L'inévitable questionnement éthique des zoos au XXIe siècle

L'inévitable questionnement éthique des zoos au XXIe siècle

Messagepar Philippe » Mercredi 02 Janvier 2019 23:08

Le maintien en captivité d’animaux sauvages à des fins de divertissement fait grincer de plus en plus de dents. Entre missions de sensibilisation et de conservation, les zoos doivent-ils se réinventer ?

En cette période de vacances scolaires, les zoos suisses ne manquent pas d’arguments pour attirer les familles. Depuis le début du mois de décembre 2018, neuf manchots papous et 17 manchots royaux se sont établis à Bâle, après une année d’absence durant laquelle leur enclos a été rénové. Ils participent de nouveau à la « promenade des manchots », une des attractions hivernales les plus populaires du zoo, qui amène ces oiseaux originaires de l’Antarctique à déambuler sur le pont du vivarium.

Dans le nouvel espace australien du zoo de Zurich, varans et kangourous ont été rejoints au printemps dernier par les deux koalas Mikey et Milo – les premiers à élire domicile sur le sol helvétique. En Suisse romande, les trois ours bruns de Syrie nés au zoo de Servion fêteront bientôt leur première année. Le parc proche de Lausanne abrite aussi des panthères des neiges et des lions d’Afrique; il est possible d’assister à leur nourrissage selon des horaires prédéfinis.

Cette énumération d’attractions impliquant des animaux exotiques vous met mal à l’aise ? Vous n’êtes pas le ou la seul.e. Alors que la sensibilité à la cause animale progresse globalement dans les sociétés occidentales, comme en témoigne le succès du mouvement végane, un nombre croissant de personnes sont gênées par le maintien en captivité d’animaux sauvages. Dans un ouvrage* récemment traduit en français, l’écologiste radical américain Derrick Jensen délivre un plaidoyer à charge contre les zoos, qui découlent selon lui d’une idéologie de domination de la nature par l’être humain, à l’origine de la crise environnementale actuelle.

Un rôle éducatif

Ces institutions jouent pourtant un rôle incontournable dans la préservation de la biodiversité, font valoir leurs promoteurs. Elles ont par ailleurs beaucoup évolué, et se montrent de plus en plus attentives au bien-être de leurs pensionnaires. Mais peuvent-elles encore faire mieux ? Et les zoos ont-ils encore vraiment un rôle à jouer au XXIe siècle, alors que les nouvelles technologies offrent de nouvelles manières d’appréhender la vie sauvage ? Une chose est sûre : le zoo du futur ne pourra pas faire l’économie d’une réflexion éthique.

Pour certains militants de la cause animale, les zoos sont une institution anachronique, qui n’a plus de raison d’être aujourd’hui. Mais pour les responsables de ces établissements, convaincus de leur mission, ils continuent de jouer un incontournable rôle éducatif. « Les zoos ont été créés par l’être humain afin qu’il puisse entrer en contact avec des animaux. Sans cette relation, nous perdrions tout intérêt à les protéger », estime Alex Rübel, le directeur du zoo de Zurich, l’un des plus importants de Suisse.

Connaître pour aimer


« Pour aimer quelque chose, il faut le connaître, abonde dans son sens Michel Gauthier-Clerc, directeur du centre de soin et parc animalier La Garenne à Le Vaud, spécialisé dans la faune européenne. Je vois le zoo comme un centre d’éducation à l’environnement, au sein duquel on s’amuse et on se sensibilise par la même occasion. A La Garenne, les lynx et les loups constituent en quelque sorte des produits d’appel pour des visiteurs d’âges et de milieux variés; une fois sur place, ils s’intéressent aussi aux espèces a priori moins spectaculaires, comme le mulot ou la salamandre. »

Certains zoos s’efforcent de promouvoir des modes de vie plus durables. « Aux côtés des grands singes, nous avons une exposition qui présente les diverses menaces qui pèsent sur ces animaux, comme l’exploitation minière et la culture à grande échelle du palmier à huile. Nous mettons en évidence les liens entre nos propres comportements et la situation des animaux sauvages à l’autre bout du monde », indique Alex Rübel.
Michel Gauthier-Clerc défend lui aussi une approche holistique de la protection de l’environnement au sein de son établissement. La cafétéria de La Garenne propose ainsi 90% de produits issus de l’agriculture biologique ou produits localement, bien que cela réduise ses marges.

Conservation des espèces

Les zoos sont par ailleurs nombreux à participer à des programmes de conservation d’espèces menacées. D’après l’Association mondiale des zoos et aquariums (WAZA), sise à Gland, qui regroupe 300 membres, il existe des registres généalogiques pour plus de 1000 espèces vivant en captivité à travers le monde. Des échanges d’animaux entre zoos permettent d’assurer leur reproduction tout en maintenant un certain brassage génétique. Des animaux en bonne santé peuvent ainsi dans certains cas être réintroduits dans leur milieu d’origine.

Un exemple local : « La Garenne participe depuis une cinquantaine d’années à un programme européen de réintroduction du gypaète barbu, rapace qui avait totalement disparu des Alpes au début du siècle dernier, explique Michel Gauthier-Clerc. Sur les 25 poussins nés dans notre parc, 12 ont pu être relâchés dans la nature. » Parmi les autres réintroductions emblématiques, rendues possibles par l’élevage dans des zoos, figurent les cas du cheval de Przewalski, dernier cheval sauvage d’Europe, et du bison d’Europe.

Enfin, toujours d’après la WAZA, les zoos investissent chaque année l’équivalent de 350 millions de francs dans des projets de protection de la faune non pas entre leurs murs, mais dans les régions d’origine de leurs pensionnaires. A titre d’exemple, le zoo de Zurich contribue à sept programmes de conservation à l’étranger, notamment à Madagascar pour la protection de la forêt pluviale, à Sumatra pour la réintroduction dans leur milieu d’orangs-outans ayant servi d’animaux de compagnie, ou encore au Kenya pour l’équipement et la rétribution des gardes-chasses du parc naturel de Lewa.

De meilleures conditions de vie


Ces arguments ne suffisent pas à convaincre les opposants aux zoos, à l’image de Vera Weber, de la Fondation Franz Weber. « Les réintroductions dans la nature d’animaux issus des zoos sont très rares, il est ridicule de mettre en avant ce type de programmes pour se justifier. Il est plus pertinent de protéger la faune directement dans son milieu d’origine, assure-t-elle. Quant au rôle supposé des zoos dans la sensibilisation du public, comment peut-on encore y croire aujourd’hui? Il suffit de considérer l’état de dégradation de notre planète pour constater qu’ils n’ont pas la moindre influence ! »

Les conditions de vie des animaux captifs suscitent également le débat. Certes, dans les pays développés, elles n’ont plus rien à voir avec celles des ménageries du XIXe siècle. Fini les cages exiguës, munies de barreaux et de sols en béton, exposant à tous les regards des animaux amaigris et bourrés de tics. Le dernier rapport sur les zoos de la Protection suisse des animaux, qui date de 2014, reconnaît que les animaux sont globalement bien soignés sur le territoire helvétique et ne pointe aucun établissement dont la visite serait à proscrire en raison de mauvais traitements.

« En quelques décennies, les enclos sont devenus plus vastes et plus proches des milieux naturels. Ils sont également enrichis afin de stimuler leurs occupants, grâce à l’ajout d’odeurs et d’accessoires ou par le biais d’une recherche active de la nourriture », affirme Jonas Livet, fondateur du cabinet d’expertise zootechnique Fox Consulting, qui reconnaît toutefois que tous les zoos ne se valent pas, certains étant plus investis que d’autres dans l’amélioration des conditions de détention des animaux.

Alors, heureux, les animaux du zoo ? Tout le monde ne partage pas cet avis. « En Suisse, les zoos sont tenus de respecter les critères de garde définis par l’ordonnance sur la protection des animaux. Mais celle-ci se contente de définir des standards minimums de bien-être, elle ne garantit en aucun cas des conditions optimales de détention. En d’autres termes, ce n’est pas parce qu’un zoo respecte la législation que les animaux vont bien ! » assure Alexandra Spring, de la fondation alémanique Pour l’animal dans le droit.

Dignité de l’animal

Selon cette organisation, certains grands félins, tout comme les éléphants, ours polaires, girafes et manchots ne devraient pas avoir leur place dans les zoos helvétiques, en raison des spécificités de leur mode de vie. « Pensez à un guépard, qui à l’état sauvage peut courir à 100 km par heure, quelle surface lui faudrait-il pour être à son aise en captivité ? » questionne Alexandra Spring. La juriste rappelle par ailleurs que la loi helvétique enjoint de respecter la dignité de l’animal : « Or peut-on parler de dignité pour des animaux enfermés et exposés? Ce ne sont pas des objets et à ce titre ils ne devraient pas être maintenus en captivité seulement pour l’amusement de l’humain. »

Une position largement partagée par Vera Weber, pour qui les zoos doivent se réformer en profondeur, afin de mieux correspondre aux attentes de la société : « Les gens ne veulent plus voir des animaux enfermés. Si les zoos ne réagissent pas, dans vingt à quarante ans ils seront contraints de fermer. Ils devraient par conséquent renoncer aux nouvelles naissances pour recentrer leurs activités sur l’accueil d’animaux blessés ou saisis dans les douanes. C’est seulement ainsi qu’ils se mettront vraiment au service des animaux. »

Les prélèvements dans la nature se font rares

La question des jeunes animaux nés en captivité est particulièrement sensible. Certes, ils peuvent être transférés entre zoos partenaires et ainsi on évite que de nouveaux individus soient prélevés dans la nature – ce type de prélèvement est d’ailleurs devenu très rare pour les mammifères, alors qu’ils restent courants pour alimenter les aquariums (lire complément). Les bébés animaux sont aussi très populaires auprès du public. Mais parfois, ils se retrouvent en surnombre et doivent être euthanasiés. L’abattage en 2014 au zoo de Copenhague d’un girafon d’un an et demi en parfaite santé, mais qui ne présentait pas un patrimoine génétique suffisamment original, avait ainsi déclenché une polémique.

Malgré la pression qui monte, les responsables de zoo ne se disent pas découragés, bien au contraire. « A mon sens, les zoos de qualité sont promis à un bel avenir. Ils auront un rôle de plus en plus important à jouer, en raison du déclin massif de la biodiversité », assure Alex Rübel. Jonas Livet imagine également des zoos encore plus engagés dans la protection de la faune. Ces établissements du futur ne seraient plus une fin en eux-mêmes, mais plutôt un moyen de récolter des fonds pour des projets menés à l’étranger, tout en maintenant une mission d’information des visiteurs.

Projets futuristes

Tous les zoos n’ont pas choisi cette voie. « Certains d’entre eux, comme à Hanovre ou à Emmen aux Pays-Bas, s’orientent plutôt vers le parc de loisirs. Ils développent diverses attractions, quitte à reléguer les animaux au second plan », indique Jonas Livet. D’autres mettent en avant un projet architectural, à l’image du zoo de Vincennes, qui a rouvert en 2014 près de Paris. Le zoo danois de Givskud propose quant à lui une approche franchement futuriste avec son projet Zootopia, qui veut abolir tous types de cages et de murs pour offrir aux visiteurs une expérience immersive, pourquoi pas grâce à des véhicules sous forme de bulles qui permettraient de s’approcher des animaux. Le concept demande cependant encore à être précisé et financé et ne devrait pas voir le jour avant plusieurs années.

Plus audacieux encore, les zoos du futur pourraient… ne plus abriter d’animaux. « La réalité virtuelle, les hologrammes, les visions en 360° offrent des possibilités très excitantes. Elles permettent de se plonger dans la vie des animaux d’une manière plus réaliste que dans un enclos. Les zoos doivent se saisir de ces outils plutôt que de répéter les mêmes concepts vieux de deux cents ans », soutient Vera Weber. Jonas Livet reconnaît l’intérêt de cette approche, mais l’imagine plutôt en complément de l’exposition d’animaux vivants. « Rien ne remplacera l’émotion suscitée par la rencontre avec l’animal en chair et en os », estime le zoologue.

Un zoo sans animaux… pourquoi pas ? Si vous souhaitez expérimenter l’idée, vous pouvez vous rendre dans certains cinémas parisiens qui offrent depuis quelques semaines à leurs spectateurs la possibilité de nager avec des requins ou de voler avec des flamants roses, après avoir revêtu un casque de réalité virtuelle. Adrien Moisson, le fondateur de la société française The Wild Immersion, qui a monté cette expérience, ne cache pas son intention de remplacer les parcs zoologiques, « ces lieux d’un autre temps qui ne respectent pas les animaux ».

* Derrick Jensen, Zoos. Le cauchemar de la vie en captivité, Editions Libre, 156 p.

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Un éléphant africain au zoo de Duisbourg, en Allemagne, dans les années 1980.

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Cette serre du zoo de Zurich reproduit les conditions de la forêt tropicale de Masoala, à Madagascar.


Océanium, l’aquarium géant qui divise Bâle

Amener la mer à Bâle coûterait 100 millions de francs. Tel est en effet le budget estimé pour bâtir un gigantesque aquarium d’eau salée dans la cité rhénane. Baptisé «Océanium» et lancé par le zoo de Bâle, le projet ne fait pas l’unanimité.

S’il devait voir le jour, au plus tôt en 2024, l’Océanium serait unique en son genre en Suisse. Le bâtiment situé dans le quartier de la Heuwaage comprendrait quatre ou cinq étages et une quarantaine d’aquariums d’un volume total d’environ 4600 m³ d’eau. De quoi accueillir des milliers de poissons et autres organismes aquatiques. Et rivaliser, en termes de taille, avec l’aquarium de Gênes, notamment.

Mais un aquarium de mer en Suisse, à des centaines de kilomètres de la côte la plus proche, est-ce vraiment raisonnable ? « Une absurdité » pour Vera Weber, dont la fondation mène la fronde contre le projet. « Les concepteurs d’Océanium prétendent contribuer à la protection des océans. En fait, cet aquarium serait constitué à 90% d’animaux issus de la nature. De telles captures entraînent des dégradations des écosystèmes naturels. Par ailleurs, 80% des poissons meurent lors de leur transfert vers les aquariums. »

Mortalité des poissons

Les concepteurs du projet ne nient pas que les animaux exposés seront en majorité issus des océans. Mais d’après eux, des méthodes de capture non destructrices existent. Ils contestent par ailleurs les chiffres de leurs opposants concernant la mortalité des poissons: « Une étude de l’Office fédéral des affaires vétérinaires a montré qu’environ 1,5% des animaux ne survivent pas au transport », peut-on lire sur le site internet d’Océanium.

Le financement du projet soulève aussi des questionnements. Le zoo de Bâle affirme pouvoir compter sur de nombreux dons privés. En 2015, un mécène anonyme s’est ainsi engagé à verser 30 millions de francs en faveur de l’aquarium. Certains redoutent néanmoins que les finances publiques soient mises à contribution.

Alors, Bâle doit-il se doter ou non de cette nouvelle attraction? Il reviendra au peuple de trancher. A la suite d'un vote favorable au projet du Grand Conseil, un comité référendaire anti-Océanium s’est constitué au mois de novembre dernier. En l’espace d’un mois, près de 5.000 signatures ont été récoltées puis validées par la Chancellerie. La votation pourrait se tenir au plus tôt en mai 2019.

Source : Le Temps.
Philippe
 
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Re: L'inévitable questionnement éthique des zoos au XXIe siè

Messagepar Philippe » Mercredi 02 Janvier 2019 23:12

Et voici l'édito publié par le Temps en marge de l'article ci-dessus :

Plaidoyer pour des animaux plus réels que réels dans les zoos

La cause des bêtes progresse dans nos sociétés. Un des bastions à conquérir est celui des parcs animaliers, qui sont de plus en plus contestés.

Au premier soir de l’an neuf, la RTS a diffusé Victoria, le film de Justine Triet (2016) qui met notamment en scène un dalmatien très expressif dans le rôle d’un témoin au tribunal. Au-delà des cent un gags qui défilent dans cette comédie excentrique, le chien au service de la justice humaine incarne une problématique moins absurde qu’il n’y paraît : le paradigme inversé d’une société de plus en plus sensible à la cause de « nos amies les bêtes », comme on dit.

Ces derniers mois l’ont montré avec éloquence: cette cause-là progresse à une vitesse faramineuse dans les sociétés occidentales. A la faveur des mouvements végane et antispéciste, qui ne font volontairement pas toujours dans la dentelle pour démonter la logique de l’exploitation de l’animal par l’homme. Ou par la voix d’idéalistes suivant les sabots d’un paysan hanté par les cornes de vache. La Suisse, comme l’a aussi démontré un récent procès très médiatisé à Nyon, ne fait pas exception, même si elle bénéficie d’une des lois les plus élaborées qui soient au monde sur la protection des animaux.

Pourtant, dans ce pays dont le cirque national a éjecté les animaux de son arène, les citoyens vont vraisemblablement devoir se rendre aux urnes pour se prononcer une nouvelle fois sur le bannissement de la vivisection : lancée en 2017, une initiative réclame que l’expérimentation animale soit considérée comme un mauvais traitement envers les animaux et puisse constituer un crime. Les citoyens se sont déjà prononcés plusieurs fois sur le sujet, mais ils ont à chaque fois rejeté les textes. Cette fois-ci sera-t-elle « la bonne » ? Léonard de Vinci, déjà, prédisait ceci : « Le jour viendra où les personnes comme moi regarderont le meurtre des animaux comme ils regardent aujourd’hui le meurtre des êtres humains. »

En attendant de savoir ce que nous réservent encore les nouvelles arches de Noé, un nombre croissant de personnes sont aussi gênées par le maintien en captivité d’animaux sauvages. Elles ne ménagent pas leurs efforts et leurs charges contre les zoos, qui seraient le symptôme, dégradant selon elles, d’une idéologie de domination de la nature. Le geste fait feu sur l’ère qui a débuté lorsque les activités humaines ont commencé à avoir un impact significatif sur l’écosystème planétaire. La conséquence – et l’objet du courroux –, c’est la crise environnementale actuelle. Et, avec elle, la disparition d’espèces dont les zoos contribuent pourtant, comme sanctuaires, à rappeler l’importance en matière de biodiversité.

Voilà le dilemme. La solution pourrait bien prendre le chemin, une fois de plus, du numérique. Avec des zoos qui deviendraient des enclos de réalité virtuelle où se plonger dans la vie d’animaux plus réels que réels. Des zoos… sans animaux.
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Re: L'inévitable questionnement éthique des zoos au XXIe siè

Messagepar Philippe » Mercredi 02 Janvier 2019 23:18

Et le manque de transparence de certaines organisations comme Species360 ne peut que contribuer à développer la défiance envers les zoos...
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Re: L'inévitable questionnement éthique des zoos au XXIe siè

Messagepar Therabu » Jeudi 03 Janvier 2019 10:07

Merci beaucoup Philippe pour cet article ayant fait l'objet d'une bonne recherche et traitant un sujet de fond.
Je dois dire que même si je trouve que les associations anti-spécisme et végan se trompent de combat et s'attaquent plus aux symboles et symptômes qu'aux causes profondes des problèmes de cette cris environnementale, je trouve leur action bénéfique à long terme pour le monde des zoos : en effet, il s'agit d'un contrepoids bien plus violent que l'autorégulation de l'EAZA ou des réglementations publiques qui in fine, poussent la profession à plus d'intégrité.
Je ne pense pas que des zoos comme Amnéville aurait été exclu de l'EAZA par exemple, si cela n'avait pas constitué un important risque d'image pour l'ensemble de l'association. La réflexion menée sur le super-aquarium de Bâle m'apparaît aussi très saine après des années d'impunité totale pour ces institutions et les déboires récents d'un autre gros projet.

Je reste de l'avis de Jonas, à savoir que rien ne remplacera vraiment la rencontre avec un animal véritable. Il existe déjà des documentaires animaliers fantastiques (ceux produits par la BBC notamment) où l'on observe des espèces et des comportements incroyables que nous ne pourrions voir en parcs zoologiques. Malgré cela, le succès des zoos n'est pas démenti, ce qui traduit à mon avis l'envie de rencontre les animaux en chair et en os. A l'heure actuelle, je ne vois les technologies comme la réalité virtuelle que comme des compléments de visite, des "faire-valoir", même si je n'exclue pas qu'elles prennent une place importante dans le futur.
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Re: L'inévitable questionnement éthique des zoos au XXIe siè

Messagepar okapi » Jeudi 03 Janvier 2019 10:21

Merci Philippe pour ces articles de fond sur un sujet "à haut risque". Je ne suis pas surpris que ça vienne de Suisse, un pays plutôt progressiste en matière de regard sur la captivité et ses fondements...
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Re: L'inévitable questionnement éthique des zoos au XXIe siè

Messagepar zooho » Jeudi 03 Janvier 2019 12:54

J'aimerai savoir si il est possible de preserver les espèces menacées d'extinctions dans des réserves in situ.
Il me semble que oui. Mais je ne suis pas un spécialiste.
A ce moment là les zoos n'aurait plus d'utilité.
C'est à mon avis la première question que l'on doit se poser.
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Re: L'inévitable questionnement éthique des zoos au XXIe siè

Messagepar Thibaut » Jeudi 03 Janvier 2019 13:48

Ben les programmes in situ sont souvent financé par les zoos...

La technologie c'est bien pour tester mais au bout d'un moment je me demande s'il ne risque pas d'y avoir un ras de bol. Autant on peut difficilement se sentir proche de la nature dans certains zoos autant certains sont une vraie balade au milieu de la nature. Aucune technologie ne remplacera une balade sous la forêt de Branfere ou la plaine de Sainte-croix.
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Re: L'inévitable questionnement éthique des zoos au XXIe siè

Messagepar Alexis » Jeudi 03 Janvier 2019 19:10

Ben les programmes in situ sont souvent financé par les zoos...

C'est notamment le cas pour des pays en situation de crise politique grave, où le financement de la protection de la nature par les Etats est une utopie à l'heure actuelle. Je pense, entre autres exemples, à Madagascar, au Congo-Kinshasa, entre autres "destinations" où j'ai rarement vu les militants anti-zoo (affichés comme tels) faire quoi que ce soit.
Mais c'est aussi à mon avis le cas pour la faune française/européenne, pour laquelle certains zoos s'investissent fortement, en termes de sensibilisation du public, de recherche, et de conservation "active" (par exemple la réintroduction récente des cistudes en Alsace).
Là aussi, les militants anti-zoo (et l'idéologie qu'ils défendent) ne proposent pas grand-chose comme alternative concrète, leur positionnement se limite à une "éthique" abstraite, sans pragmatisme par rapport à la protection des espèces et de leurs habitats, ni reconnexion "positive" entre l'humain et l'animal, il s'agit essentiellement d'isoler la nature -considérée comme entité à part selon un vieux schéma dualiste, judéo-christiano-cartésiano-rousseauiste- à l'abri des humains, considérés comme intrinsèquement malfaisants (note personnelle : et c'est encore pire avec les végans, pour lesquels l'animal domestique n'a plus aucune raison d'exister dans leur monde "idéal" ; la protection des races animales domestiques est un non-sens dans la doctrine végane).

Les organismes de protection de la nature (ONG internationales [IUCN, WWF, Birdlife...] et associations locales, voire établissements de recherche comme le CNRS en France) qui s'impliquent dans des actions concrètes agissent, au contraire, en partenariat avec les zoos et parcs animaliers.

La technologie c'est bien pour tester mais au bout d'un moment je me demande s'il ne risque pas d'y avoir un ras de bol.

Les technologies de l'audiovisuel se sont beaucoup développées dans les dernières années, mais sans beaucoup s'investir dans la protection de la nature, tout ceci reste du virtuel, un peu comme le film Avatar. "Trop" virtuel d'ailleurs : une balade dans la forêt amazonienne, à l'ère des dinosaures, sur la planète Vulcain, c'est kif-kif et ça introduit une confusion dans la tête du spectateur (quel besoin de protéger si on peut tout créer virtuellement ???).
Le Futuroscope de Poitiers (spécialisé dans le domaine) propose des films très spectaculaires, mais sans positionnement écologique (contrairement à la Vallée des Singes, située non loin et qui élève, et présente au public, des singes vivants, souvent menacés d'extinction dans le milieu naturel... et qui s'implique dans leur préservation).
Et je ne parle même pas des flops retentissants comme le parc océanique Cousteau, ouvert en grande pompe au coeur de Paris, qui se flattait de ne présenter aucun poisson ni aquarium, mais qui a été largement boudé par le public et qui a mis la clé sous la porte 2 ans plus tard. Seul le moulage de baleine a été conservé et sert... de toboggan dans la piscine de l'Aquaboulevard (pour le message de sensibilisation sur la protection de la nature, on repassera).

Il reste quand même les films animaliers, parfois de très haute qualité (type Attenborough), mais ceux-ci ne suffisent pas à mon avis, rien ne peut remplacer la rencontre directe entre l'humain et l'animal.

Bonne année 2019 à vous toutes et à vous tous !

Alexis
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Re: L'inévitable questionnement éthique des zoos au XXIe siè

Messagepar raphaël » Jeudi 03 Janvier 2019 20:11

Le projet Wild Immersion, en ce moment à Bordeaux à Cap Sciences, est soutenu par Jane Goodall.
Une dame qui n'en finit pas de faire des conférences et des visites dans les zoos du monde entier !

L'argumentaire des anti zoos est problématique en plusieurs points à mon sens.
Le premier point est qu'ils ne connaissent pas du tout, ou ne veulent pas reconnaître, le rôle des zoos dans la conservation in situ.
Quand on lit "il faut protéger les animaux dans leur milieu naturel", la chose la plus évidente à répondre est "Oui... ça fait 40 ans que les zoos le font !"
Depuis Durrell, les zoos ne sont pas des espèces de laboratoire à ciel ouvert où l'on reproduit et élève des animaux déconnectés de leur territoire originel. Ce sont des lieux tournés vers le monde sauvage qui interagissent, échangent, soutiennent, les projets de conservation in situ. Le choix du nom de l'association du Parc Animalier d'Auvergne, "La Passerelle", me paraît fort bien trouvée. On le voit (un peu) dans l'émission "Zoo le défi de demain", on le voit un peu parfois dans Une saison au zoo, on le comprend en lisant les livres de Norin Chai ou de Florence Ollivet-Courtois, et je ne parle qu'à échelle française...
L'univers des zoos ne s'oppose pas à la conservation sur le terrain, il le soutient, il le finance, il lui permet d'exister. Dans des pays comme Madagascar, s'il ne fallait compter que sur la volonté politique, la situation serait encore plus tragique qu'elle ne l'est.
D'ailleurs, les voix anti-zoo viennent plus souvent du monde du "bien être animal" que de la conservation de la biodiversité. Et j'attends de voir, de la part de ces associations, des résultats plus positifs que n'ont eu les fondations de Durrell, de Chester, les Zoological Society diverses de Londres ou Edinburgh, les missions de Doué ou du Conservatoire pour les Primates...

Un autre problème est le manque de connaissance de l'animal.
Quand on dit qu'un guépard court à 100 km/h mais qu'en zoo il ne le fait pas, c'est une réalité mais il est difficile de dire si un animal souffre ou non de ne pas utiliser toutes ses capacités physiques. L'animal vit pour survivre, et a l'économie d'énergie gravée dans son ADN. Un raton laveur ou une famille de singes qui déniche une poubelle régulièrement remplie de victuailles passera sa vie à proximité, bien qu'ils soient sauvages. Plus un animal a de ressources autour de lui, plus il a un petit territoire. Pour beaucoup d'espèces, si un enclos est bien fait, il correspond à ce petit territoire où on trouve tout ce qu'il faut à volonté : eau, nourriture, sécurité.
Je sais qu'avec ce raisonnement on peut justifier de minuscules enclos, et que le problème de l'ennui-inactivité est bien réel. Mais un animal en captivité n'est pas forcément un animal qui souffre de ne pas pouvoir courir à 100 km/h ou marcher 80 km par jour selon les espèces.

Enfin, je trouve l'argument contre la pédagogie "si les zoos aidaient à faire aimer les animaux, la planète serait pas en si mauvais état" complètement malhonnête.
Sinon on peut dire pareil des musées ou des films ou reportages animaliers.
Les animaux des zoos sont les ambassadeurs de leurs cousins sauvages. (Pierre Gay)
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Re: L'inévitable questionnement éthique des zoos au XXIe siè

Messagepar okapi » Vendredi 04 Janvier 2019 8:35

Ce que les articles suisses sous-entendent, c'est surtout est-ce que la conservation peut/doit se passer des zoos... Et la réponse est probablement oui...
Le point de vue vegan à propos des espèces domestiques, génétiquement adaptées, modulées ou modifiées par l'homme en fonction de ses besoins, n'est pas absurde, mais conforme à une doctrine: qui sommes-nous pour nous arroger le droit de modifier la Nature?
Pour ce qui concerne l'impact sur la sensibilisation des publics via le zoo, sans tomber dans l'excès, je pense que les résultats obtenus par les parcs en matière de pédagogie ne sont pas loin du zéro pointé... Je ne crois sincèrement pas du tout à une quelconque prise de conscience du visiteur lorsqu'il se promène dans un grand zoo commercial: l'environnement artificiel en plus des sollicitations variées (spectacles, annonces, boutiques, etc) ne contribue pas vraiment à lui faire réaliser que tout ce qu'il voit va disparaître... J'ai eu une conversation édifiante avec une personne responsable d'un parc à propos justement de la sensibilisation du public: les efforts sont constants, mais l'efficacité relative du discours ne fonctionne que vis-à-vis des personnes déjà concernées et surtout à huis-clos, dans des débats organisés, mais pas vraiment dans les allées...
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Re: L'inévitable questionnement éthique des zoos au XXIe siè

Messagepar Alexis » Vendredi 04 Janvier 2019 13:20

Le point de vue vegan à propos des espèces domestiques [...] n'est pas absurde, mais conforme à une doctrine: qui sommes-nous pour nous arroger le droit de modifier la Nature?

Réponse : une espèce animale qui a des inter-relations avec les autres espèces animales depuis des temps immémoriaux : plusieurs millions d'années avec les espèces sauvages, environ 10000 ans avec les espèces que nous avons domestiquées pour des fins diverses.
L'on ne peut pas en faire table rase en un instant, comme le veut la doctrine désincarnée des végans !
Oui la doctrine végan (végane ? vegan ?) a sa cohérence. Comme le nazisme, le stalinisme, les intégrismes religieux de tout poil. On a le droit de ne pas être d'accord avec, et même d'avoir envie de gerber dès qu'on en entend parler.
Pour moi c'est un énième avatar de la distinction "nature-culture" qui structure la pensée occidentale (sous des formes apparemment contradictoires : Descartes, Rousseau... en prenant partie tantôt pour l'une tantôt pour l'autre) avec des effets fort délétères sur les deux. Alors que la solution DOIT passer par une réconciliation entre Nature et Culture, comme expressions complémentaires de la même dynamique de Vie (bon je vais arrêter la digression philosophique, ça va aller trop loin).

Je ne crois sincèrement pas du tout à une quelconque prise de conscience du visiteur

Pas mon point de vue en tout cas. Pour être un visiteur régulier du zoo de Beauval (je sais, je vais faire grincer les dents de certain.e.s mais c'est un fait, c'est pas ma faute à moi) et m'être rendu dans bien d'autres parcs (la Flèche, Branféré) dans les années récentes, je peux dire que les animations pédagogiques (où les problématiques de conservation sont abordées, par exemple la déforestation et le braconnage avec les grands singes) recueillent une large audience, beaucoup de visiteurs y assistent.
Pour les panneaux il y a aussi des gens qui les lisent mais c'est moins fréquent, je l'avoue, mais pas négligeable pour autant, pourvu que les panneaux soient attractifs (par exemple en présentant in situ les actions soutenues par le-s parc-s = connexion entre le monde du zoo et celui du "terrain", du milieu naturel).
On ne peut, pas, de façon réaliste, transformer tous les visiteurs de zoo en militants actifs de la protection de la nature, mais les zoos y contribuent quoi qu'il en soit. La règle du 1-10-100 (dite aussi du 1%) bien connue du monde de l'internet et de la sociologie des organisations, me paraît bien applicable à la chose : https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A8gle_du_1_%25
Pour 1 personne créatrice ou motrice, il y a (aurait, aura) 10 personnes contributrices ou plus ou moins sensibilisée, et 90 consommateurs purs. Mais cela n'enlève pas l'intérêt, au contraire, dès que cette notion est prise en compte. Pas plus que dans un musée : on peut très bien visiter le Louvre sans avoir AUCUNE connaissance en peinture italienne ou en égyptologie, mais le fait que chacun puisse visiter cet établissement (même les rustres, les incultes et les c***) participe néanmoins à l'instruction générale du public et à la citoyenneté !

Alexis
Modifié en dernier par Alexis le Vendredi 04 Janvier 2019 13:32, modifié 5 fois.
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Re: L'inévitable questionnement éthique des zoos au XXIe siè

Messagepar okapi » Vendredi 04 Janvier 2019 14:57

Vouloir limiter l'impact de l'homme sur la nature n'est pas une forme d'intégrisme! Et on peut franchement plus ou moins apprécier les manipulations génétiques sur les poules, les vaches et les cochons pour obtenir des animaux modifiés, non? Quand à militer pour moins de consommation carnée et plus de respect pour le monde qui nous entoure, je ne vois pas ce que cela peut avoir de mal... J'ai bien plus de mal avec la valorisation de l'alcool, des bagnoles ou des campagnes pour inciter à manger de la viande qu'avec celles destinées à limiter la casse planétaire.
Pour ce qui est de la présence aux animations, elle relève avant tout du bonus gratuit: les visiteurs s'y pressent pour profiter à fond du ticket d'entrée et ne rien rater de ce qui est offert. Ce qui vaut la peine de s'attarder, c'est ce qu'ils en retiennent et là...
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Re: L'inévitable questionnement éthique des zoos au XXIe siè

Messagepar Therabu » Vendredi 04 Janvier 2019 15:29

okapi a écrit:Vouloir limiter l'impact de l'homme sur la nature n'est pas une forme d'intégrisme! Et on peut franchement plus ou moins apprécier les manipulations génétiques sur les poules, les vaches et les cochons pour obtenir des animaux modifiés, non? Quand à militer pour moins de consommation carnée et plus de respect pour le monde qui nous entoure, je ne vois pas ce que cela peut avoir de mal... J'ai bien plus de mal avec la valorisation de l'alcool, des bagnoles ou des campagnes pour inciter à manger de la viande qu'avec celles destinées à limiter la casse planétaire.


C'est une vision bien manichéenne de la chose !

Je ne pense pas être le seul sur ce forum à avoir pris conscience des impacts de mon alimentation et de mes choix de consommateur sur notre planète. J'essaye au maximum de faire correspondre mes habitudes avec des motivations environnementales, ce qui implique effectivement une baisse drastique de la consommation de produits d'origine animale. Le mouvement végan provient de motivations purement éthiques même si elles impliquent des changements de comportements semblables.

La question divise profondément les gens, chaque post sur l'alimentation sur les réseaux sociaux dérive très vite sur un pugilat entre végan et "conservateurs".
Je rejoins Alexis sur le fait que le mouvement végan repose sur une distinction entre l'Homme et la Nature et renient largement sa place l'homme au sein d'une chaîne alimentaire, aussi destructrice et incohérente soit elle. Je ne vais pas poursuivre la critique sur le fond de la mouvance vegan car ce n'est pas vraiment le fond du sujet ni du forum, mais je voulais simplement signaler
1) qu'il n'y avait pas besoin d'être vegan pour limiter la casse planétaire,
2) et que c'était rarement la raison qui menait au veganisme.

Par contre, je pense qu'Okapi a raison de souligner que les impacts de la pédagogie des zoos ne doivent pas se mesurer à l'aune des efforts entrepris par les parcs mais bien en prenant en compte les résultats sur les visiteurs. A ma connaissance, il y a peu d'études sur ce sujet de disponibles* pour pouvoir tirer des conclusions, que ce soit dans un sens ou dans l'autre.

*Si quelqu'un est en mesure d'avancer des données, je pense que ce serait passionnant à explorer.
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Re: L'inévitable questionnement éthique des zoos au XXIe siè

Messagepar okapi » Vendredi 04 Janvier 2019 16:45

Le mouvement vegan est avant tout la vision extrême d'une exaspération collective: c'est le curseur poussé très loin, ce qui le rend irritant, mais c'est aussi un signe fort et radical d'un ras le bol sur des questions alimentaires mal résolues. Il n'y a pas besoin d'être vegan pour être impliqué, mais ceux qui s'en réclament témoignent aussi en creux d'un certain nombre de troubles et carences dans notre système alimentaire, production et consommation comprises.
Pour ce qui est de la pédagogie appliquée, une étude serait en effet passionnante, mais quand un gamin a déjà oublié ce qu'il a reçu pour Noël (entendu aujourd'hui) et que l'absence de mémoire immédiate de toute une génération est une évidence pour qui se trouve confronté à ce genre de questionnement, je pense que les résultats seront consternants... A quoi bon retenir quelque chose quand tous les outils nécessaires pour une réponse immédiate sont disponibles dans la poche... Mes étudiants, adultes, impliqués et concernés, ne se souviennent pas de ce qu'ils ont vu et adoré un mois plus tôt... Alors pour un visiteur dont ce n'est pas la préoccupation majeure, retenir des chiffres ou des faits aussi éloignés de ses préoccupations quotidiennes que peut l'être la planète Mars...
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Re: L'inévitable questionnement éthique des zoos au XXIe siè

Messagepar raphaël » Vendredi 04 Janvier 2019 21:20

J'avais témoigné à propos du sujet initial, le questionnement éthique des zoos, en laissant couler les propos d'Alexis mais là les termes sont trop violents pour ne pas réagir.
On atteint très rarement le point Godwin sur le forum, mais se lancer dans des attaques si bêtes et méchantes sur le véganisme en le comparant au nazisme... Non seulement c'est idiot, gratuit et facile, mais c'est complétement déconnecté de la réalité.

Le véganisme n'est pas une mouvance ou un groupuscule politique, c'est un style de vie.
Il y a plein de vegans qui sont des gens intelligents et cultivés, soucieux de leur hygiène de vie, de leur santé et de leur impact sur la planète, des gens choqués par les vidéos sur les abattoirs ou qui se disent juste simplement que puisqu'ils ont la possibilité de se nourrir sans causer de mort animale, pourquoi ne pas le faire ? Ce qui est une question éthique tout à fait légitime.
Tous les vegans ne sont pas des êtres prêts à s'enchaîner couverts de sang ou à libérer les visons américains des élevages. D'ailleurs, il y a plein de vegans parmi les soigneurs animaliers ou le personnel zoologique.
Il n'y a pas besoin d'être vegan pour limiter la casse planétaire, mais c'est souvent tout de même une raison qui importe. La consommation de viande du monde occidental est énorme et complètement disproportionnée... Tous les vegans ne visent pas un "monde vegan", au contraire, ils savent tous qu'il est illogique de rêver à des Inuits ou des Touaregs vegans. C'est une question de société actuelle. Quand je vois la consommation d'ailes de poulet au SuperBowl ou les barbecues estivaux du Texas, je me dis, il va bien falloir beaucoup de vegans pour contrebalancer un peu !

Ce qui est sûr, c'est qu'une alimentation végane est tout à fait saine et adaptée à l'humain et tout à fait réalisable dans notre société actuelle. Et ce qui est sûr, c'est que les campagnes de pub continuant de vanter la consommation de produits laitiers ou carnés tous les jours sont au contraire des mensonges pour notre santé.

Bref, ceci était une parenthèse mais je n'ai toujours pas compris ce déferlement de haine sur un sujet qui n'était pas du tout celui initial. On aurait un peu dit mon vieil oncle réac qui ramène tout sujet sur les immigrés.
Les animaux des zoos sont les ambassadeurs de leurs cousins sauvages. (Pierre Gay)
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