Les cirques vont-ils perdre leurs animaux sauvages ?

Re: Les cirques vont-ils perdre leurs animaux sauvages ?

Messagepar mordicus » Mercredi 18 Décembre 2019 17:38

Je ne faisais pas allusion aux "formes" mais à la sociologie des spectateurs du cirque.

okapi a écrit:Les écuyers du 19ème siècle tendent un miroir d'excellence à un public qui possède ses propres chevaux,


Oui mais à cette époque, dans les villes, seuls les bourgeois ou aristocrates possédaient leurs propres chevaux. Donc un public aisé ou fortuné, une élite économique.
A la différence des grands cirques apparus fin 19ème, style Barnum, au public sans doute plus populaire.
Aussi, je serais curieux de connaître la sociologie économique et culturelle des spectateurs du cirque Phénix de Paris.
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Re: Les cirques vont-ils perdre leurs animaux sauvages ?

Messagepar okapi » Mercredi 18 Décembre 2019 18:08

Avec près de 6 millions de spectateurs depuis 20 ans, je pense que le socle économico-culturel du public du Phénix est large...
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Re: Les cirques vont-ils perdre leurs animaux sauvages ?

Messagepar didier » Dimanche 22 Décembre 2019 18:00

Comme par hasard, aucune image d'animaux dressés, dans le spot publicitaire annonçant la diffusion sur FRANCE 3, du Festival du cirque de Monte-Carlo, les temps changent...
En France , la liberté d'expression est un principe intangible, c'est sur cette base que toute personne peut librement émettre une opinion, positive ou négative, sur un sujet mais aussi sur une personne physique ou morale, une institution .
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Re: Les cirques vont-ils perdre leurs animaux sauvages ?

Messagepar didier » Lundi 23 Décembre 2019 6:51

A ma connaissance, le cirque Amar n'existe plus. :mrgreen:
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Re: Les cirques vont-ils perdre leurs animaux sauvages ?

Messagepar didier » Mercredi 01 Janvier 2020 13:22

Comme une invitation au voyage, le nouveau spectacle du Cirque Bormann est à la croisée d’un nouveau genre afin de vous faire vivre une expérience unique sous son chapiteau baroque & authentique.
Après 1 an de travail avec des studios de divertissements américains nous sommes fiers de vous présenter de l’inédit à Paris !
En effet, c’est l’arrivée plus que nature des dinosaures sur notre illustre piste qui introduira notre nouvelle production.

Encore un cirque qui tourne la page des "animaux sauvages", quand j'assistais au spectacle dans les années 90, au Jardin d'Acclimatation, on pouvait y voir entre autres : éléphants d'Afrique, tigres, autruches, zèbres, une girafe...
En France , la liberté d'expression est un principe intangible, c'est sur cette base que toute personne peut librement émettre une opinion, positive ou négative, sur un sujet mais aussi sur une personne physique ou morale, une institution .
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Messagepar furylion » Mercredi 01 Janvier 2020 13:37

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Messagepar okapi » Mercredi 01 Janvier 2020 14:05

Le niveau technique n'est pas terrible, mais le public, surtout les plus jeunes, passe un bon moment. C'est un type de cirque intermédiaire, plutôt sincère, pas très doué en matière de spectacle au sens strict du terme, mais qui reste un bon compromis entre le traditionnel désespérant et le contemporain passionnant.
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Re: Les cirques vont-ils perdre leurs animaux sauvages ?

Messagepar Philippe » Mardi 14 Janvier 2020 18:20

Châteauroux (Indre) interdit les cirques avec animaux sauvages

Il y a deux ans, lors des premières polémiques concernant les spectacles avec des animaux sauvages, le maire de Châteauroux, Gil Avérous, avait laissé entendre qu'il n'était pas favorable à ce genre de productions et avait demandé qu'une décision soit prise à l'échelle du pays. Ne voyant rien venir, le maire a pris les devants, comme il l'explique dans un communiqué paru sur les réseaux sociaux .

La décision a été vivement saluée par le collectif "J'agis pour les animaux dans l'Indre", qui a multiplié les actions pour protester contre les spectacles de cirque avec animaux. " C'est un message très fort. C'est une pratique qui doit être complètement supprimée. Aujourd'hui, on peut très bien s'amuser et prendre du plaisir devant un cirque qui n'a pas d'animaux ", estime Jérôme Macé, l'un des fondateurs de ce collectif dans l'Indre. " On sait que derrière les acrobaties pour nous divertir, il y a du dressage, parfois de la maltraitance. Les animaux sont transportés partout en France dans des cages ", poursuit-il.

Image
Source : France Bleu Indre.
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Messagepar Philippe » Mercredi 15 Janvier 2020 8:45

Entre tradition et modernité, le cirque peut-il exister sans animaux ?

A l’occasion du 44ème festival international du cirque de Monte-Carlo, mettant cette année les animaux à l’honneur, Monaco Hebdo fait le point sur l’évolution de cet art du spectacle, alors que la place des animaux dans celui-ci, est de plus en plus contestée par une partie de la société.

Le 44ème festival international du cirque de Monte-Carlo ouvre ses portes au chapiteau de Fontvieille du 16 au 26 janvier. Malgré un contexte international où la place des animaux dans le cirque est questionnée, la programmation de cette édition met les animaux à l’honneur. A l’affiche, les chevaux tout particulièrement, avec la cavalerie du cirque Knie. Mais aussi, les tigres blancs, avec Sergey Nistorov.
« Le titre, c’est plutôt la beauté du cheval et son élégance. L’intention de la princesse était de continuer à lutter pour maintenir les animaux au cirque, à condition qu’ils soient bien tenus  », précise Urs Pilz, directeur artistique du festival du cirque de Monte-Carlo. « Il y a une continuité avec la volonté du prince Rainier. Comme il disait dans le temps, le cirque traditionnel se base sur trois colonnes : l’acrobatie, la comédie, les animaux », détaille-t-il.
Et si l’un des piliers venait à manquer, comme les animaux, serait-ce toujours du cirque ? « C’est un autre style de cirque. Comme le cirque du Soleil, qui est un autre choix de politique. Pour avoir une vie plus facile, car s’occuper des animaux est une tâche quotidienne. De moins en moins de gens se donnent la peine de vouloir le faire. »

« Conditions de vie »

En somme, aucun problème à la vie en captivité si l’animal est bien traité selon Urs Pilz. « Le soi-disant dressage et la présentation s’ils sont bien faits, donnent une valeur à l’animal dans sa vie. C’est une situation qui, en principe, est positive pour l’animal. Et c’est ça que nous soutenons. » D’après lui, la désertion des animaux dans le cirque est un problème surtout d’ordre financier. « C’est vrai qu’il y a de moins en moins de personnes qui s’occupent des animaux. Mais c’est une question financière, car cela implique d’avoir des équipes professionnelles, et des vétérinaires. »
Il suffit alors de séparer le bon grain de l’ivraie. « Les bons cirques savent quels sont les animaux qui peuvent bien tenir selon les lois et la bienfaisance des animaux. Et d’autres ne doivent pas être dans les cirques. Dans chaque profession, il y a des bons et des mauvais exemples. »
En vérité, la plupart des associations de défense des animaux placent le débat sur un plan différent que celui du simple bien-être animal. C’est son exploitation, et le retrait de son instinct sauvage par le dressage qui est mis en cause. « Chaque animal peut être tenu dans un cirque si les conditions de vie sont bonnes. Mais il y a des animaux qui ne s’y prêtent pas », poursuit Urs Pilz.

Des marionnettes pour remplacer les animaux


Depuis 2002, avec le cirque Phénix, Alain Pacherie propose des spectacles sans animaux. Son cirque est désigné comme le plus grand du monde, par la taille de son chapiteau et ses 6.000 places assises. Pour autant, sa volonté, à l’époque, puisait surtout sa source dans l’envie de se démarquer, plus que par conscience animaliste : « Je me suis dit qu’il fallait que je trouve ma propre identité, ma propre voie, pour ne pas faire comme tout le monde. » Un choix à contre-courant de l’époque, mais qu’il se garde bien d’inscrire dans ce débat sur la place des animaux dans le cirque. « Je n’ai de leçons à donner à personne. Chacun fait ce qu’il veut dans son entreprise. Je sais que les dresseurs ne sont pas des bourreaux, ils aiment leurs bêtes. Ce n’est pas ce qui m’a motivé à arrêter les animaux, vraiment. »
Néanmoins, Alain Pacherie revendique évidemment la dénomination de cirque quant aux spectacles proposés : « On ne peut pas dire tel cirque n’est pas du cirque, car il n’a pas d’animaux. Il est vrai que le cirque contemporain est plus théâtralisé, car il raconte une histoire. Mais on fait tous du cirque ! D’une autre façon, différemment. J’ai un numéro qui a fait le festival de Monte-Carlo. Quand il est à Monte-Carlo, c’est du cirque, et au Phénix, ce n’est plus du cirque ? J’ai du mal à comprendre cette démarche. » Pas d’animaux réels dans le cirque d’Alain Pacherie, mais des marionnettes, en revanche, pour imiter les animaux. Dans le dernier spectacle du cirque Phénix, Nomade, en hommage à la Mongolie, des reproductions d’animaux remplaceront les volatiles et animaux mongols. Une possibilité comme une autre d’intégrer de la faune au récit.

La tradition comme leitmotiv

Le cirque peut-il évoluer sans animaux ? Contrairement à la corrida, dans une situation quelque peu analogue, le cirque développe une palette très large de propositions artistiques au public. De plus, le caractère traditionnel de la présence d’animaux sur la piste apparaît irrecevable lorsque l’on se penche sur la genèse du cirque moderne en 1768. « Non, les animaux n’ont pas toujours été là depuis le début. Dans ce qu’on a appelé le cirque moderne il y a 251 ans, et qu’on appelle aujourd’hui le cirque tradition, il n’y avait que des chevaux. C’est à la fin du XIXème siècle que les autres animaux sont arrivés dans les cirques », raconte Alain Pacherie.
La querelle des anciens contre les modernes agite les milieux artistiques depuis l’époque baroque. Ce qui relevait à l’époque d’une certaine majesté, s’agissant du domptage de la bête sauvage par l’Homme, apparaît aujourd’hui, pour une part de la société, comme une pratique désuète. Urs Pilz condamne « tous ces mouvements [qui] sont faits par des gens qui trouvent ça moderne d’être contre les animaux, qui sont végans et autres ». Et si le directeur suisse du festival international du cirque de Monte-Carlo reconnaît l’existence de ce mouvement de fond dans la société, il le déplore : « Oui, c’est vrai il y a une certaine tendance. Mais les gens qui vont au cirque veulent voir des animaux. C’est très clair. Cette tendance, malheureusement, existe. Mais c’est surtout politique. »
Mais que penser des cirques historiques, comme Pinder ou Bouglione, qui renoncent aujourd’hui à présenter des animaux sur la piste ? « Si Pinder et Bouglione ne se donnent plus la peine de tenir les animaux, de leur offrir la place qu’il faut, les soins qu’il faut, alors ils prennent le chemin le plus simple. Chez Pinder, ça a pris un très mauvais tour. Dès qu’ils n’ont plus eu d’animaux, ça n’a plus marché », estime le directeur du festival international du cirque de Monte-Carlo.
Malgré tout, il semble que ce soit la désaffection du public qui soit à l’origine du changement de braquet, suite à sa mise en liquidation judiciaire concernant le cirque Pinder. Quant à l’écocirque d’André-Joseph Bouglione, peu de chances de le voir prochainement au festival de Monte-Carlo. « Ce monsieur que vous citez, si vous demandez au reste de la famille Bouglione, ils vous diront ce qu’ils en pensent… Ce monsieur, on ne l’aura certainement pas ici, autour de notre festival. Mais nous avons déjà eu le cirque du Soleil. Si certains présentent des numéros de valeur que nous jugeons assez forts en performances, et pas seulement en idée, la porte est ouverte pour ce genre de cirque contemporain », assure Urs Pilz.

Le droit s’invite dans le débat


Au plan européen, dix-huit Etats ont proscrit totalement les animaux sauvages dans les cirques. Quant à la France, la législation au plan national fait, pour l’instant, défaut. Dès lors, ce sont les maires qui, ces dernières années, via des arrêtés municipaux, ou plus récemment à l’occasion des vœux au conseil municipal, ont affiché leur désapprobation. Pour seul fondement juridique encadrant la pratique, il existe côté français un arrêté ministériel de 2011. Ce texte liste l’autorisation des animaux sauvages suivants et encadre leurs conditions de présentation au public, sans toutefois les interdire : les singes, tigres, lions, pumas, panthères, léopards, otaries, éléphants, zèbres, girafes et hippopotames, ainsi que certains reptiles et oiseaux.
L’absence de loi explicite explique que plusieurs arrêtés municipaux en France aient été déboutés par les tribunaux administratifs. « Quand le cirque va contre les villes qui interdisent, le cirque gagne. Mais ça coûte entre 5.000 et 10.000 euros d’aller en justice. Et le temps du verdict, le cirque a déjà perdu l’envie d’aller dans cette ville », ajoute Urs Pilz, également président de l’association européenne de cirque, basée aux Pays-Bas et militant, entre autres, pour le maintien des animaux dans le cirque et l’inscription du cirque comme objet culturel.
Dernière maire en date à avoir pris position : Anne Hidalgo, maire de Paris, qui dès cette année, ne délivrera plus d’autorisation pour les cirques avec animaux. Elle a promis de verser des subventions pour aider les cirques traditionnels à la reconversion. « Regardez à Paris, tout le monde disait, il n’y aura plus de fauves. Ce n’est pas vrai, le président de la République, disait : « Non, on ne va pas changer cette loi » », martèle Urs Pilz. Effectivement, si l’on s’en tient aux déclarations du ministre français de la transition écologique et solidaire et du président français, ces derniers semblent pencher pour une amélioration des conditions de détention de l’animal, plutôt que de pencher en faveur d’une interdiction totale de celui-ci dans les cirques.
Comme chaque année, le festival international du cirque de Monte-Carlo s’attend à faire le plein, en attirant 45 000 spectateurs. Si le public est au rendez-vous, difficile de remettre en cause le succès de cette manifestation.

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Re: Les cirques vont-ils perdre leurs animaux sauvages ?

Messagepar Philippe » Mercredi 15 Janvier 2020 8:49

André-Joseph Bouglione : « Si on ne s’adapte pas, le cirque est mort »

Issu de la célèbre famille de circassiens, André-Joseph Bouglione a rompu avec la tradition familiale depuis quelques années. L’ex-dompteur n’utilisera plus d’animaux sur la piste. Plus encore, son cirque sera écologique et social. Une évolution inéluctable, selon lui. Entretien.

Comment vous est venue l’idée d’un écocirque sans animaux et d’où est venue la prise de conscience ?

Cette prise de conscience vient par rapport aux animaux, bien entendu. On a passé notre vie, mon épouse et moi, à dresser des animaux. Des tigres, des lions, des animaux sauvages, mais aussi des animaux domestiques. Avec l’expérience, le temps, on a finalement compris que notre métier, non seulement n’était plus dans l’air du temps, mais était condamné par une partie de la population – 70 % pratiquement (1). Et nous-mêmes nous ne voyions plus l’intérêt à cette époque-là, et plus tard encore moins, de mettre des animaux en captivité pour faire un spectacle, alors que ce sont des animaux qui, à l’état sauvage, sont en voie d’extinction. C’est vraiment ce qui a motivé la démarche, au départ.

Comment s’est passée la transformation, puisque vous renoncez à une activité que vous aviez auparavant ?

L’activité reste la même, en réalité. Même si on ne va plus se consacrer à la présentation d’animaux, le métier reste le même. Ça reste un spectacle, avec des clowns, des acrobates… Vu qu’il n’y a plus d’animaux, cela nous laisse la possibilité de proposer beaucoup plus de nouveautés que ce que l’on pouvait faire avant.

Quel est le principe d’un écocirque ?

Il y a différents aspects. Il y a l’aspect spectacle. Donc là, c’est sans animaux, et avec des costumes, sans matière animale — pas de cuir, pas de plume — car on essaye d’être cohérent jusqu’au bout. Et ensuite, il y a un aspect écologique. Qui est plus dans le fonctionnement du cirque lui-même, au jour le jour, que dans le spectacle. Pour l’électricité, nous n’aurons pas de groupes électrogènes, qui sont très dépensiers en carbone. Nous allons nous fournir directement sur le réseau de ville, le réseau EDF. Sauf que, nous allons prendre des fournisseurs qui nous garantissent un approvisionnement en électricité renouvelable, par rapport à des sources de productions alternatives, comme l’éolienne et le solaire.

Quoi d’autre ?


Le transport a aussi été revu et corrigé. Nous allons être le premier cirque au monde à n’avoir aucun camion. On va transporter notre matériel dans des containers maritimes, et ensuite on va sous-traiter localement le transport, pour créer de l’emploi. Avec un cahier des charges précis, qui est d’organiser notre transport en priorité par chemin de fer et par voie fluviale. Et quand ce n’est pas possible, on passera par la route. Mais il y a encore plein d’autres aspects.

Lesquels ?


On fait aussi du social. Dans toutes les villes où l’on va se rendre avec l’écocirque, on va engager entre 30 et 50 personnes pour l’accueil, le montage, les ventes, l’entretien, pour des tas de missions sur place. Cela va nous permettre de réaliser des économies et de remplir un rôle social que l’on n’avait plus depuis très longtemps, malheureusement, dans le monde du cirque.

La première va se faire à Montpellier en mars 2020 : il y aura ensuite une tournée dans toute la France ?


Tout à fait. On n’a pas encore les dates exactes, mais on est en discussion avec pas mal de villes, dont Lyon, Nice, Chambéry, ou Aix-les-Bains. Et d’autres villes que je ne peux pas encore citer, car on n’a pas assez avancé dans les négociations.

Les animaux ont toujours existé dans le cirque ?

Non, cela n’a pas toujours existé. Au départ, le cirque traditionnel vient du cheval, bien entendu. Puis, ensuite, ça évolue. Il faut attendre l’époque colonialiste, au milieu du XIXème siècle, pour voir les prises de chasse, les trophées, des colons de l’époque. Ils rapportaient des colonies des éléphants, des tigres, des lions, des animaux que personne n’avait jamais vus à l’époque. C’était aussi de la vulgarisation scientifique. Aujourd’hui, avec les moyens que l’on a, on n’a plus besoin d’aller voir des animaux en cage sur un parking de supermarché. Alors que grâce à Internet, à la télévision ou au cinéma, on peut voir des animaux magnifiques, à l’état sauvage. Aujourd’hui, le rapport à l’animal et à la connaissance a changé. On n’a pas besoin de voir des animaux en cage pour dire qu’on les connaît. On peut tout à fait se passer de ça. Donc le côté vulgarisation scientifique ne peut plus être un argument.

L’argument invoqué est souvent celui de la tradition : comment faire évoluer la tradition ?


On a une tradition, oui, effectivement. Mais on a un public aussi. La tradition, c’est pour travailler dans le respect des anciens. Mais la nouveauté, c’est pour travailler dans le respect du public d’aujourd’hui, de demain, et de nos descendants. Nos enfants à qui nous allons léguer notre savoir-faire, notre patrimoine, notre métier. Quand j’ai compris que c’était obsolète de dresser des animaux sauvages pour les présenter en spectacle, j’ai arrêté pour moi, mais aussi dans la transmission à mes enfants.

Comment ont réagi vos enfants ?


Ils ont compris. Ils ont fait le sacrifice d’arrêter d’entrer en cage, qui était un honneur pour eux, en pensant aussi à leurs enfants. S’ancrer dans le passé, c’est bien, mais il ne faut pas oublier de regarder vers l’avenir. Aujourd’hui, les gens de cirque sont fascinés par le passé, ne regardent que dans le rétroviseur, et ne savent plus dans quelle direction ils se dirigent. Et donc, la voiture s’emballe et fonce dans le mur. Aujourd’hui, on est obligé d’arrêter de présenter des animaux pour rétablir une relation avec un public populaire et familial.

Dès lors, les arrêtés municipaux qui se multiplient en France vous semblent être la bonne méthode ?

Tous ces arrêtés municipaux, c’est fantastique. Cette mobilisation des maires de France, ce sont des centaines de villes, avec certaines villes très importantes comme Strasbourg, Montpellier, ou Brest, qui se positionnent pour le cirque sans animaux. En sachant que c’est illégal (2). C’est exactement comme le maire de Langouët qui a pris un arrêté municipal contre les pesticides et qui a soulevé une polémique qui alimente encore le débat par rapport à l’interdiction des pesticides. Et bien, on est dans le même problème. Aujourd’hui, une mairie qui se positionne par rapport à l’exploitation des animaux dans les cirques envoie un message au gouvernement, aux députés, à ceux qui écrivent la loi. Pour leur demander de remplir le vide juridique qui permet aux cirques de perdurer à présenter des animaux dans des conditions ignobles.

Mais les animaux présentés au festival du cirque de Monte-Carlo ne sont pas maltraités ?

A Monaco, vous avez le privilège extraordinaire, chaque année, au festival du cirque de Monte-Carlo, de voir l’élite du dressage du monde du cirque. Vous avez la famille Knie, la famille Crone, ou la famille Togni, qui, tous les ans, amènent les plus beaux numéros du monde à Monte-Carlo. Mais ces gens-là ne représentent que 5 % du monde du cirque. Les autres, malheureusement, ce sont des gougnafiers, qui n’en ont rien à foutre des animaux. Or, ils en ont, pour se faire passer pour des cirques. A Monte-Carlo, vous avez l’élite du cirque, mais il ne faut pas occulter la réalité quotidienne. Ce sont des centaines d’établissements qui ne devraient même pas tourner, car ils ne respectent pas l’arrêté de 2011 (3), relatif à la captivité animale.

Allez-vous proposer de poser votre écocirque à Monaco, qui met beaucoup en avant ses agissements écologiques ?


Bien entendu. Je suis positif et dans l’espoir. Il y a quelques années, je présentais des fauves en cage. Et aujourd’hui, je crée un cirque écologique et sans animaux. Je sais que la famille Grimaldi, le prince Albert et Stéphanie, sont des amoureux sincères des animaux et de la nature. Ils ont toujours fait énormément pour la nature, l’environnement, le corail…

Je suis sûr et certain que c’est une question de temps. Mon grand rêve est de pouvoir les rencontrer et pouvoir leur expliquer mon point de vue, car, pour l’instant, dans le monde du cirque, on me condamne plus que l’on ne m’écoute. On me condamne avant de m’écouter, et pourtant, j’ai des arguments. L’évolution, c’est l’adaptation. L’adaptation c’est la survie. Si on ne s’adapte pas, le cirque est mort. Si la seule façon de s’adapter, c’est d’arrêter les animaux pour que le cirque reste en vie, alors il faudra le faire un jour ou l’autre.

1) André-Joseph Bouglione fait ici référence à un sondage réalisé par OpinionWay, à la demande conjointe de plusieurs organisations de défense des animaux. Il a été réalisé en ligne du 9 au 10 octobre 2019, sur un échantillon de 1 027 répondants, représentatif des Français de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas. 65 % des sondés se sont dit défavorables à la présence d’animaux sauvages dans les spectacles de cirque.

2) Les arrêtés municipaux contre l’installation de cirques avec animaux sont jugés illégaux par les tribunaux administratifs, car les fondements juridiques sur lesquels ils reposent sont trop faibles, voire inexistants.

3) Un arrêté de 2011 encadre, limite et fixe certaines règles quant à la présentation d’animaux sauvages par les spectacles itinérants.

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Re: Les cirques vont-ils perdre leurs animaux sauvages ?

Messagepar Antoine » Mardi 21 Janvier 2020 13:12

Dumbo l'éléphant quitte la Pellerina, mais reste dans le Piémont en quête d'hospitalité : l'animal avait été confisqué par l'ASL

Dumbo l' éléphant quitte la Pellerina , mais reste dans le Piémont en quête d'hospitalité.
Le chapiteau a maintenant quitté la Pellerina pour déménager à Chieri, mais Dumbo restera toujours dans son cirque.

Le pachyderme, une quarantaine d'années, a été confisqué par le service vétérinaire de l' ASL , car il est resté sans compagnon (un autre éléphant est décédé il y a longtemps) et, par conséquent, ne peut avoir une vie de groupe, du moins comme l'exige une directive adoptée par la Région Piémont, mais non en vigueur dans d'autres régions d' Italie.

Compte tenu de l'impossibilité de trouver un logement pour Dumbo , l' ASL l' avait confié au cirque, mais avec la recommandation de ne pas se produire pendant les spectacles.
Dumbo y restera tant que la caravane du cirque restera dans le Piémont , mais en attendant les associations et les groupes de militants des droits des animaux recherchent un logement définitif pour l'éléphant, une fois que le cirque quittera la région.
Nous avons essayé de trouver un nouveau compagnon de travail pour Dumbo, mais malheureusement, la tentative a échoué, car il est très difficile de créer une compatibilité entre deux éléphants adultes pour les spectacles de cirque.

Solutions possibles et transfert au Zoom Torino

La seule solution serait de modifier les règles pour les rendre homogènes avec celles des autres régions, mais la route est longue.
En fait, dans l'éventualité où la saisie devait être annulée et le cirque déplacé vers une autre région italienne, aucune règle ne pourrait empêcher sa représentation.
À l'heure actuelle, Federica Fulco, présidente du comité «Torinoinmovimento» , est activement impliquée dans l'affaire, dans le but d'amener Dumbo au Zoom Torino. Ce serait le premier éléphant à être logé dans le zoo de Cumiana.
Par conséquent, on espère que Dumbo sera accueilli par le Zoom Torino, où il pourrait vivre dans son habitat idéal.

Source : https://mole24.it/2020/01/09/lelefante- ... ospitarlo/ ; https://www.zoochat.com/community/threa ... st-1184189

Une drôle d'idée quand même car le Zoom Torino ne possède pas d'installation pour éléphants.

Pour rappel, ce parc fait partie du groupe Rainforest, propriétaire des Bioparc Valencia et Bioparc Fuengirola.
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Re: Les cirques vont-ils perdre leurs animaux sauvages ?

Messagepar GPN » Mardi 21 Janvier 2020 18:50

Je confirme pour Rainforest.

Cependant le parc serait en passe de s'agrandir et d'accueillir pourquoi pas des éléphants. Le personnel part parfois se former dans d'autres zoos du réseau Rainforest.
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