Faut-il bannir les parcs animaliers?

Re: Faut-il bannir les parcs animaliers?

Messagepar emil19 » Jeudi 09 Mai 2019 10:41

okapi a écrit:Aller au zoo ne rend pas les visiteurs plus sensibles à la nature !


Bien sûr que si. Par simple effet de proximité que j ai décrit plus haut. Ce n est pas forcément joli mais tu n auras pas la même réaction entre un attentat qui tue une personne à l autre bout du monde et qui n a rien de commun avec toi qu un attentat qui tue une personne que tu as croisée une ou deux fois. C est comme ça !

Ils peuvent faire mieux : oui. Es-ce que c est pour ça qu il faut les raser : pas du tout !

C est comme si je disais qu un spectacle pourrait être amélioré sur quelques points et en déduire qu il faudrait l arrêter et virer le metteur en scène et les comédiens immédiatement...
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Re: Faut-il bannir les parcs animaliers?

Messagepar okapi » Vendredi 10 Mai 2019 22:57

GPN, bien sûr que compte tenu d'un certain nombre de paramètres je suis anti zoo! En 2019, 150 fauves sur 3 hectares, tu cautionnes, toi? Des otaries qui se dandinent sur de la musique de variété, tu trouves ça glorieux? Des palettes en guise d'arbres, ça le fait vraiment pour toi? Nos zoos privés, très commerciaux, me dérangent ou me consternent et je suis très curieux des évolutions de Barcelone. Je ne crois pas vraiment à l'investissement des parcs français dans la conservation et tant que de vrais protocoles d'élevages (notamment de la faune d'Europe fragilisée) ne seront pas mis en place dans les deux tiers d'entre eux, que la médiation ne sera pas plus flamboyante et efficace partout, que les tigres blancs n'auront pas disparu de tous nos parcs qui s'obstinent à en avoir, et que pas mal de choses auront également changé dans de nombreux domaines, je serais très partagé sur le bien fondé de ces lieux très ambigus dans leur définition.
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Re: Faut-il bannir les parcs animaliers?

Messagepar okapi » Dimanche 12 Mai 2019 8:15

Je viens de visiter le zoo de Zurich: gloire au mécénat! Et quand on voit le nombre de points de sollicitations pour soutenir des projets de développement du parc ou des programmes conservatoires, on apprécie mieux le bien-fondé de ce soutien de la société civile: ainsi, le zoo appartient un peu à tous et ses évolutions ne sont pas le seul fait du prince.
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Messagepar éric13 » Dimanche 12 Mai 2019 22:51

En Suisse, le mécénat et les dons sont bien ancrés dans les mentalités pour soutenir les (grands) zoos. En Allemagne, cela arrive... et en France, c'est vraiment exceptionnel !
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Re: Faut-il bannir les parcs animaliers?

Messagepar okapi » Dimanche 12 Mai 2019 23:45

Et c'est bien dommage! Surtout quand on connaît les efforts déployés par l'association dédiée au mécénat en France pour inciter les entreprises à s'investir!
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Re: Faut-il bannir les parcs animaliers?

Messagepar GPN » Lundi 13 Mai 2019 4:53

Pourtant certains parcs ont essayé mais on voit bien comment le PAA a galéré pour récolter à peine plus de 10 000€ pour ses tigres !
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Re: Faut-il bannir les parcs animaliers?

Messagepar okapi » Lundi 13 Mai 2019 8:12

C'était du mécénat ou du crowfunding?
Le mécénat, c'est un métier, un vrai. Il suffit de voir comment fonctionnent les grands parcs qui s'appuient sur cette pratique pour comprendre à quel point c'est une stratégie de développement et qu'elle repose sur des actions précises, mais surtout sur des personnes compétentes. C'est un véritable département, un fer de lance pour de nombreux parcs, mais pas les nôtres!
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Re: Faut-il bannir les parcs animaliers?

Messagepar Philippe » Lundi 13 Mai 2019 12:00

La face cachée des zoos et des aquariums: non, ils ne protègent pas la biodiversité !

Alors que la France accueille, avec fierté, les chercheurs de l'IPBES qui dévoilent au monde entier l'ampleur de l'effondrement de la biodiversité, les gouvernements ferment les yeux depuis des décennies sur la deuxième cause de trafics d'espèces après le braconnage : l'approvisionnement des zoos, aquariums et parcs animaliers sous couvert de la protection des espèces.


Invités :
- Jérôme Pensu, fondateur de Le Biome, une station zoologique d'élevage spécialisée dans la reproduction d'espèces en danger d'extinction
- Perrine Crosmary, présidente de l’association Human Initiative to Save Animals
- Florian Sigronde, vice-président de l'association C'est assez ! qui se bat contre la maltraitance des cétacés en captivité.
Source : www.rfi.fr/emission/20190510-zoos-aquar ... Wf4&ref=fb
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Re: Faut-il bannir les parcs animaliers?

Messagepar Vinch » Lundi 13 Mai 2019 12:48

Évidemment, avec uniquement des interlocuteurs comme ceux-là, le débat est tout de suite orienté anti-zoo. Il n’y a personne pour défendre les zoos. C’est à la limite de l’extrémisme.
Jérôme Pensu, fondateur du bîome ? C’en est où, concrètement, son fameux projet ?
Nous sommes en 2019, et j’ai eu la curiosité d’aller faire un tour sur son site web. Ce n’est pas actualisé depuis 2014. L’équipe a dû sans doute pas mal changé depuis, non ?
Il y a bien une page Facebook mais elle ne donne aucune actualité sur le projet. Elle ne fait sue relayer des infos diverses sur le monde animzl, la conservation, le braconnage, etc...
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Re: Faut-il bannir les parcs animaliers?

Messagepar okapi » Lundi 13 Mai 2019 13:52

En fait, en dépit d'une invasion en bonne et due forme, l'AFPZ n'a pas voulu participer à l'émission et si on doit en croire Jérôme Pensu, l'association ne l'aide pas vraiment non plus à développer son projet!
Cela reste une émission très intéressante, édifiante aussi, et la cause des zoos est bien défendue par Delphine Roulet dans un reportage d'ouverture. Ce n'est pas une émission à charge, mais beaucoup d'informations laissent rêveur...
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Re: Faut-il bannir les parcs animaliers?

Messagepar raphaël » Vendredi 17 Mai 2019 21:24

Vinch a écrit:Jérôme Pensu, fondateur du bîome ? C’en est où, concrètement, son fameux projet ?
Nous sommes en 2019, et j’ai eu la curiosité d’aller faire un tour sur son site web. Ce n’est pas actualisé depuis 2014. L’équipe a dû sans doute pas mal changé depuis, non ?


En effet, on en avait déjà parlé, disparition totale de l'associé originel du projet, Enrique Petit, remplacé par Pierre Douay sans laisser de trace, comme dans 1984.
Il ne manque plus que Damien Lerasle dans l'équipe ! :wink:
Les animaux des zoos sont les ambassadeurs de leurs cousins sauvages. (Pierre Gay)
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Re: Faut-il bannir les parcs animaliers?

Messagepar Philippe » Jeudi 23 Mai 2019 6:27

Canada : les zoos dans la ligne de mire de la SPCA (Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux)

Depuis le début de cette semaine, la ménagerie qui regroupe une centaine de lions, tigres, alpagas, zèbres, ours, kangourous et primates victimes d’actes de cruauté et de négligence — dont est accusé le propriétaire du zoo de Saint-Édouard, Normand Trahan — est dispersée dans des lieux plus adaptés et plus hospitaliers. L’enquête criminelle menée par la SPCA de Montréal, qui a conduit à l’arrestation du propriétaire de l’établissement mauricien, a soulevé de profondes questions quant aux bonnes pratiques des zoos.

« Ce processus d’enquête est le résultat d’un signalement de quelqu’un qui a visité le zoo et a constaté de la maltraitance. En apprenant que le zoo de Saint-Édouard avait été condamné à plusieurs reprises, mais avait toujours réussi à retrouver son permis, on s’est posé des questions à savoir si le système fonctionnait bien », indique Me Sophie Gaillard, directrice de la défense des animaux et responsable de l’opération de la SPCA.

« C’est la première fois qu’une saisie d’animaux de cette envergure est faite dans un jardin zoologique. Nous sommesl’une des seules organisations au monde à nous pencher sur toutes les espèces animales dans l’optique d’améliorer les lois, les restrictions, les conditions de permis qui visent les animaux en captivité », ajoute Eva Demianowicz, responsable de campagne pour Humane Society International, l’organisme qui se charge de l’opération de sauvetage du zoo de Saint-Édouard.

« Pour assurer le placement des animaux exotiques du Zoo de Saint-Édouard, nous avons fait appel à notre réseau de partenaires qui compte plusieurs refuges en Amérique du Nord et aux États-Unis. Ces endroits appliquent les standards de garde les plus élevés », évoque la porte-parole de HSI.

Si la saisie du zoo de Saint-Édouard, en Mauricie — qui s’échelonnera sur plusieurs semaines —, représente une première poursuite criminelle pour cause de cruauté animale au Québec, l’éthique des zoos est une préoccupation qui revient périodiquement dans le discours public, dans un contexte de prolifération d’images et d’opinions sur la vie animale sur le Web.

« On constate que les mentalités quant aux droits des animaux évoluent. On sent que le public est derrière nous pour faire appliquer les lois qui protègent les animaux de compagnie commeles animaux exotiques. Depuis 10-15 ans, les peines sont plus sévères pour les cas de cruauté et de négligence », indique Me Sophie Gaillard.

Changement de mentalités

En 2014, le sort de Marius, une jeune et saine girafe du zoo de Copenhague euthanasiée et donnée aux lions (par crainte de consanguinité), a suscité une levée de boucliers parmi les défenseurs des droits des animaux dans le monde entier. En mai 2016, une bonne partie de la planète Facebook s’est indignée après avoir assisté sur YouTube à la mise à mort de Harambe, un gorille de 17 ans qui menaçait la vie d’un petit garçon de trois ans qui s’était malencontreusement retrouvé dans un enclos du Zoo de Cincinnati.

Et depuis que la planète Facebook a crié son indignation à l’endroit du dentiste américain qui a assassiné le lion Cecil, le rapport « touristes et animaux exotiques » revient ponctuellement dansla conversation à l’ère de la réflexion sur les espèces menacées d’extinction dans l’anthropocène.

Recherche ou tourisme ?

Reste que tout n’est pas noir ou blanc dans la réflexion sur la pertinence des zoos, presque 100 ans après l’ouverture de celui de Londres, plus vieux parc zoologique de la planète.

Certains, comme le zoo de Granby, sont partie prenante de programmes de recherche voués à la protection d’espèces menacées et consacrent de vastes portions de leurs profits à ces activités.

Un autre argument des « pro-zoos » est qu’ils permettent à des personnes assoiffées de connaissances fauniques, qui n’ont pas les moyens de s’offrir un safari en Afrique, d’avoir un contact avec des espèces exotiques.

« Nous sommes à la fois horrifiés et très inquiets d’avoir appris que des animaux exotiques avaient subi de telles maltraitances », indique Susan Shafer, directrice générale de l’Association des zoos et aquariums du Canada (AZAC), qui craint que les accusations à l’endroit du zoo de Saint-Édouard ne provoquent une généralisation négative à l’endroit des zoos.

« Certains font du très bon travail de conservation et traitent adéquatement les animaux », souligne Susan Shafer, qui indique qu’au Québec, 7 établissements (sur 40) se sont volontairement soumis au processus d’accréditation pour atteindre les meilleures pratiques en matière de bien-être, de santé, de nutrition et de protection du public. Il s’agit de l’écomusée, du zoo de Saint-Félicien, du zoo de Granby, du Parc Safari, de l’Aquarium de Québec, du Biodôme et du parc Omega.

Ces sites, soutient Susan Shafer, procurent aux animaux un plan de la « naissance à la mort » et des aménagements appropriés aux espèces qu’ils hébergent.

Vie en captivité


En contrepartie, des philosophes qui réfléchissent au rapport entre humains et non-humains et à la santé des écosystèmes dénoncent le caractère oppressif de la vie en captivité.

« Les cages des zoos contribuent à forger la division humain-animal. Les zoos enseignent aux enfants que les animaux n’ont pas le droit à la liberté ou à la vie privée, ou encore à un quelconque droit fondamental de vivre librement », écrivaient dans un texte éditorial du Globe and Mail les philosophes Sue Donaldson et Will Kymlicka, coauteurs de l’ouvrage Zoopolis. Une théorie politique des droits des animaux.

Pendant ce temps, le manque de ressources et l’absence d’accréditation officielle pour encadrer et surveiller les pratiques d’individus et de petits établissements en possession d’animaux exotiques laissent la voie ouverte à des pratiques abusives ou négligentes, affirme Eva Demianowicz.

« C’est un domaine qui manque de ressources et qui demande un certain réveil de la part des autorités, afin de resserrer les normes et d’intervenir plus régulièrement. »

Image

Certaines institutions, comme le Zoo de Granby, sont partie prenante de programmes de recherche voués à la protection d’espèces menacées et consacrent de vastes portions de leurs profits à ces activités.
Source : Le Devoir.
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Re: Faut-il bannir les parcs animaliers?

Messagepar Philippe » Jeudi 13 Juin 2019 11:14

Cinq histoires d’animaux qui remettent en cause la captivité

Depuis l’aube du 19e siècle, profitant de la fascination du public pour la faune sauvage, les zoos se sont multipliés. Ils sont devenus un espace privilégié de rencontre entre les hommes et les animaux. Mais, au même titre que le tourisme animalier, qui fait l’objet d’un reportage dans le magazine National Geographic de juin 2019, ce type de relations mérite d’être questionné.

Violette Pouillard est historienne à l’université de Gand (Belgique). Elle s’est attelée à saisir le point de vue de la faune en captivité, en se fondant sur les récits de leurs compagnons humains, des registres vétérinaires et des travaux d’éthologues sur le comportement animal. Elle est l’auteure d’Histoire des zoos par les animaux (à paraître en novembre 2019, éditions Champ Vallon). Plongée en cinq étapes dans la vie des zoos.

Le lion, première star du zoo

Le premier zoo naît dans le contexte de la Révolution française. Les premières lois en faveur de la libération des Hommes, et en particulier des esclaves, s’accompagnent d’un élan semblable envers les animaux. Les ménageries princières deviennent des symboles de la tyrannie. Leurs animaux sont saisis, ainsi que ceux des montreurs itinérants. Il devient rapidement indispensable de trouver un endroit pour les accueillir. L’ancien jardin du roi abrite donc la toute nouvelle ménagerie du Jardin des Plantes, qui fera ensuite des émules dans toute l’Europe.

« Deux des animaux confisqués deviennent célèbres, raconte Violette Pouillard : le lion Woira et son chien, arrivés au Muséum d’histoire naturelle en 1794. À l’époque, il est assez courant de donner des compagnons canins aux captifs pour compenser l’absence de contacts avec leurs congénères. Inséparables depuis leur élevage commun au Sénégal, ceux-ci deviennent un symbole des idéaux révolutionnaires de réconciliation avec les animaux. »

Malheureusement, les conditions de vie sont difficiles dans la ménagerie et le chien meurt un an après son arrivée. Le lion, selon les récits, sombre dans la tristesse, s’isole et meurt à son tour en 1796. Dans cette histoire émouvante, l’historienne voit aussi la trace d’un changement de relation aux animaux : « L’idéal originel de libération animale passe rapidement au second plan. Il est supplanté par l’éducation et le plaisir des foules. La Révolution veut éduquer ses citoyens et offrir à tous la contemplation des animaux. »

L'éléphant, animal exotique

La contemplation des animaux devient justement un moteur essentiel du développement des zoos. Les visiteurs viennent nombreux pour admirer les espèces exotiques exposées. Dès 1794, la ménagerie du Jardin des Plantes ne se contente plus des animaux réquisitionnés et achète un premier éléphant. La scénographie évolue à partir de la fin du 19e siècle. Elle est marquée par des efforts pour tenter d’imiter les milieux de vie de certaines espèces. En 1907, en Allemagne, Carl Hagenbeck, un organisateur d’expositions animales, ouvre à Hambourg le premier zoo dit « sans barreaux ». Les animaux y sont présentés dans de grandes plaines, figurant leur environnement naturel, dans une représentation toutefois assez libre.

Mais les conditions restent rudes : les besoins des animaux sont mal connus, et les maladies, courantes. La place consacrée à la scénographie extérieure empiète sur les abris. La nuit, les animaux sont enfermés dans des lieux exigus. Beaucoup ont une durée de vie courte, et les institutions doivent mettre en place un important circuit commercial pour importer régulièrement de nouveaux individus afin de remplacer les précédents. Ce commerce s’inscrit dans le cadre des politiques coloniales des puissances européennes. « Dans les années 1930, 90 % des mammifères de la ménagerie du Jardin des Plantes sont originaires des colonies françaises, précise Violette Pouillard. Ils doivent s’adapter à la captivité, au public, mais aussi à des conditions climatiques et environnementales qui diffèrent radicalement des leurs. »

Par ailleurs, dans ce contexte colonial où les expositions d’humains existent encore, l’idée est d’offrir un aperçu de l’empire aux visiteurs, par la possibilité d’appréhender l’ensemble du monde animal en un seul regard. Cette conception ne meurt d’ailleurs pas avec la fin du colonialisme. Ces dernières années, la rénovation du zoo de Vincennes a offert plus d’espace aux animaux, ainsi que des lieux pour leur permettre de s’isoler. Un choix qui déplaît à de nombreux visiteurs, ceux-ci se plaignant du peu d’animaux présentés ou de l’absence de certaines espèces emblématiques.

Les reptiles, les invisibles du zoo

Dans l’ombre des espèces phares, principalement les grands mammifères, les zoos abritent aussi toute une série d’animaux que Violette Pouillard appelle les “invisibles”. Parmi eux, les reptiles sont un bon exemple : les visiteurs les regardent brièvement, en passant, sans prêter véritablement attention. « L’accent est mis sur le côté encyclopédique, note-t-elle. Il s’agit de montrer la diversité des espèces, comme dans un musée vivant. »

Les conditions de vie de ces invisibles sont donc souvent ignorées, alors même que celles des mammifères préoccupent de plus en plus les visiteurs. Les gestionnaires de zoos eux-mêmes avouent parfois leur ignorance concernant le ressenti des reptiles et leurs besoins.

Les iguanes verts, par exemple, en ont longtemps été victimes : certains pouvaient devenir léthargiques et incapables de tenir sur leurs perchoirs du fait de fractures des os. Les scientifiques ont fini par découvrir que ces reptiles, quasiment coupés de toute exposition à la lumière solaire, manquaient de vitamine D. De nos jours, des lampes à ultraviolets et des compléments alimentaires leur permettent d’avoir des os plus solides.

L'ours, en mal de captivité

En 2004, les ours de la Ménagerie du Jardin des Plantes peinaient tant à s’adapter à leur fosse que les gestionnaires du zoo parisien ont décidé de les confier à celui de Thoiry (Yvelines) pour qu’ils bénéficient d’un espace dix fois plus grand.

Mais, le plus souvent, la souffrance des animaux n’a qu’un impact lent et décalé sur les politiques des zoos. « Dans cette structure carcérale, les acteurs d’en bas sont peu entendus, pointe Violette Pouillard. Le parallèle avec la prison peut surprendre, mais il n’est pas nouveau. Dès la création des premiers zoos, des écrivains et des philosophes, notamment certains qui ont connu l’expérience de l’enfermement, critiquent la captivité des animaux. »

Cet enfermement est souvent stressant pour les animaux : ceux-ci s’ennuient, se sentent frustrés et n’ont aucun contrôle sur leurs interactions avec les visiteurs. Résultat, beaucoup développent des comportements « stéréotypiques », c’est-à-dire inutiles, répétés et causés par les conditions de captivité. Des félins se mettent par exemple à arpenter leur cage continuellement ou des ours à se balancer. Les zoos tentent donc de trouver des solutions, mais restent souvent contraints par le manque de moyens et les demandes du public.

Le rhinocéros, espèce menacée

Avec la sensibilisation du public à la souffrance animale, les conditions de vie en captivité vont plutôt en s’améliorant. Cependant, même les institutions les plus ouvertes donnent à voir des animaux sous la férule de l’homme. « Plus que les conditions de captivité, le plus important serait de questionner notre grille d’appréhension du monde animal », critique l’historienne.

D’autant que, pour de nombreuses espèces, comme le rhinocéros, la différence entre une vie en zoo et une existence confinée dans une réserve, menacée par le braconnage et soumise à la pression touristique, la différence est ténue. Les deux sont d’ailleurs loin de s’opposer. Les mêmes individus pouvant d’ailleurs passer de l’un à l’autre, au gré des programmes de conservation, notamment lorsque les zoos ont besoin de nouveaux animaux pour la reproduction en captivité.

Cette approche conservationniste, dont les zoos et les réserves sont emblématiques, n’est pas l’unique relation possible entre Hommes et animaux. C'est une option, née de la période coloniale, qui a marginalisé d'autres types de relations avec la faune. En attribuant aux animaux des espaces spécifiques ou en limitant les zones de chasse, les programmes de conservation sont d’ailleurs régulièrement entrés en conflit avec les habitants. Violette Pouillard conclut : « Dans les réserves, comme dans les zoos, on retrouve la même séparation entre nature et culture, ainsi que la même démarche conservationniste de contrôle, avec des espaces réservés aux humains et d’autres, supposément, aux animaux. Mais ces derniers sont soumis à une pression croissante, notamment touristique et scientifique. Dans un sens, c’est le monde qui devient un zoo. »
Source : National Geographic.
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Re: Faut-il bannir les parcs animaliers?

Messagepar raphaël » Samedi 15 Juin 2019 21:49

Je suis curieux de lire que les visiteurs d'un zoo passent devant les reptiles sans les regarder.
Pour avoir travaillé dans divers zoos où l'on entend souvent demander où est le vivarium (dans les zoos qui en avaient) et est-ce qu'il y a un vivarium (pour ceux qui n'en avaient pas), le public aime à se faire peur et à conjurer ses craintes face à ces animaux.
Les serpents sont des animaux hyper demandés, les crocodiles aussi et les tortues sont véritablement des stars des produits dérivés en boutique. Les varans et iguanes suscitent peut-être moins d'intérêt, et encore... Et les caméléons plaisent bien.
Les animaux des zoos sont les ambassadeurs de leurs cousins sauvages. (Pierre Gay)
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Re: Faut-il bannir les parcs animaliers?

Messagepar okapi » Dimanche 16 Juin 2019 9:30

Pour visiter régulièrement des zoos dotés d'un vivarium, je crois qu'il y a là un intéressant sujet de fascination/répulsion, mais je pense aussi que c'est avant tout une question de "statut": les visiteurs demandent, sont ravis de constater qu'il y a bien un vivarium, mais ils ne passent finalement qu'une poignée de secondes devant les boîtes vitrées où somnolent les boas et les pythons. Sans parler de la lassitude devant des alignements interminables de vitrines où bon nombre d'occupants sont invisibles...
Les crocodiles, c'est différent, surtout quand il y en a beaucoup, mais les lieux dédiés exclusivement aux reptiles n'ont pas toujours connu le succès sur la durée...
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