Ost Deutschland Jahre

Ost Deutschland Jahre

Messagepar Therabu » Dimanche 01 Novembre 2015 1:36

Pratiquement un an après mes premières visites, je trouve enfin le temps de relater mes visites allemandes de l'année précédente. Mon frère ayant à passer un an à l'étranger et parlant parfaitement allemand, il postula à la Frei-Universität, une des universités les plus prestigieuses de Berlin. J'ai donc eu la chance d'avoir un pied à terre gratuit et relativement confortable pendant un an dans la capitale allemande. J'en ai bien profité car ce sont trois séjours que j'ai eu la chance de faire, chacun à une saison différente. En dehors de la découverte de la ville, de son histoire et de sa culture underground et festive, j'ai bien évidemment fait de nombreuses visites de parcs zoologiques. Les deux activités conjuguées sont d'ailleurs exténuantes pas toujours recommandées à enchainer...

Ce fil compilera mes photos et impressions des différents parcs visités.
Therabu
 
Messages: 3115
Enregistré le: Vendredi 30 Mai 2008 16:10

Re: Ost Deutschland Jahre

Messagepar Therabu » Dimanche 01 Novembre 2015 3:40

Zoo de Leipzig

Je commence avec le zoo de Leipzig, bien connu pour sa serre gigantesque Gondwanaland.
J'avais prévu de visiter le parc deux fois, en automne d'abord pour découvrir le parc et principalement pour les photos d'intérieur et au printemps plus pour l'extérieur et pour voir la nouveauté avec les rhinocéros. Une nuit trop agitée et quelques vapeurs matinales m’empêcheront d'effectuer cette seconde visite. C'est pourquoi je n'ai pas vraiment eu le temps de profiter du parc avec une seule visite relativement courte en raison de journées bien plus courtes que chez nous en terme de luminosité. Cela a pu influer sur ma perception. Je suis également un peu déçu par les photos que j'en ai ramené. Un prétexte pour y retourner donc.

Y retourner car la collection est fort intéressante avec un mélange d'espèces phares et d'autres bien plus méconnues et rares. Les présentations sont aussi très soignées et pour la plupart très récentes. Le zoo achève bientôt un masterplan gigantesque et couteux qui a transformé le zoo en un peu plus d'une décennie. Mon impression générale est assez mitigée. Malgré l'esthétique très réussie des présentations et leur conformation adaptée, les espaces sont souvent trop faibles. Il faut dire que sur 14 hectares la concentration de grosses espèces est considérable avec éléphants, savane africaine et nombreux ongulés, rhinocéros, plusieurs grands félins et 5 groupes de grands singes. Mais je le répète encore, Leipzig a développé un style esthétique que j'apprécie beaucoup. Des installations thématisées et spectaculaires mais toujours dans un style naturel, avec une végétation abondante et des matériaux naturels, et pas d'évocations humaines. On est donc en immersion dans la nature, ce qui ne semble pas toujours être le but de certains zoos.

La visite commence avec l'aqua-vivarium du parc, situé dans un bâtiment historique. Assez fourni avec plusieurs espèces rares mais les présentations n'y ont rien d'extraordinaire. On y reste quand même facilement deux heures. Auparavant, la vieille partie du zoo située à l'entrée nous aura permis de découvrir quelques ongulés comme des chevaux de Przewalski ou de rares mouflons de Dall. Cette partie est appelée à être remaniée en dernier afin de devenir une zone sud-américaine.

Image
Mouflon de Dall

Image
Poulpe commun

Image
Jeune crocodile nain

Image
Dermogenys pusillus

Image
Dracène de Guyane

Image
Varan à gorge pêche

Image
Poisson-archer

Vient ensuite l'installation des ours lippus en cohabitation avec des macaques rhésus. L'espèce est passionnante et Leipzig est le principal reproducteur européen. Deux enclos minuscules permettent de présenter des individus mais je crois que d'autres animaux sont détenus derrière. Malheureusement, les petits nés peu avant ma visite ne se sont pas montré. Nous accédons à la place principale du zoo après avoir longé quelques vieilles cages où vivent des perroquets. En face de nous se trouve la maison des oiseaux bordée par le bassin des otaries. Les pinnipèdes assurent l'animation dans un bassin là encore pas très grand.

Image

Image
Otarie à fourrure du Cap

Image
L'élégance de la sarcelle d'hiver

La maison des oiseaux est un bâtiment d'allure assez modeste mais l'on y passe là aussi facilement une heure. Divisée en deux elle expose dans sa première partie une petite dizaine de cages pour des oiseaux fragiles ou difficiles à faire cohabiter. La seconde partie est en fait une petite serre où le visiteur se balade au milieu des oiseaux et des roussettes. Là encore la collection, bien qu'assez faible en terme de nombre d'espèces, est fort intéressante.

Image
Araçari grigris

Image
Gallicolombe à poitrine d'or

Image
Goura de Sclater

Image
Turnix combattant

Image
Léiothrix jaune

Image
La bien nommée gallicolombe poignardée

Image
Un tangara du Brésil inquisiteur

Image
Iréne vierge

Image
Pteropus hypomelanus

En ressortant, nous prenons en face et tout en traversant l'esplanade, nous entamons notre visite de l'attraction-phare de Leipzig :Le Gondwanaland.

Finalement assez discrète depuis le parc, cette énorme structure a pour propos de regrouper des espèces des forêts tropicales des trois grands continents que sont l'Amérique, l'Afrique et l'Asie sous le même toit, comme à l'époque du Gondwana : ce continent unique qui rassemblait l'ensemble des terres émergées il y a plusieurs millions d'années.

La visite démarre dans un long tunnel rocheux nous amenant de l'extérieur jusqu'à la serre. Des aquariums et des terrariums exposent une faune étrange et primitive comme les varans de Komodo ou les chats marsupiaux mouchetés, une autre spécialité d'élevage de Leipzig.

Image

Image
Chat marsupial

Image
Polypterus ornatipinnis

Puis nous découvrons ébahi l'immense forêt tropicale couverte du zoo de Leipzig. Nous arrivons au milieu du restaurant asiatique et de ses huttes. On trouve également la gare de départ pour le circuit en bateau que je n'ai pas eu le temps de faire. Notre première destination est l'Amérique du Sud avec une première île où l'on peut pénétrer et se balader au milieu des saïmiris communs. Attention néanmoins au sens de visite. En raison de la foule, on n'est autorisé à marcher que dans un seul sens et on ne peut pas rester trop longtemps. Une seconde île présente des callitrichidés et des paresseux à deux doigts. Un chemin en cul-de-sac permet d'accèder à une volière de surface modérée présentant un ocelot. La zone sud-américaine se termine avec le bel et vaste enclos de la famille de loutres géantes qui comme d'habitude assurent l'animation.

Image
Saïmiri commun

Image
Paresseux didactyle

Image
Ocelot

Image
Loutre géante

Nous entamons alors un long chemin sans véritable enclos à proximité. J'en profite pour parler de l'ambiance ressentie dans la serre. En raison de la présence de plusieurs carnivores, il est difficile de lâcher des oiseaux en liberté dans la serre. Il y a bien quelques passereaux et reptiles mais en faible nombre, qui plus est dans un tel volume. Du coup on a pas la même impression d'immersion car le concept est ici différent. Ce sont des enclos couverts mais pas une présentation immersive. Trêve de blabla, nous voilà en Afrique avec une première volière abritant un couple de cercopithèques de Hamlyn et des dik-diks de Kirk au sol.

Image
Bulbul orphée en liberté

Image

Image

Cercopithèque de Hamlyn

Image

Image
Dik dik de Kirk

Une seconde volière un peu plus loin occupe un coin de la serre. Séparée en deux par le faux-rocher et visible depuis une grotte avec vision sous-marine, elle permet de présenter ensemble un couple d'hippopotames nains et une famille de cercopithèques dianes.

Image

Image

Image
Cercopithèque diane

Si la zone sud-américaine pourvoit de bonnes installations à ces pensionnaires, la limite du concept est ici flagrante avec la taille des enclos réservés aux hippos. Les Hamlyn ont une volière correcte et bien aménagées mais le volume n'est pas non plus exceptionnel. Seul les dianes sont logés dans d'excellentes conditions. Enfin dik-dik et otocyons sont tout simplement déplacés dans ce biotope forestier.

La visite de la serre se finit en beauté avec l'Asie. Cette partie est inaugurée avec un enclos assez classique mais efficace pour une petite famille de loutres cendrées. Les chats pêcheurs ont aussi un bel enclos où on peut difficilement les voir s'ils le souhaitent. Une volière très haute et assez adaptée présente au superbe couple de calaos à casque rouge tandis que des tortues brunes d'Asie occupent le sol.


Image
Loutre naine

Image

Image
Calao à casque rouge

Nous finissons avec ce qui constitue pour moi deux véritables réussites pour deux espèces splendides. La première est le faux-gavial de Malaisie. Ces grands crocodiliens menacés sont ici présentés dans un beau bassin en compagnie de tortues asiatiques menacées pour la plupart. Les berges sablonneuses et végétalisées permettent aux crocodiles de se reposer. Puis vient le belenclos intérieur des tapirs malais. Cette fois la surface est plutôt convenable même si l'on pourrait rêver plus grand. Surtout la végétation est curieusement présente pour un enclos à ongulé. Etc'est vraiment beau de voir ce bel anima se déplacer au milieu de la végétation. Encore plus quand Madame est accompagnée du truc le plus mignon sur Terre : un petit tapir en pyjama.

Image
Géoclemyde d'Hamilton

Image

Image

Image

Image

Image
Tapir malais

Image
Dragon d'eau de Cochinchine en liberté

Nous ressortons donc de Gondwanaland après avoir fait un tour des forêt tropicales du monde. L'installation est en soi intéressante et la plupart des présentations sympathiques hormis la petite zone africaine. Maintenant je n'ai pas eu de véritable déclic pour cette nouveauté malgré le fric fou nécessaire à sa construction. La raison principale est simplement que le concept d'enclos intérieurs qui se suivent ne m'attire pas autant qu'une véritable immersion. Cela reste tout de même une sacrée nouveauté qui vaut le coup d'être vue et un bon moment à passer.

Nous ressortons à l'air libre. Une grande volière pénétrante précède l'installation des éléphants. On peut notamment y voir des crabiers de Java ou ce rare ibis à tête noire. Le constat concernant l'installation des éléphants est toujours le même. Il y a de bons points, notamment la présence d'un enclos intérieur et de trois enclos extérieurs, dont un vraiment fait pour accueillir un mâle reproducteur, un cheminement du visiteur et une intégration du bâtiment réussi... mais la taille est vraiment trop restreinte encore une fois. Même constat dans la zone suivante, consacrée aux forets de l'Amour où on peut voir tigres et léopards. C'est joli, bien fait mais vraiment trop petit. A noter, qu'un coin sombre de la maison des éléphants est occupé par un enclos vitré et sombre où vit le seul couple de pangolin d'Europe. Pas vraiment de résultat photographique à espérer étant donné les conditions de vie mais quelle animal fascinant... quelques sangliers des Visayas occupent une petite installation historique mais pas inadaptée.

Image
Ibis à tête noire

Image
Histoire de dire que j'ai vu des pangolins

Image

Image

Image
Sanglier des Visayas

Image
Chouette de l'Oural à proximité des léopards de l'Amour

J'ai été un peu déçu par Pongoland, peut être parce que j'ai du aller vite et que tous les singes étaient en intérieur, je ne me souviens déjà plus très bien des installations extérieures. Cela fait plus joli qu'à Stuttgart mais je pense pas que ce soit mieux pour les habitants. Bon c'est quand même un truc qui a presque  ans qui était vraiment révolutionnaire à l'époque et qui a pas trop mal vieilli quand même.

Image
Chimpanzé

Image

Image
Gorille de plaines

Le fond du parc héberge une des espèces qui ont motivé ma venue à Leipzig : le magnifique et rarissime porte-musc de Sibérie. Là encore, je crois que c'est le dernier endroit en Europe a régulièrement reproduire ce beau cervidé qui fut jadis plus commun en zoo et désormais menacé dans son milieu naturel.

Image

Image
Porte-musc de Sibérie

Déception de ne pas voir les okapis dans leur jolie forêt. J'ai fais la zone africaine à vitesse grand V bien qu'elle soit plutôt réussie.

Image
Hyène tachetée présentée en premier-plan de la savane africaine

Cette visite incomplète de Leipzig se termine à cause de la nuit tombante, nous laissons ce macaque ouandérou seul dans ses pensées.

Image
Therabu
 
Messages: 3115
Enregistré le: Vendredi 30 Mai 2008 16:10

Re: Ost Deutschland Jahre

Messagepar nico » Dimanche 01 Novembre 2015 8:45

Comme d'habitude de superbes photos de ta part. Aurais-tu quelques photos d'enclos à nous proposer ?
En tout cas merci et bravo de prendre le temps de nous faire découvrir tout cela.
Avatar de l’utilisateur
nico
 
Messages: 3435
Enregistré le: Vendredi 29 Juillet 2005 12:29
Localisation: indre et loire (chinon)

Re: Ost Deutschland Jahre

Messagepar 'Abdallah » Dimanche 01 Novembre 2015 17:07

Merci pour ce partage. C'est un de ces établissements poids lourd dont le nom revient régulièrement et il est intéressant d'avoir ton point de vue à son sujet.
Je suis également preneur si tu as des photos d'enclos. Ta description est assez riche, mais j'ai un peu de mal à me faire une idée sans illustration de tes propos.

J'attends en tous cas la suite de tes comptes-rendus allemands avec impatience.
'Abdallah
 
Messages: 512
Enregistré le: Dimanche 19 Juillet 2009 15:47
Localisation: Villecresnes (Val de Marne)

Re: Ost Deutschland Jahre

Messagepar Therabu » Dimanche 01 Novembre 2015 19:07

Merci à vous deux d'avoir pris le temps de commenter. Le format n'est en effet pas un compte-rendu avec photos d'enclos. J'ai déjà eu du mal à visiter tout et avec les photos d'animaux, ce serait trop prenant. Je vous encourage vivement si vous le souhaitez à lire le compte-rendu de Johan disponible au lien suivant pour vous faire une idée : http://zoospassion.com/zoos_europe/zoos ... ipzig.html

Ma visite a été trop incomplète pour pouvoir vraiment exprimer un jugement sur ce parc mais j'invite tout membre du forum en déplacement en Allemagne de l'Est à faire le détour vers Leipzig.
Therabu
 
Messages: 3115
Enregistré le: Vendredi 30 Mai 2008 16:10

Re: Ost Deutschland Jahre

Messagepar 'Abdallah » Mercredi 04 Novembre 2015 8:43

Au temps pour moi. La lecture du compte-rendu m'a complètement fait oublier que j'étais dans la rubrique photographie :)

Merci pour le lien. Et bravo encore pour les photos. Le porte-musc est vraiment une magnifique espèce.
'Abdallah
 
Messages: 512
Enregistré le: Dimanche 19 Juillet 2009 15:47
Localisation: Villecresnes (Val de Marne)

Re: Ost Deutschland Jahre

Messagepar Wilfried » Mercredi 04 Novembre 2015 13:22

Bon, pour faire dans l'originalité : MERCI pour ces photos Antoine.

Je partage ton sentiment concernant le cerf porte-musc...et le petit tapir malais !

Quand au regard du sanglier des Visayas, il me convertirait (presque) au végétarisme...
"Ni l'ignorance n'est défaut d'esprit, ni le savoir n'est preuve de génie", Vauvenargues
Avatar de l’utilisateur
Wilfried
 
Messages: 606
Enregistré le: Mardi 31 Juillet 2007 16:18
Localisation: Jura

Re: Ost Deutschland Jahre

Messagepar Philippe » Mercredi 04 Novembre 2015 17:10

Merci Therabu d'avoir pris le temps de rédiger ces compte-rendus et de nous dévoiler quelques-unes des photos prises lors de tes visites outre-Rhin.
Philippe
 
Messages: 10960
Enregistré le: Lundi 29 Août 2005 16:06

Re: Ost Deutschland Jahre

Messagepar Therabu » Mercredi 09 Décembre 2015 7:01

Tierpark Berlin

J'attaque cette fois ça le gros morceau avec le Tierpark de Berlin. Comme vous le savez, Berlin comporte deux zoos de taille importante. Cette particularité découle directement de la séparation en deux de la ville lors de la guerre froide. Depuis la réunification, les deux entités sont désormais gérées sous la même direction.

Le Tierpark est donc le zoo de Berlin-Est. Moins vieux que le zoo, il est aussi moins traditionnel d'un zoo urbain et profite d'une superficie considérable. Même si tout est loin d'y être parfait, j'ai rarement pris autant de plaisir à découvrir et parcourir un zoo.
Evidemment la richesse incroyable de la collection y est pour beaucoup. Impossible selon moi de faire une visite complète en une journée à moins de ne s'intéresser qu'aux mammifères. Je ne parle même pas de prendre le temps d'observer les espèces et de les photographier. Ceci explique en partie le nombre élevé de visites que j'y ai fait lors de mes trois séjours (7 ou 8 je ne sais plus trop). Il faut dire qu'en hiver, c'est relativement court avec la lumière qui descend derrière les immeubles de l'époque socialiste à 15h30.
Mais si j'apprécie vraiment plus le TP de Berlin par rapport aux autres zoos urbains c'est pour la qualité de ces présentations. Certains ne seront pas d'accord et leurs arguments se tiennent : les alignements de grands plateaux sableux et les volières grillagées ne sont pas des plus innovants et sexy. Mais les espaces et volumes sont bien au delà de la moyenne, surtout pour un zoo urbain et étudiés pour l'élevage. C'est quelque part un peu rassurant à l'époque des vitrines en faux rochers avec vision sous-marine dans tous les sens. Quoiqu'il en soit je suis ravi d'avoir pu arpenter ce monument zoologique européen, qui à l'image de sa ville évolue vite et qui risque d'être méconnaissable d'ici quelques années, au risque d'y perdre une partie de son identité si particulière.

Vu la quantité de photos, j'ai divisé le carnet de voyage en différentes parties correspondant aux grandes zones du parc. C'est une division qui vient entièrement de moi et qui comportera toujours plusieurs intrus. C'est plus une manière de raconter...

1) Le Monde du Froid

Le Tierpark a deux entrées. L'une se trouve en face du chateau Friedrichfelde qui a donné son nom au parc tandis que l'autre est l'entrée des ours. Le secteur dédié aux plantigrades s'y trouve avec notamment une fosse pour ours baribals en guise de vitrine. Il faut d'ailleurs savoir que la ville de Berlin entretient une relation étroite avec la famille des ursidés puisque l'ours est l'emblème de la famille. Une fosse située en centre-ville et ouverte au public présente toujours des ours bruns. Avant la mort de Bao-Bao, le panda géant du zoo, les huit espèces d’ursidés pouvaient d'ailleurs être observées entre les deux institutions zoologiques de la ville.

Le Monde du Froid commence avec deux vastes plateaux sableux ombragé de quelques arbres avant de pénétrer dans la grande forêt du Tierpark. Ils sont consacré aux deux espèces de bisons. Cette présentation par groupe zoologique et même par famille est caractéristique des anciens zoos et du Tierpark et a ses mérites afin de comparer les animaux entre eux, même si cela peut parfois virer à la collectionnite aigüe et éteindre l'intérêt du visiteur.


Image
Bison d'Europe

Image

Image

Image

Image

Image

Bison des bois. Il s'agit d'une sous-espèce rare du bison d'Amérique qui a frôlé l'extinction avant d'être sauvé par l'établissement d'une vaste réserve au Canada. Bien plus septentrional que son congénère des plaines, il est aussi plus impressionnnant (c'est le plus gros animal du continent américain) et plus sombre.

La visite continue jusqu'au secteur des ours. Une fosse encaissé dans les rochers accueille une petite famille d'ours à lunettes tandis que les trois ours polaires vivent dans une vaste fosse ouverte en rochers encerclé d'un très grand bassin. Installation pas si dépassée qu'elle en a l’air surtout quand l'hiver berlinois sévit, bien qu'il manque encore cruellement d'espace, de substrats différents et de possibilités de séparation.

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Image

Ours polaire. Un véritable plaisir à observer dans la neige... Cela va me rendre encore plus triste de les voir stéréotyper dans les piscines carrelés de nos chers zoos français.

Un peu plus loin, de vastes volières abritées dans le sous-bois hébergent plusieurs espèces de la large collection de rapaces nocturnes du Tierpark, notamment les grand-ducs subarctiques, la plus grande des sous-espèce de grand-duc de Virginie.

Image

Image

Grand-duc subarctique

Faisons-un petit détour par le centre du zoo, occupé par d'immenses plaines dédiés aux membres de la famille des camélidés. Sur le coté nord, dromadaires et chameaux domestiques. En passant, on s'arrêtera à la fosse des pandas roux.

Image

Image

Panda roux

Image

Image

Chameau domestique

En face des camélidés et sous le couvert forestier, un couple de vieux loups gris européens profite d'un grand enclos dans le sous-bois. Un peu plus loin, les élégantes grandes grues du Canada inaugurent une autre des spécialités aviaires du parc.

Image

Loup gris d'Europe

Image

Image

Nous retournons dans la partie sud du zoo. EN revenant au carrefour des hiboux, on peut pousser un peu plus loin vers quelques volières situées dans un cul-de sac. Vraiment vieillottes, pauvres en aménagement et horribles à voir, ces installations hébergent pourtant des capucins à poitrine jaune et de rares hurleurs roux de Colombie. En face des macaques à queue de cochon bénéficient d'une volière plutôt vaste et basse de plafond déjà un peu plus adaptée sans être réellement folichonne.

Image

Macaque à queue de cochon

Le visiteur arrive maintenant dans la zone des espèces domestiques. Le Tierpark a une longue tradition d'élevage avec les espèces domestiques rares, ancestrales et incongrues. Je ne me suis guère attardé dessus mais c'est intéressant bien que mal mis en valeur.

Au milieu de ce secteur, deux grands dômes grillagés abritent chacun une avifaune particulière. Mais juste avant le premier dôme, une petite pièce d'eau est très fournie en espèces d'anatidés. On y observe notamment le cygne trompette. Ce premier dôme constitue un puit de rareté étant donné qu'il est axé sur les oiseaux marins et plus particulièrement de la famille des Laridés. Pourtant ce sont des espèces qui gagneraient à être plus souvent présentées dans grandes volières mixtes car elles sont très actives.

Image

Cygne trompette

Image

Image

Le goéland à tête grise, habitant des côtes, marécages et zones humides africaines

Image

La goéland méditerranéen à tête noire

Image

L'élégant goéland modeste qui irait parfaitement dans la thématique de la Grande Volière de Doué

Image

Le goéland à queue noire de la côte Pacifique en Asie

Image

ou la rare et jolie mouette atricille, habitante de l'autre coté du Pacifique (et autre jolie candidate à la Grande Volière). Mais d'autres oiseaux vivent dans cette volière. On y trouve notamment des huitriers-pie ou ces superbes eiders à lunettes, en plumage nuptial au milieu de l'hiver.

Image

Image
Eider à lunettes

Le monde du Froid s'achève presqu'ici. Les rennes domestiques, dont un mâle à la parure impressionnante, concluent la zone des espèces domestiques avant de se diriger vers le Monde des Fauves et la fameuse Alfred-Brehm Haus. Un petit détour néanmoins sur une des faces de la fauverie. Au passage, la fosse des chiens de prairie à queue noire remportent un succès certain. Comment évoquer le monde du froid sans parler des manchots ? Deux installations extrêmement ressemblantes et contiguës hébergent pour l'une des manchots du Cap et pour l'autre des manchots de Humboldt. Ces derniers m'ont moins intéressé que les quelques fous de Bassan qui vivent aussi dans ce bassin.

Image

Chien de prairie à queue noire

Image

Image

Fou de Bassan
Therabu
 
Messages: 3115
Enregistré le: Vendredi 30 Mai 2008 16:10

Re: Ost Deutschland Jahre

Messagepar Therabu » Vendredi 11 Décembre 2015 21:13

2) Le Monde des Fauves

Juste après l'enclos des rennes, une petite allée en cul-de sac discrète mène à une succession de trois volières accolées à un bâtiment et une fosse pour suricates. Je n'ai pas été chanceux car je n'ai réussi à ramener de clichés que de la moins rare des trois espèces vivant dans ce complexe. En effet, ratels et civettes de Malaisie sont restées bien discrets.

Image

Caracal d'Afrique du Sud

Nous attaquons désormais le Monde des Fauves avec l'impressionnante fauverie. Baptisée Alfred Brehm-Haus, ce gigantesque bâtiment a grossièrement la forme d'un triangle isocèle. Les deux faces extérieures les plus longues donnent sur des alignements de volières métalliques peu profondes et basses. Ces clapiers, à peine plus grand que des roulottes de cirque constituent les seuls espaces extérieurs à la disposition de la plupart des félins. Malheureusement, ces cages qui pourraient faire de bons lieux de vie pour des chats sauvages après réaménagement accueillent encore des léopards, pumas et même tigres ! Une vision archaïque de voir ces félins avec cette mosaïque carrelée pour tout environnement. Les seuls points positifs sont la modularité et l'abondance d'espaces extérieurs, visibles ou non du public.

Il faut aussi dire que le Tierpark présente des effectifs de félins tout simplement énormes. Les cinq espèces de grands félins en couple, représentés par trois sous espèces de léopards, trois de tigres, auquel s'ajoute pumas, nébuleuses & co.

Image

Panthère noire hybride

La "pointe" du triangle par laquelle nous entamons la visite de l'intérieur du bâtiment exhibe des petits félins dans des vitrines hautes et plutôt bien aménagées malgré le manque cruel de profondeur.

Image

Margay du Yucatan

Image

Chat de Geoffroy

Image

Chat léopard de Palawan

Puis vient l’enchaînement aussi impressionnant qu'interminable de loges intérieures grillagées pour les grands félins. La proximité avec les fauves, notamment durant les repas est impressionnante et caractéristique des zoos allemands. Je n'y verras pas vraiment d'inconvénient si les félins bénéficiaient de vastes espaces extérieurs et du choix entre intérieur et extérieur. Il y a en effet tellement d'animaux que des systèmes de roulements sont mis en place.

Image

Panthère de Java

Heureusement l'autre côté du couloir est plus réjouissant. Récemment rénovée, la serre tropicale qui occupe le centre de l'ABH permet une immersion sur deux étages au milieu de la végétation et de plusieurs espèces d'oiseaux tropicaux.

Image

Spréo royal

Image
Stictonette tachetée

Image
Dendrocygne de Java

Les véritables vedettes restent néanmoins les chauves-souris représentées ici par de nombreuses espèces (mais les plus rares sont peu représentées et quasiment impossibles à observer) : roussette paillée, épomophore de Gambie, roussette géante d'Inde et Thoopterus nigrescens,une espèce des Célèbes.

Image

Image

Roussette géante

L’extrémité de la Fauverie constitue l'un des points forts d'une visite au Tierpark. Dans un style tout à fait soviétique, deux immenses plateaux rocheux séparés d'une vaste douve présentent chacun des grands fauves. Ils sont chacun relié à un plateau rocheux à l'extérieur garni d'un peu de végétation. Ce dispositif permet de présenter en alternance tigres de Malaisie et de Sumatra d'un coté, tigres de Sibérie et lions d'Asie de l'autre. Il faut savoir que la répartition des fauves dans la fauverie est susceptible de changer très souvent en fonction des besoins et envies du staff. C'est clairement pas ce qu'on a fait de mieux pour le grands félins mais l'espace intérieur est très très vaste. Surtout la perspective est vraiment bluffante et mérite un détour pour tout passionné de zoos et de leur histoire, avant que ces présentations historiques ne disparaissent.

Image

Image

Couple royal

Image

Lion d'Asie

Image

Image

Image

Tigre de Sibérie

Image

Image

Image

Les splendides tigres de Malaisie

Nous sortons désormais de la Fauverie de l'autre coté, c'est à dire à la base de notre triangle. Si l'on se redirige vers la droite et les enclos des manchots, on découvre plusieurs présentations accolées à l'extérieur de l'immense fauverie.
La première est une cage bien trop basse de plafond mais toujours plus vaste que les autres présentations qui accueille un couple d'onces et leur bouillonnante progéniture.

Image

Image

Image

Image

Notre cheminement nous amène ensuite à longer une immense volière enchassée dans une grande falaise rocheuse en forme de U, suffisamment haute pour permettre aux très nombreuses espèces de rapaces qui y cohabitent de voler et de se reproduire. Enfin nous finirons cette partie avec l'enclos tout en longueur et herbeux des guépards d'Afrique du Sud, qui constitue à coup sûr la meilleure présentation pour félin du parc même s'il n'y a ici qu'un seul enclos.

Image

Vautour de l'Himalaya

Image

Percnoptère d'Egypte

Image

Vautour aura à tête jaune

Image

Image

Guépard d'Afrique du Sud
Therabu
 
Messages: 3115
Enregistré le: Vendredi 30 Mai 2008 16:10

Re: Ost Deutschland Jahre

Messagepar Vinch » Vendredi 11 Décembre 2015 23:46

Salut Therabu,

Quelques remarques:
Ton cygne trompette n'en est pas un. C'est un Cygne Siffleur ( Cygnus columbianus), reconnaissable à la petite tache jaune de son bec, et aux proportions bec/tête.

Ton deuxième goéland à tête grise n'en est pas un non plus. Il s'agit d'un Goéland Cendré ( Larus canus)
Avatar de l’utilisateur
Vinch
 
Messages: 5089
Enregistré le: Jeudi 22 Octobre 2009 19:49

Re: Ost Deutschland Jahre

Messagepar Therabu » Samedi 12 Décembre 2015 1:00

Merci Vinch de remettre dans l'ordre, je m'étais emmêlé dans les bruits (siffleur/trompette). Le goéland cendré n'est pas présenté à Berlin. Mais à y regarder de près il est vrai que ce n'est clairement pas un goéland à tête grise. Je me demande si ce n'est tout simplement pas un autre goéland à queue noire (crassirostris) notamment en raison du motif rouge et noir sur le bec.
Therabu
 
Messages: 3115
Enregistré le: Vendredi 30 Mai 2008 16:10

Re: Ost Deutschland Jahre

Messagepar Vinch » Samedi 12 Décembre 2015 10:40

Tu as raison: il s'agit d'un Goéland à Queue Noire.
Sinon, concernant le Goéland à Tête Grise, on l'appelle désormais Mouette à Tête Grise, puisque c'est un très proche parent de la Mouette Rieuse...
Avatar de l’utilisateur
Vinch
 
Messages: 5089
Enregistré le: Jeudi 22 Octobre 2009 19:49

Re: Ost Deutschland Jahre

Messagepar Therabu » Lundi 25 Janvier 2016 2:53

3) Le monde des géants

Un court épisode qui suit la zone des grands félins et principalement tourné autour de la Dickhauterhaus, littérallement "Maison des pachydermes". Cet énorme bâtiment est de manière basique divisé en trois portions correspondant chacune à deux plateaux extérieurs sableux et à l'arrière-fond rocheux et de longues et impressionnantes loges intérieures.

Les pensionnaires les plus emblématiques sont bien évidemment les élephants. Le Tierpark se distingue en Europe (et peut être dans le monde) pour être le seul parc a représenter deux groupes reproducteurs d'éléphants. Le troupeau d'éléphants africains n'a pas enregistré de naissances récentes mais deux jeunes nés sur place sont encore présents. Le groupe est constitué de trois femelles adultes et d'un mâle. Trois d'entre eux dont Tembo, le grand mâle proviennent du Swaziland.

Image

Image

Image

Image

Image

Eléphants africains

En contournant l'installation, on parvient aux plateaux des éléphants asiatiques. Là encore, un grand plateau central doublé d'un bassin permet de présenter un grand groupe, 10 animaux lors de ma visite tandis que le mâle peut être isolé ou juste accompagné d'une femelle en particulier. Angkor, un mâle de 4 tonnes ayant eu une large descendance a été transféré à Prague. Il a été remplacé par Valentino, jeune mâle en provenance de Pairi Daiza. L'animal se caractérise par son appartenance à la sous-espèce de Sumatra et à un mauvais caractère si je m'en fie à l'accueil qu'il m'a réservé ! Récemment, l'ensemble des éléphants de Sumatra présents en Europe qui étaient rassemblés à Berlin, un mâle et deux femelles, ont été transférés au zoo de Madrid.

Image

Image

Le dernier représentant des "pachydermes" est le rhinocéros unicorne dont le Tierpark maîtrise bien la reproduction, notamment grâce à son superbe mâle, nommé Belur qui est juste monstrueux en terme de gabarit.

Image

Avant de rentrer dans le bâtiment pour observer les loges intérieures des animaux, il nous ait donné l'opportunité de comparer les éléphants africains avec l'un de leur plus proche cousin. Une grande volière en pente herbeuse et parsemée de rochers présente une petite colonie d'adorables damans de Rhodésie, une espèce absente de France.

Image

Daman de Rhodésie

Le dernier "géant" que l'on peut observer est le lamantin des Antilles, ici présenté dans un bassin affreusement petit.

Image

Le monde des géants est aussi le lieu de vie de quelques uns des plus petits pensionnaire du Tierpark, comme pour mieux mettre en valeur l'échelle de taille impressionnante des mammifères. On y trouve des tamanduas, plusieurs espèces de callitrichidés et des rongeurs tel que cette souris rayée d'Afrique.

Image

Souris rayée d'Afrique

Enfin nous ressortons du bâtiment en direction du Monde de l'Afrique. Une loge vitrée visible uniquement de l'extérieur présente des echidnés à bec court de Nouvelle-Guinée. Je suis vraiment ravi d'avoir pu les observer bouger car leur activité est assez limitée et l'espèce rarissime.

Image

Image

Echidné à bec court de Nouvelle-Guinée

Le masterplan prévoit de rénover aussi la maison des éléphants. L'installation des lamantins devrait être une des priorités absolues. Autrement, le départ d'une des espèces pour permettre d'offrir plus d'espace à l'autre espèce semble être une évidence. Pourtant les conditions de vie des éléphants du Tierpark sont à mon avis largement au dessus de la moyenne européenne, et ce malgré l'âge des installations en raison de leur taille et de la présence de grands groupes reproducteurs.

Image

Le gigantisme du bâtiment et la volonté de présenter deux grands groupes est vraiment révélateur d'une époque désormais révolue. La configuration des lieux laisse beaucoup d'espace au visiteur et une simple rénovation de l'ancien pourrait faire de cette installation une des meilleures en Europe pour rhinocéros et éléphants tellement la surface est grande.
Therabu
 
Messages: 3115
Enregistré le: Vendredi 30 Mai 2008 16:10

Re: Ost Deutschland Jahre

Messagepar nico » Lundi 25 Janvier 2016 8:54

Encore bravo et merci pour toutes ces photos. Petite rectification le Daman de rhodésie (Heterohyrax brucei) est bien présenté en France plus précisément à Touroparc.
Avatar de l’utilisateur
nico
 
Messages: 3435
Enregistré le: Vendredi 29 Juillet 2005 12:29
Localisation: indre et loire (chinon)

Suivante

Retourner vers Photographier en espace zoologique

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité

Tigre en mouvement