Du miel au profit des éléphants du Cameroun

Programmes d'élevage, conservation ex situ, conservation in situ...

Du miel au profit des éléphants du Cameroun

Messagepar Philippe » Samedi 30 Mars 2019 10:33

Les scouts du 14e groupe George-Pépin de Granby s’associent à un projet de conservation du zoo canadien de Granby, au Cameroun. Depuis quelques jours, ils vendent des pots de miel et remettront les profits de cette activité au zoo, qui prévoit installer cinq ruches supplémentaires à proximité d’un parc national du sud de ce pays d’Afrique. Ces ruches permettront d’éloigner les éléphants des zones habitées.

Il n’est pas habituel pour les scouts de s’associer avec des projets outre-mer, mais pour l’animateur scout Olyvier Blouin, qui a épousé la cause avec beaucoup d’enthousiasme, le projet s’inscrit directement dans les valeurs du scoutisme.
« Pour nous, la nature c’est hyper important, dit-il. On leur enseigne à en prendre soin et on veut aussi s’ouvrir sur le monde. C’est sûr que c’est loin l’Afrique pour eux, mais ils ont vraiment embarqué ! »

Le 14e groupe se donne pour objectif de vendre 300 pots de miel Dubreuil dans les prochaines semaines, alors que 200 ont déjà trouvé preneur. En atteignant leur objectif, les scouts pourront remettre 3.000 $ au zoo de Granby, qui réinvestira la somme dans son projet de conservation des éléphants au Cameroun.

« Le lien entre le miel et les éléphants, c’est que les éléphants ont une très bonne mémoire, donc quand les abeilles les piquent ils s’en souviennent et savent où aller », explique le jeune scout Thomas Drapeau.

Protéger les cultures


Concrètement, le zoo veut ajouter cinq ruches à la vingtaine déjà installées dans des communautés établies en bordure du parc national de Campo-Ma’an. Ces villages étant situés sur les trajectoires qu’empruntent les éléphants dans leurs déplacements, ces derniers ont tendance à s’inviter sur les espaces cultivés par les villageois, ce qui crée des conflits, explique le directeur de la recherche et de la conservation au Zoo, Patrick Paré. Le projet mené par le zoo prévoit suspendre ces ruches et les relier entre elles par un fil de fer. « Lorsque l’animal s’approchera, il fera secouer les ruches et les abeilles vont l’attaquer. Normalement, il évitera l’endroit par la suite », précise Patrick Paré.

Valérie Michel, qui sera responsable du projet sur place pour une seconde année, explique que son équipe est à l’étape de déterminer quels seront les meilleurs emplacements pour l’installation des ruches.

Collaborer avec les communautés

Pour les responsables du projet, la protection des animaux sauvages et des territoires qu’ils occupent passent par une étroite collaboration avec les communautés locales. Valérie Michel se donne pour tâche de sensibiliser les Camerounais à l’importance qu’ont les animaux dans leur quotidien. « Quand ils me voient arriver, ils se demandent ce que la blanche pourra bien leur enseigner. Je veux surtout leur parler de l’aspect biologique puisque les éléphants contribuent à replanter les arbres fruitiers dont ils mangent les fruits. »

L’entretien adéquat des ruches repose sur cette collaboration réussie. Si la réponse a d’abord été tiède, le zoo peut maintenant compter sur l’appui de représentants du gouvernement camerounais et sur trois citoyens.

« L’apiculture, ce n’est pas dans leurs traditions dans cette région, mais on essaie de les convaincre de l’intérêt. Ils nous disent qu’ils vont s’y intéresser si ça fonctionne, mais nous, on souhaite qu’ils s’y intéressent pour que ça fonctionne ! », souligne Patrick Paré.

Le miel produit par ces ruches est remis à la communauté, qui peut le vendre ou le transformer en produits dérivés comme des chandelles ou de l’hydromel.

Image
Source : La Voix de l'Est.
Philippe
 
Messages: 10959
Enregistré le: Lundi 29 Août 2005 16:06

Retourner vers Conservation

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 3 invités

Tigre en mouvement