Réintroduction d'ibis chauves nés au zoo d'Upie en Espagne

Programmes d'élevage, conservation ex situ, conservation in situ...

Réintroduction d'ibis chauves nés au zoo d'Upie en Espagne

Messagepar Philippe » Dimanche 16 Juillet 2017 18:45

Des ibis chauves drômois dans le ciel espagnol

Dans la mythologie grecque, les oiseaux du lac Stymphale, étaient des oiseaux carnassiers qui se nourrissaient de chair humaine. Ces ibis chauves tuaient leurs proies grâce à la pointe acérée de leurs plumes qu’ils utilisaient comme des flèches. Les vaincre constituait pour Hercule le sixième des 12 travaux !

Aujourd’hui, ils sont 10 à lisser pacifiquement leur plumage dans le zoo d’Upie, dans la Drôme. Les premiers sont arrivés il y a cinq ans, invités par Alexandre Liauzu. Il y a un mois, cinq “petits” ibis upiens, nés en mai 2016, ont pris la direction de l’Espagne pour ce qui constitue une première pour l’établissement : une réintroduction dans leur habitat naturel…

« Nous participions depuis déjà de nombreuses années à des actions de conservation et de sauvegarde d’espèces menacées », explique Alexandre Liauzu « comme les pélicans frisés, les aras de Buffon, les cacatoès des Moluques, le martin de Rothschild ». « Ce sont toujours des programmes d’élevage, à but non lucratif, afin de faire des échanges entre parcs et éviter la consanguinité des espèces. Ici, c’est un musée du vivant, on sauvegarde des espèces d’oiseaux menacées. »

Rejoints par des cousins, frères ou sœurs en septembre


Mais le cas de l’ibis chauve est différent. Une des espèces d’oiseaux les plus rares du Paléarctique, il était autrefois présent quasiment tout autour de la Méditerranée, et est aujourd’hui localisé dans deux secteurs distincts, au Maroc (100 couples) et en Syrie (deux couples). Une population semi-captive existe aussi en Turquie. Un programme de réintroduction européen a donc été déclenché actuellement en Andalousie.

« Dans ce cadre-là, trois couples, trois frères et trois sœurs sont arrivés de Mulhouse en 2012 », explique Alexandre Liauzu. « C’est une espèce qui se reproduit bien en captivité, cinq générations sont ainsi nées à Upie. Ils sont assez méfiants vis-à-vis de l’homme, et dominants face aux autres oiseaux. »

Cinq ibis chauves du zoo d’Upie ont ainsi pris la route il y a un mois. 24 heures de voyage pour trois mâles et deux femelles et rejoindre El Retine, site de réintroduction.
Après une période de quarantaine, ils devraient être rejoints en septembre prochain par cinq de leurs frères, sœurs ou cousins…

« J’aimerais les accompagner », confie Alexandre Liauzu « On attend ça toute notre vie professionnelle, on est éleveurs d’oiseaux. Nous, petit parc privé, on nous a choisis… J’aurais tant aimé que mon père soit là pour partager avec lui cette bonne nouvelle. ». Car le zoo d’Upie, c’est aussi une histoire de famille…

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Ces oisillons nés en 2016, ici sous leur mère, volent actuellement sous le soleil espagnol.

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Source : Le Dauphiné libéré.
Philippe
 
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Re: Réintroduction d'ibis chauves nés au zoo d'Upie en Espag

Messagepar abel » Dimanche 16 Juillet 2017 20:23

Merci Philippe pour cet article intéressant ! Espérons que cette réintroduction soit couronnée de succès. On peut saluer le beau travail du Proyecto Emerita, le projet de réintroduction des ibis chauves en Espagne coordonné par le Zoo de Jerez et la région Andalousie et soutenu par Doué et Mulhouse notamment depuis de nombreuses années. C'est bien que des parcs plus petits s'investissent aussi dans ces projets. D'ailleurs, on parle peu du zoo d'Upie sur le forum, quelqu'un l'a-t-il déjà visité ?
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Re: Réintroduction d'ibis chauves nés au zoo d'Upie en Espag

Messagepar Philippe » Vendredi 25 Août 2017 7:16

Les précieux ibis chauves du zoo d’Upie

Cap sur le zoo d’Upie (Drôme). Et comment, à son échelle, il contribue à des programmes de conservation d’espèces menacées.

Des naissances en captivité d’espèces menacées, ça n’arrive pas tous les jours, et c’est toujours une bonne nouvelle. Quand certains de ces individus sont réintroduits dans la nature, c’est encore plus rare et cela donne d’autant plus l’occasion de s’en réjouir.

Trois couples se sont vite adaptés à leur nouvel environnement

Cas d’école au zoo d’Upie, dans la Drôme. Depuis 2 ans, les ibis chauves qui y voient le jour ont été choisis pour rejoindre un programme, à Jerez, dans le sud de l’Espagne, pour être rendus à la vie sauvage. Un bon point pour la préservation de la biodiversité animale. Une fierté, aussi, pour la petite structure familiale qui, à son échelle, contribue à la conservation des oiseaux les plus menacés : colombe poignardée, pélican frisé, goura de Victoria, goura de Scheepmaker, calao bicorne, ara macao… en tout plus d’une quinzaine dans le cadre d’EEP (lire plus loin). En vous promenant, au fil des enclos, vous les remarquerez grâce aux panneaux. Comme sur celui des ibis chauves, Ils sont arrivés à Upie, il y a un peu plus de 5 ans, du zoo de Mulhouse. Trois couples qui se sont vite adaptés à leur nouvel environnement.

« Ils se reproduisent très bien en captivité. Pour d’autres espèces, c’est plus compliqué », explique Alexandre Liauzu, le directeur. Mais à chaque fois, cela demande un certain savoir-faire, des connaissances.

« On doit former des couples, des groupes reproducteurs, composer un ratio mâle/femelle, en fonction, respecter les cycles, superviser les pontes, vérifier que l’incubation se déroule normalement : on préfère qu’elle se déroule naturellement mais, le cas échéant, on devra la réaliser nous-même… Quand des oiseaux nés chez nous sont sélectionnés pour être réintroduits dans la nature, c’est gratifiant. C’est le travail de l’éleveur qui est reconnu », poursuit-il.

À l’automne 2016, les jeunes ibis chauves d’Upie ont donc rejoint la colonie de Jerez. En septembre prochain, une seconde vague devrait suivre.


Un coordinateur pour chaque espèce

Les EEP ? Des programmes de préservation d’espèces menacées ou en danger (l’Union internationale pour la conservation de la nature en a recensé plus de 6.000 à travers le monde) menés à l’échelle européenne. Chaque EEP concerne une espèce particulière et dispose d’un coordinateur. C’est lui qui supervise la population en captivité, donne le feu vert pour la reproduction, les échanges entre parcs animaliers. Cela permet de stabiliser les effectifs et de garantir un bon patrimoine génétique. L’extraction du milieu naturel est formellement interdite. Dans les zoos, les animaux que vous voyez sont nés en captivité.


Le zoo d’Upie

C’était un rêve. Celui de Bernard Liauzu et de son épouse Liliane. Passionné d’oiseaux (il en élevait depuis le plus jeune âge, et a contribué à la création du parc de Villars-les-Dombes), il ouvre enfin son Jardin aux oiseaux en 1974, sur une ancienne exploitation agricole de 4 ha.

Aujourd’hui, le zoo d’Upie en compte deux de plus. Il accueille près de 1.000 individus pour plus de 215 espèces. C’est leur fils, Alexandre, et sa femme, qui le dirigent.
Source : Le Progrès.
Philippe
 
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