dendrolagues sont partis. Leur grande loge intérieure sert à la femelle wombat, des bettongies à queue touffue et d'invisibles échidnés.

Je vais visiter le "fond" du zoo. On y trouve l'installation des diables, invisibles ce matin, un bel enclos à rennes dans le modèle des plateaux allemands, un affreux complexe marin pour otaries et veaux-marins tandis que les manchots du Cap ont bénéficié d'un nouvel enclos très correct. Il y a également une fosse immonde pour des mandrills. Il s'agit du genre d'installations pour lesquelles je ne comprends pas pourquoi les parcs s'entètent à vouloir garder leurs animaux, qui plus est lorsqu'ils sont courants et pas forcément les stars des lieux.
Une jolie mini-ferme est installée à proximité du petit enclos pour loups de l'Hudson. Le parc est globalement difficile à aménager car tout en longueur et coupé par une grosse autoroute bruyante. Cela est particulièrement perceptible aux abords de l'enclos des gloutons. Cette installation n'est pas vraiment exiguë, plus grande en tout cas qu'au PZP et pas loin de Calviac. Mais l'absence de substrats naturels, de profondeur, les clôtures très présentes et le bruit continu du trafic m'ont donné pitié de cette pauvre bête.

La fin de la boucle s'achève avec l'Afrikanum, un vaste complexe sableux bordé de fossés. La plus grande partie est consacrée à un grand groupe de zèbres de Chapman. Un vieux rhinocéros blanc mâle est isolé sur une petite surface tandis que des potamochères cohabitent avec quelques watusis. Beaucoup d'espace utilisé sans véritable intérêt conservatoire...

J'assiste également au nourrissage des outardes koris qui cohabitent avec des dik-dik de Kirk. Ces impressionnants oiseaux ne se reproduisent malheureusement pas en captivité, je pense parce qu'ils sont rémigés. Quand on voit la taille et le poids des oiseaux, on comprends aisément comment le fait de clouer le mâle à terre empêche la fécondation des femelles. Le nourrissage est pourtant un moment sympa de cette visite. Le soigneur balance des criquets dans la pelouse ce qui simule le comportement des outardes qui délogent et happent les insectes sauteurs.

Direction Rio Negro, le bâtiment central du parc comprenant un petit aquarium couplé à une serre tropicale. Sur le chemin, petit stop au complexe des félins européens, lynxs et chats sylvestres, relativement neuf et beau. La surface est plutôt intéressante mais la configuration tout en longueur et les nombreuses vitres limitent l'immersion et les possibilités des animaux de se dissimuler. De l'autre coté du parc, la faisanderie a été totalement démolie pour être reconstruite.

Je perd du temps à essayer des photos sous-marines des loutres géantes qui ont un petit enclos esthétique le long de la face de Rio Negro. Puis je rentre dans le bâtiment, déambule devant les aquariums avant de pénétrer dans Rio Negro. Il y a beaucoup de monde dans la serre tropicale le long du bassin du dauphin rose de l'Amazone, à mon plus grand regret. Bien sûr une telle bestiole attire les curieux. Mais l'agitation provoquée est bien supérieure lorsque la petite famille de tamarins à mains rousses vivant en liberté au sein du complexe débarque tel un gang de bandits au milieu de la foule. S'ensuit une réflexion sur le niveau d'émotion procuré par une simple petite famille de singes comparée à un pauvre cétacé solitaire dans son bassin.
Je profite de cette diversion pour observer et photographier Baby, qui porte désormais son nom assez mal. Cela déchire le cœur de voir cette âme solitaire depuis 2006 (12 ans seul pour une espèce sociale !), faire des ronds dans son bassin pourtant pas minuscule mais si vite traversé.
Il est le dernier rescapé de sa famille, capturé dans la rivière Apure au Venezuela. On estime qu'il est maintenant âgé de 43 ans.

Avant de gagner la seconde partie du parc, de l'autre coté du zoo, j'évalue l'enclos des ours à lunettes qui venaient d'être inauguré lors de ma première visite, en 2012. Il est toujours esthétique mais il m'avait semblé bien plus étendu, comme quoi notre perception personnelle évolue vite. La passerelle végétalisée est une réussite esthétique mais son rôle de réduction des bruits liés au trafic reste limité.

Sur la droite, l'ensemble de l'espace est occupé par l'Aquatorium, une immense singerie remplie d'espèces rarissimes comme les hocheurs, gibbons agiles ou les colobes à camail dans des loges déprimantes. Les orang-outans n'ont qu'une petite vitrine à l'extérieure en plus des nombreuses cages intérieures dédiées. Seuls les gorilles et cercopithèques de Brazza bénéficient d'un véritable territoire extérieur digne de ce nom, avec de l'espace et de la végétation, même si les arbres de leur territoire ne leur sont pas accessibles. De nombreuses loges en coulisses permettent aux anthropoïdes de s'isoler, à la fois du groupe ou des visiteurs, reproduisant les schémas recommandés des bâtiments comme à Apenheul ou Romagne. Une femelle hippopotame pygmée bénéficie elle aussi d'un grand espace intérieur et d'un joli petit enclos extérieur. Elle était accompagnée d'un très jeune individu qui a malheureusement passé son temps à dormir.

Depuis ma dernière visite, un espace assez haut sous plafond a été grillagée puis végétalisée afin de servir de volière pour oiseaux d'Asie du Sud-Est et illustrer d'une part les dangers de la déforestation liés à l'exploitation des essences rares et les plantations des palmiers à huile, et d'autre part dans le cadre de la campagne "Silent Forest". Des espèces rares comme les colombars giouanne (dont un individu en train de couver), des grives de Doherty ou les carpophages à tête rose y ont rejoint des espèces déplacées suite à la démolition de la faisanderie.

Le reste de cette partie n'est guère intéressant. Les enclos des antilopes, grands koudous et bongos sont actuellement en travaux, le jardin chinois n'est pas très peuplé et la végétation est encore peu développée. Je ne visite pas le delphinarium qui est une vraie prison pour le groupe de dauphins tursiops qui s'y représente trois fois par jour. Enfin je découvre le nouvel enclos pour les tigres de Sibérie. Sa conception est proche de celle des ours à lunettes. La superficie a été triplée ou quadruplée même si ce n'est toujours pas affolant. Par contre l'aménagement paysagé est encore assez réussi. Mais j'éprouve toujours le même blocage : les enclos sont tout en longueur et les points de vue multiples. Les tigres n'ont pas de véritable possibilités de retrait et la vue bute très vite sur les barrières, qu'elles soient en faux rocher, vitrées ou des grillages. Un enclos secondaire a été prévu, ce qu'il faut saluer mais il est tellement petit que je me demande si le laisser hors de vue du public n'aurait pas été mieux.

Il me reste encore un peu de temps, je retourne vite voir la zone australienne, désormais bondée en ce lundi pascal. J'apprécie pendant un moment l'activité frénétique des trois diables de Tasmanie puis renonce à rentrer dans la maison des koalas, trop petite pour accueillir tant de monde. Je dois rentrer prendre mon train vers Cologne.
En conclusion, j'ai eu une meilleure opinion de Duisbourg que lors de ma première visite. J'attendais certainement trop de ce parc principalement concentré sur les mammifères et été déçu par les nombreuses installations bien trop petites pour les nombreux gros animaux détenus (éléphants, girafes, dauphins, tigres, orang-outans, rhinocéros...). Cette fois, je connaissais le parc et j'ai concentré ma visite uniquement sur les secteurs que j'estimais intéressant, ce qui joue indéniablement sur le ressenti. Quelques nouveautés ont permis d'effacer des verrues comme la fosse des tigres ou les cages des félins européens mais les nouvelles installations restent loin d'être optimales. Comme je l'avais formulé dans ma conclusion de 2012, Duisbourg reste le plus commercial des grands parcs de la région ce qui se traduit par des enclos plus souvent élaborés tel des vitrines que de véritables lieux de vie.

Epilogue

Les horaires sont modifiés par rapport à ce que m'indique Google Map en raison de Pâques. Je grimpe dans mon train qui m'emmène à Cologne. J'hésite à descendre à l'arrêt précédent la gare centrale de Cologne, ma destination. Dommage, le train ne s'arrête pas aujourd'hui à la gare centrale et se dirige désormais vers l'aéroport de Bönn. La rage et le fatalisme s'emparent de moi, je vais louper mon train, devoir reprendre le dernier train ou un bus arrivant mardi matin à Paris pour embaucher. De plus, c'est le prmeier weekend de grève de la SNCF et tous les trains de mardi matin sont annulés. A l'aéroport je saute du train, change de quai pour prendre le plus vite un train dans l'autre sens.
La ponctualité allemande est au rendez-vous, j'arrive à la gare centrale de Cologne à 18h40. Il fallait choisir, le Thalys ou aller chercher mon sac à dos resté à l'auberge... Comparant le prix des vêtements pourris que j'avais emporté avec moi avec celui d'un billet de Thalys en dernière minute, le choix est vite fait ! Tant pis pour le sac, ce petit séjour à la "re-découverte" de trois gros parcs de la vallée de la Rhur était vraiment sympa et peut être qu'un français sympa pourra me rapporter mon sac ! :roll: :wink:
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Re: Pâques 2018 : Trio de la Rhur

Messagepar guirosama » Vendredi 13 Avril 2018 17:36

Quel plaisir de te lire ! Dommage pour les affaires effectivement. Vivement les photos !
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Re: Pâques 2018 : Trio de la Ruhr

Messagepar éric13 » Samedi 21 Avril 2018 22:36

La Ruhr !

Concernant le mâle éléphant d'Afrique SHAKA à Duisburg, le zoo n'a pas voulu s'en séparer pendant de longues années, car il était très "conciliant" avec les soigneurs. Mais très dominant envers les éléphantes. Résultat : il n'y aura pas de reproduction (car elles ont passé l'âge).

Finalement, en 2016, le coordinateur est arrivé à faire transférer SHAKA à Vienne en Autriche, où vivent des femelles avec de fort caractère. Inexpérimenté, il n'est pas arrivé à s'intégrer au groupe.

Et le 11 avril (de cette année), il a été transféré en Angleterre (à Noah's Ark) avec d'autres mâles.

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4 langurs obscurs (de Wuppertal) vivent maintenant à Erfurt.

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Perso, à quelques jours près, j'avais le choix avec Duisburg mais j'ai choisi Krefeld !
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éric13
 
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Re: Pâques 2018 : Trio de la Rhur

Messagepar Therabu » Lundi 11 Juin 2018 21:46

Je commence la série imagée sur le zoo de Wuppertal avec le secteur de l'entrée qui est constitué d'une pièce d'eau pour anatidés, d'en enclos herbeux concomitant où cohabitent d'autres oiseaux et des chiens de prairie. ainsi que l'affreux panorama arctique.

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Oie à tête barrée

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Ouette de Magellan

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Chien de prairie

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Harle couronné

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Erismature de la Jamaïque

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Eider à duvet

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Pauvre ours polaire

Légèrement en surplomb, se situe les installations des manchots, en extérieur de manière assez classique mais esthétique pour les manchots du Cap et en intérieur pour les espèces sub-antarctiques.

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Manchot royal

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Manchot papou

Une boucle de visite est organisée autour de la maison sud-américaine, ancienne maison des éléphant réutilisée pour accueillir une famille de tapirs de Baird en provenance des US. Depuis l'import s'est révélé infructueux, faute de nouveaux individus et il ne reste plus qu'un individu à Wuppertal. Malheureusement je n'ai pas pu observer les céphalophes géants qui vivent ici en compagnie des okapis.

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Mara du Chaco

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Tapir de Baird

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Dik-dik de Kirk

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Aigle bateleur
Therabu
 
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